

| Promenade dans ma Cathédrale |
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| Écrit par Pierre-Charles Aubrit Saint Pol |
| Mardi, 19 Mai 2009 00:00 |
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BENOIT XVI, CET ENNEMI PUBLIC N°1… « Ma cathédrale est le monde… »
Il faut en prendre son parti, à quelques rares et courageuses exceptions, les médias français ont fait de Benoît XVI leur ennemi public n°1. Leur campagne menée contre lui lors de son voyage en Afrique, au sujet du préservatif, n’aura pas suffi à le discréditer. Ils reviennent sans cesse à l’ouvrage : la grosse Bertha de Guillaume II. Nous nous doutions, qu’ils ne lui passeraient rien lors de son pèlerinage en Terre Sainte. Pourquoi cette hargne, haine de gamin mal torché ?
Parce qu’il est tout ce qu’ils détestent : la rigueur intellectuelle, l’humilité et une charité qui dépasse le supportable. N’est-ce pas elles qui le libèrent de la dictature de l’opinion ? Mais peut-être que le plus insupportable, c’est qu’il ne cherche pas à les séduire. Il ne se donne pas même la peine de se jouer d’eux. Il le leur a dit aux journalistes, au début de son pontificat : « efforcez-vous de témoigner du beau ! » Il a osé leur dire que les médias n’étaient pas une fin en eux-mêmes, mais un moyen, et qu’ils avaient une conscience, car on ne peut témoigner du beau sans témoigner de la vérité. Ils ne peuvent pas s’auto-délivrer de leurs responsabilités morales[1]. Il ne leur sert de rien de se réfugier derrière un droit despotique à informer… Il faudra bien un jour, qu’ils quittent l’âge du biberon ! On peut toujours rêver…
Ces médias là, ont une obsession : comment discréditer ce pape ? Incapables d’argumenter sur le même plan que lui, ne serait-ce que du seul point de vue intellectuel. Ils se crispent, à en avoir une crampe, sur les supposées gaffes papales. Où, ils n’ont aucune capacité à comprendre ses enseignements et discours ou bien alors, leur malice et leur malveillance sont encore plus grasses et enfantines que je ne le supposais. Car, il n’y a pas à y revenir, ils ne veulent lire et retenir qu’à travers leurs seuls préjugés, de leurs enfermements idéologiques issus d’un humanisme athée, lui-même accès sur l’immédiate satisfaction des sens. Cet hédonisme de la mort, au sujet duquel, ils ne peuvent plus entendre le moindre reproche. Ils réagissent comme le démon aspergé d’eau bénite. Ils ne s’abreuvent plus à la source rafraîchissante de la charité. La vérité et le respect d’autrui les ennuient. Ils ne les servent plus.
Benoît XVI n’a fait aucune erreur, ni gaffe ! Au sujet de l’affaire Williamson ; on le sait maintenant, dans son entourage, certains connaissaient cet affligeant entretien, et ils se sont bien gardés de l’en informer. Ils ont vu l’opportunité de le déstabiliser, car ils n’acceptent pas sa volonté de redresser la barre.
Au sujet de son discours à Ratisbonne ; là non plus ce n’était pas une gaffe. Ils ont refusé de publier les soutiens venant de hauts responsables musulmans et pas des moindres. Encore aujourd’hui, bien des intellectuels et religieux d’autres confessions s’en réjouissent. Ce discours délivre la vie intellectuelle de la dictature des affects. A cette occasion, le pape aura fait tomber bien des portes infernales qui s’étaient dressées depuis le schisme de la Réforme.
Au sujet du SIDA, les Eglises africaines concernées au premier chef s’en sont réjouies. Elles ont pris sa défense, ainsi que toutes les autres Eglises y compris orthodoxes. Ils se sont bien gardés d’en faire état.
Enfin, au sujet de Pie XII, là non plus il ne s’agit pas d’erreur et ce pape sera béatifié.
Dans l’émission C dans l’Air sur la Cinq, on lui a reproché d’avoir dit de la religion catholique qu’elle est « religion vraie ». Il semble évident qu’un catholique puisse dire que sa religion est vraie ! Lui faire un tel reproche procède d’un affaiblissement mental. On veut bien de l’Eglise Catholique, à condition qu’elle se taise… ! Les sots. A cette émission, il y avait Odon Vallet, historien des religions. Le spécialiste des attouchements-salissures intellectuels… Il aura tout dit dans cette émission, se contentant de généralités et affirmant des contre-vérités. Exemples : - « C’est Pie XI qui décida de l’encyclique contre le nazisme ». Faux, c’est à la demande de Pacceli, futur Pie XII qu’il la rédigea, et bien des passages sont de lui. - « Pie XII était admiratif de la culture germanique, il était trop germanophile pour voir et admettre ce qui se passait en Allemagne sous Hitler ». Faux, il fut, en sa qualité de nonce à Munich, le premier diplomate à alerter les chancelleries sur les dangers réels du nazisme, personne ne l’écouta. Et il ne fut pas plus germanophile qu’il ne fut francophile. Il admirait la culture française comme la culture allemande. Il mettait un point d’honneur à nommer des évêques ayant une excellente maîtrise des lettres françaises.
- « Benoît XVI aurait été dans les jeunesses hitlériennes. » Faux, le pape a été réquisitionné pour protéger un territoire dans la défense aérienne. Il suffit de consulter les archives à Munich, puisqu’à cause de cela, il fut un temps arrêté par les armées américaines. Comme il est difficile d’être honnête quand on a pour principe le mensonge !
- Ce même Odon Vallet laissa entendre que Benoît XVI convoitait de succéder au siège de Pierre. Faux, le discours d’ouverture du conclave était assurément tout le contraire. Il n’a flatté personne. Son analyse, d’une rigueur forte, ne laissait aucun doute qu’il ne voulait pas de cette charge. Mais il est serviteur du doux Maître, il est rare de se refuser à l’amour.
L’animateur de cette émission n’a guère de culture religieuse, et n’ose pas inviter des représentants confirmés de l’Eglise. Il convient pour lui de rester dans l’idéologie du moment : ne faut-il pas penser à sa carrière !
Enfin, dans tous les médias on ne cessa pas de faire des comparaisons désobligeantes entre le voyage de Jean-Paul II et de Benoît XVI. Pourquoi un exercice aussi futile ? Le pape l’a dit au lendemain de son élection, les efforts politiques de l’Eglise tendront résolument vers une plus haute spiritualité. L’Eglise peut aider César, mais elle n’a pas mission d’être César, et d’ailleurs aucun Etat ne le lui demande et ne l’accepterait.
Ce voyage aura surtout permis aux hommes et femmes de bonne volonté de trouver, dans ses propos, de quoi s’affermir un peu plus dans leur volonté de servir l’homme et la paix.
Oui, mais il n’a pas demandé pardon pour le massacre des juifs ! Pourquoi l’aurait-il fait ? Son prédécesseur l’a fait au nom de l’Eglise, quel besoin y avait-il de le répéter. Pourquoi macérer dans un faux et confortable sentiment de culpabilité. Ce qui est fait et fait ! La vie continue : « Il ne faut pas oublier, il ne faut remettre en cause la vérité historique de la Shoa ». Voilà des paroles fortes qui consolent les derniers témoins pour un avenir encore bien sombre.
Le pape n’est pas le magicien de la liberté des hommes. Il est la plus belle lumière de leur conscience ! Chacun à sa place.
Le voyage en Terre Sainte est conforme à son discours d’ouverture de son pontificat, est conforme à celui de Ratisbonne. Il en est même l’application.
Mesdames, Messieurs les journalistes, votre malhonnêteté intellectuelle est telle, que vous vous y noyez… Et je ne viendrai pas vous sauver. La médiocrité ne se ramasse pas, on y tombe parce qu’on le veut…
Benoît XVI, cet ami public n°1 … !
Madame Carla Bruni-Sarkozy :
La femme du Président doit s’exercer à la retenue. Elle gagnerait à se cultiver davantage sur le sujet pour éviter d’entrer dans l’orchestre des sots et des malhonnêtes… Mais il est vrai que son époux est entré dans la perspective de sa réélection. Ne doutons pas qu’elle saura faire danser son monde dans l’esprit de ce monde… Telegraph
La persécution antichrétienne en Egypte continue :
Sans que l’épidémie de grippe A ne se soit déclarée en Egypte, on continue d’abattre les élevages de porcs détenus par les chrétiens. L’OMS n’est pas écoutée, alors qu’elle informe que la grippe porcine ne peut se transmettre à l’homme. Deux bombes ont éclatées dans l’église de Zeïtoun, là où la Vierge Marie apparut en 1968 pendant une année aux chrétiens comme aux musulmans. Où est donc l’Egypte musulmane modérée, elle qui a dans certaines universités des centres néo-nazis ? Que font donc les responsables politiques ? France Catholique [1] On entend que le pouvoir presserait les médias à la rédaction d’une chartre déontologique, il y a vraiment urgence. Car si ce contre pouvoir est nécessaire à une démocratie, actuellement, on peut s’inquiéter de sa malhonnêteté, de ce qu’il ne cesse d’être le véhicule de tout ce qui porte atteinte à la grandeur de l’homme, à sa dignité. S’il ne se corrige pas, il finira rejeté par les citoyens.
"Vient de paraître, dans la rubrique histoire de l'Eglise: Les Vicissitudes De La Papauté, 604-1004", le04/05/09
L’ISLAM RELIGION DE TOLERANCE
Il y a incompatibilité entre le mot tolérance et l’Islam, ce n’est culturellement pas possible.
Le 28 juin 2007, aux premières vêpres à Saint-Paul-Hors-Les-Murs, Benoît XVI a dit : « Comme aux commencements, aujourd’hui aussi le Christ a besoin d’apôtres prêts à se sacrifier eux-mêmes. Il a besoin de témoins et de martyrs comme saint Paul. »
En Egypte, profitant de l’alerte pandémique légèrement démesurée, le gouvernement, sans doute avec le même esprit de tolérance récurrente et d’hygiène opportune, vient d’ordonner l’abattage de tous les élevages de porcs, bizarrement détenus par les seuls chrétiens coptes.
La Jordanie, considérée comme modérée en terme religieux, a dû resserrer son étau autour des chrétiens pour les protéger des intégrismes. A l’évidence, nous sommes loin du principe de vérité et de justice. Et je ne doute pas de la droiture d’intention du gouvernement de sa Majesté.
N’oublions pas nos frères chrétiens du Pakistan qui subissent en permanence des persécutions, à qui on retire le peu qu’ils possèdent dans la plus grande indifférence du monde occidental. N’avons-nous pas besoin du Pakistan pour espérer réduire les Talibans ?… Faites-nous rire cela soulagera nos rhumatismes.
France terre de laïcité… :
Les Petits chanteurs à la croix de bois sont menacés de disparition…
Selon cette loi, il faudrait que l’Association accorde le statut de travailleurs aux petits chanteurs et qu’elle les rémunère. C’est la condition imposée par ce préfet pour que la chorale puisse poursuivre son œuvre : établir un contrat de travail pour chacun des petits chanteurs.
On peut comprendre qu’il soit nécessaire de préserver les mineurs de toute exploitation abusive ; mais la bienveillance qui devrait présider à l’application de la loi ne demandait-elle pas, avant les exigences légalistes et totalitaires, d’aider à ce qu’il soit trouvé un règlement qui, tout en respectant l’esprit de loi maintienne vivant ce qui est beau et fait du bien ? Oui, mais voilà, il s’agît d’un bien confessionnel ! Et qu’importe sa haute réputation morale et artistique internationale.
Ne me dites pas qu’il n’a fait qu’appliquer la loi ! Les ânes risquent de mourir d’un fou-rire.
J’espère que les ministères de tutelle auront à cœur de trouver une solution bienveillante et de déplacer ce préfet pour une fin de carrière bienheureuse sur l’île de Marie-Galante : ne doutons pas qu’il veillera, dans le pur respect de la loi, à la bonne circulation des raies et des requins…
M. Eric Woerth et Me Christine Albanel assurent qu’ils prendront toute mesure pour régler une situation ubuesque créée par le zèle d’un trop grand fonctionnaire à l’esprit bien trop étriqué. menacés de disparition
GUIDES ET SCOUTS D’EUROPE :
Tout commença au premier mandat présidentiel de Mitterrand. Jusqu’alors, ce mouvement n’était pas reconnu par les instances administratives. Il n’était pas enregistré au ministère de la jeunesse et des sports. En effet, des parents qui, comme nous, lui confiaient leurs rejetons, avaient des difficultés d’obtenir des aides de la Caisse d’Allocation Familiale, car à la case : donner le numéro d’affiliation de l’organisme, nous n’avions rien à y mettre.
La hiérarchie de l’Eglise catholique de France refusait de le reconnaître, sans grand souci de charité et pour des raisons idéologiques. Malgré ses bons fruits évidents, elle s’enferma dans un rejet plus pathologique que raisonné. Les Guides et Scouts d’Europe ne correspondaient pas aux orientations pastorales de la hiérarchie qui rejetait de fait l’autorité du Magistère. Certains aumôniers et évêques n’hésitèrent pas à faire jouer des relations politiques incongrues pour empêcher toute reconnaissance administrative. Fort heureusement, parmi les membres fondateurs, il y en avait qui pouvaient se recommander de pères et de mères résistants. Ils évitèrent une interdiction pure et simple. Il s’établit un statut quo, une situation de tolérance qui ne pouvait pas se prolonger longtemps.
A la demande répétée des responsables pour une reconnaissance administrative, répondit le bon sens et la bienveillance du ministre socialiste de la jeunesse et des sports : « Comment voulez-vous que je vous reconnaisse, si votre hiérarchie ne vous reconnaît pas préalablement ! » Il fallut l’intervention de Jean-Paul II pour faire fléchir notre épiscopat.
Il faut noter, que les responsables fondateurs de ce mouvement scout furent toujours opposés aux dérives du mouvement intégriste de Mgr. Lefebvre. De la même façon qu’ils se sont toujours interdits de débat politique dans le cadre de leurs responsabilités associatives, ce qui ne fut pas toujours le cas des dirigeants de la Fédération des Scouts de France.
L’idée qui présida à la fondation des G.S.E. vint en réaction à la dénaturation de la fédération des Scouts de France qui fut prise en otage et noyautée par les courants progressistes. Elle devint la succursale de l’Action Catholique très marxisante alors et toujours de gauche aujourd’hui. Bien des aumôniers, atteints par un progressisme échevelé, parvinrent à faire d’elle une voie de transmission de leurs délires anti-romains, entraînant à la désobéissance au Magistère. Ce refus d’obéissance chez les aumôniers, très autoritaires au demeurant, contribua dans de rares cas à affaiblir leur garde du cœur. D’autres baissèrent les bras, ne sachant comment freiner cette descente infernale et rejoignirent le G.S.E discrètement.
La fondation du mouvement des Guides et Scouts d’Europe fut justifiée et elle le reste. Elle contribue à maintenir une jeunesse dans la communion à Rome et dans l’obéissance au Magistère.
Une fois la reconnaissance officielle de la hiérarchie de l’Eglise de France acquise, ainsi que la reconnaissance administrative, il y eut de nouveaux arrivants, parmi lesquels des enfants issus de milieux intégristes ou traditionnalistes, mais aussi de milieux non-christianisés ou à la limite de la marginalisation, plus rare. De là à parler de volonté de corrompre le mouvement, il y a un pas difficile à franchir, sauf à vouloir plonger dans le ridicule. L’attrait pour ce mouvement comme pour le SUF[1] provient de l’authenticité de l’idéal scout qui s’y révèle.
La reconnaissance administrative du mouvement l’amenait à se conformer aux exigences des règlementations et des lois, ce qui fut salutaire. Car dans certains groupes, on pratiquait des abus d’autorité liés à des raidissements idéologiques qui n’avaient rien à voir avec l’idéal, ce qui entraînait des implications pédagogiques mauvaises.
Il est clair, que des courants politisés traversent ce mouvement comme pour les Scouts de France et S.U.F. C’est regrettable, mais nous sommes dans une société humaine.
Dans ce mouvement comme dans celui des Scouts Unitaires, il y a une minorité de CP et autres chefs, culturellement plus proches des camps de jeunesse pétainistes que de l’idéal évangélique qui restent tentés d’exercer une autorité abusive. Il fut un temps où certaines pratiques s’approchaient de la persécution mentale, et dans des cas rares, on alla jusqu’à des sévices corporels : réductions alimentaires entre autre, des séances d’humiliation qui n’avaient rien à voir avec la cérémonie du totem. C’était un moyen d’écarter ceux qui ne convenaient pas aux critères de la classe sociale dominante ou envers ceux qui refusaient, par instinct de conservation, à entrer dans un moule étranger à l’idéal scout. Ces situations sont le résultat d’un manque de vigilance des responsables régionaux et nationaux, ainsi que par un manque total de discernement dans le choix du CP et second, choix décidé en fonction de l’origine sociale et non en raison de leurs qualités réelles de chef. On peut également s’interroger sur le choix des chefs de groupe dont, indépendamment de leur générosité et disponibilité, on peut s’interroger sur leurs intentions véritables, s’ils n’essaieraient pas de faire revivre une culture idéologique néfaste.
Il faut souligner un danger permanent qui est dû à l’explosion d’orgueils monstrueux dans certains milieux de la moyenne bourgeoisie. Certains de leurs représentants tentent d’instaurer un système de castes soit dans les mouvements, soit dans la paroisse qui rejoint ce qui se fait de pire en Inde. Je peux en témoigner dans ma chair. Dans certains groupes scouts, il est impossible pour les classes modestes d’atteindre des postes de second ou de CP quel que puisse être leur mérite. L’Eglise ne peut-être le refuge hermétique contre le monde, elle en est le sel.
Les Guides et Scouts d’Europe ainsi que le S.U.F. sont évidemment traversés par des courants intégristes qui ne peuvent avoir leur propre mouvement scout. Bien des familles de cette sensibilité y engagent leurs enfants dans l’espoir d’influencer le groupe. Pour autant, il faut relativiser, car de telles prétentions n’aboutissent que dans un diocèse mal dirigé, dominé par une hiérarchie gauchisante et donc opposée à l’autorité du Magistère. Il n’est pas rare que certains de ces prêtres soient obsédés par leur désir de détruire le G.S.E local, surtout s’il donne de bons fruits. Ces bons résultats dépendent beaucoup de la qualité de l’aumônier, de sa vigilance spirituelle et morale. Il n’est pas rare de constater d’admirables solidarités matérielle, spirituelle et intellectuelle.
La crise qui éprouve ce mouvement actuellement, quoique regrettable, n’a rien d’exceptionnelle. Elle est une invitation à la conversion des cœurs et des esprits. Elle invite à une plus grande spiritualisation, à un renouvellement pédagogique.
L’Eglise de France doit faire un effort radical pour qu’en son sein, la charité reprenne sa croissance, et que toutes ses orientations pastorales tiennent compte des réalités sociales et économiques, de manières que les jeunes membres du Corps Mystique du Christ réfléchissent la vie trinitaire.
Il serait donc tout à fait opportun de réfléchir à la restauration du patronage dont l’idéal et la philosophie permettaient à l’Eglise de toucher toutes les classes sociales et surtout les plus pauvres. Cette géniale intuition manque cruellement à la pastorale. Il est nécessaire de l’implanter au moins dans chaque doyenné. On doit renouveler l’accueil d’une jeunesse des laissés pour solde de tout compte. Il semble que ce soit la mutation de la Fédération des Scouts de France. Dans ce cas, il serait honnête qu’elle ne se réfère plus à l’idéal scout de son fondateur qui est d’une tout autre nature.
Le mouvement scout catholique se doit de conserver la pureté de l’idéal qui le suscita, tout en l’adaptant aux mutations sociales inévitables de manières à ce que tous trouvent en lui le moyen de découvrir et de vivre l’idéal chrétien qui a autorité surtout autre au sein de l’Eglise catholique de France et de l’Eglise Universelle.
HANS KÜNG, L’APOSTAT… le 03/03/09 LE MAGISTERE ATTAQUE PAR L’ESPRIT DU MONDE
La tentation de détourner le regard des souffrances qui accablent l’Eglise est forte. On se dit : qu’il vaut peut-être mieux se perdre dans la prière. Il y a tant de haine, haine d’intellectuels anticatholiques, haine contre le pape, haine de certains de nos frères et sœurs. Il convient, selon les dispositions que la Providence a versées dans chacun des membres de l’Eglise, d’agir selon sa conscience, en sachant que la solution juste est celle qu’illumine l’amour de charité par le moyen de la vérité.
Je décide, une fois pour toute, sans négliger la prière et la pratique des sacrements, de monter au front. C’est de famille ! Ma mère fut agent de liaison dès les premiers jours après le désastre de Dunkerque, que voulez-vous bon sang ne ment pas.
Je considère comme un devoir d’état de soutenir le successeur de Pierre que l’Esprit Saint nous donne et de servir le Magistère. Quel que soit le mode d’action, on se doit de réagir et faire face aux troubles, aux attaques dont fait l’objet toute l’Eglise[1]. La première de ces réactions, à la fois morale et spirituelle, est de demander la grâce de la fidélité, c’est-à-dire, de se laisser enfermer dans la fidélité de Dieu.
L’entretien qu’accorda au journal « Le Monde »ici H. Küng, prêtre-théologien suisse-allemand[2], est l’opportunité d’exprimer plus avant mon engagement au service de toute l’Eglise. Cet article illustre la profondeur de cette crise qui est ouverte depuis le Saint Concile Vatican II. La cause de ce regain de tension est la levée du décret d’excommunication des quatre évêques de la FSSPX. Ce qui n’est en fait qu’un prétexte. En m’appuyant sur cet entretien, je me propose de mieux faire comprendre la nature profonde de cette crise, ce qu’elle représente, et vers quelle conclusion, elle se dirige.
L’introduction à cet entretien est très significative d’une réalité très dure chez des évêques, prêtres et autres catholiques engagés dans les courants contestataires, dans les courants progressistes : « Longue silhouette au visage glabre et à la mèche rebelle, Hans ici Küng, considéré comme le plus grand théologien contestataire catholique vivant, reçoit chez lui, en Allemagne, à Tübingen, dans sa propriété élégante aux murs tapissés d'ouvrages. Les siens, innombrables et traduits dans toutes les langues, trônent en bonne place dans son bureau personnel. Il revient ici sur la tempête déclenchée par la main tendue du pape Benoît XVI aux intégristes catholiques. » Je l’ai écrit dans l’article précédent ; les plus engagés dans ces courants, comme dans ceux de l’extrême opposé, sont réellement appâtés par l’argent sous des formes divers[3], mais d’une réalité pesante, insalubre. L’argent n’est guère la préoccupation de ceux qui témoignent de la Vérité dans la charité.
1er- Le Monde : «Comment analysez-vous la décision de Benoît XVI de lever l'excommunication de quatre évêques du courant intégriste de Mgr Lefebvre, dont l'un, (Richard Williamson), est un négationniste affirmé ? H.Küng : « Je n'ai pas été surpris. Dès 1977, dans un entretien à un journal italien, Mgr Lefebvre indique que "des cardinaux soutiennent (son) courant" et que "le nouveau cardinal Ratzinger a promis d'intervenir auprès du pape pour (leur) trouver une solution". Cela montre que cette affaire n'est ni un problème nouveau ni une surprise. Benoît XVI a toujours beaucoup parlé avec ces personnes. Aujourd'hui, il lève leur excommunication, car il juge que le temps est venu. Il a pensé qu'il pourrait trouver une formule pour réintégrer les schismatiques, qui, tout en conservant leurs convictions, pourraient donner l'apparence qu'ils sont en accord avec le concile Vatican II. Il s'est bien trompé. » Commentaire : La question du « Monde » est orientée. Elle met l’accent sur Mgr. Williamson, négationniste. Le but recherché est de réduire la crédibilité de Benoît XVI, en suggérant qu’il existe un lien entre la levée du décret d’excommunication et les courants négationnistes et antisémites qui traversent les intégristes.
La décision de lever le décret d’excommunication procède d’un souci ordinaire de charité propre à la charge de tout successeur de Pierre. Il a la mission de présider à la charité dans l’Eglise qui s’exprime prioritairement, à ce niveau de responsabilités, par l’obligation de maintenir l’unité et d’y ramener tous les baptisés[4].
L’histoire de l’Eglise enseigne, que plus on tarde à favoriser le retour à l’unité et plus il est difficile d’y parvenir. Nous sommes en présence d’une décision profondément ecclésiale. Mais il y a aussi une autre exigence logique que j’ai déjà traitée. En effet, comment le pape œuvrerait-il à l’unité avec nos frères orthodoxes, et négligés, voire mépriser nos frères catholiques les plus proches qui en sont à la troisième génération du schisme lefebvriste ? Et, Benoît XVI ne s’est pas trompé, dès la publication de cette levée, nos frères orthodoxes, au plus haut niveau de leur hiérarchie, s’en sont réjouis et ont exprimé leur soutien au pape.
H. Küng ne répond pas en théologien, mais en idéologue, en accusateur ce qu’il est depuis très longtemps. Il sous-entend que Benoît XVI aurait eu un double langage ainsi que certains membres de la curie, selon qu’ils s’adressaient aux lefebvristes ou qu’ils s’adressaient au pape. Mais à cette époque là, il n’y eut que Mgr. Lefebvre qui s’opposa fermement aux dérives qui déchiraient ostensiblement l’Eglise. Il le fit avec force, fermeté et souvent maladroitement, mais il le fit sans malice. Il n’a jamais agît en secret, ni en se dissimulant derrière une fausse communion avec le Saint Siège. Le problème que posa Mgr. Lefebvre n’est pas tant qu’il se soit opposé au Concile, ce qui n’est pas une nouveauté dans l’histoire, mais c’est qu’il ait ordonné quatre évêques en sans l’accord de Jean-Paul II, successeur légitime de Pierre. Son opposition au Concile ne constitua jamais une raison d’excommunication. Mais son suspens a divinis pouvait se justifier. Paul VI le prononça par agacement et également à cause de son refus de laisser tomber dans la fosse aux lions des progressistes ceux qui le suivaient. A cette époque là, bien des va-t-en guerre du progressisme avancé je recule, allèrent jusqu’à mettre à la porte des religieux et religieuses qui osaient dire non à l’indiscipline et qui s’obligeaient à affirmer leur obéissance au Pape et au Magistère. Que de vocations massacrées par les tenants du progrès, et cela arrive encore aujourd’hui. Que d’âmes perdues par leur refus de confesser, de donner les derniers sacrements, de décourager la pratique de la prière et de l’adoration ! Quelle responsabilité dans la perte du sens du sacré : en distribuant l’hostie consacrée à la sortie de la messe dans des paniers d’osier ! Quelle responsabilité en se moquant de ceux qui s’agenouillaient pour prendre la communion ou pour leur action de grâce, allant jusqu’à scier les agenouilloirs. Quelle responsabilité pour ceux qui, encore aujourd’hui se moquent et tournent en dérision le culte et la dévotion marial !
H.Küng dit : «Il a pensé (Benoît XVI) qu'il pourrait trouver une formule pour réintégrer les schismatiques, qui, tout en conservant leurs convictions, pourraient donner l'apparence qu'ils sont en accord avec le concile Vatican II. Il s'est bien trompé. » Le pape a fait la distinction entre la levée du décret d’excommunication et la réintégration de plein droit de cette fraternité. Il a fermement rappelé que, pour qu’elle retrouve une pleine intégration dans l’Eglise, il faudra qu’elle reconnaisse l’autorité plénière du Magistère ce qui inclut, sans nuance, de reconnaître le Saint Concile Vatican II ( conditions)par ailleurs, Benoît XVI a réaffirmé la nécessité d’adhérer à tous les textes sans aucune exclusive. Les quatre évêques ne peuvent s’asseoir à la table de leurs frères dans l’épiscopat qu’à ces conditions. (engagements pour l'intégaration)
2ème Le Monde : « Comment expliquez-vous que le pape n'ait pas mesuré le tollé que sa décision allait susciter, au-delà même des propos négationnistes de Richard Williamson ? »
H.Küng : « La levée des excommunications n'a pas été un défaut de communication ou de tactique, mais elle a constitué une erreur de gouvernement du Vatican. Même si le pape n'avait pas connaissance des propos négationnistes de Mgr Williamson et même s'il n'est pas lui-même antisémite, chacun sait que les quatre évêques en question sont antisémites. Dans cette affaire, le problème fondamental, c'est l'opposition à Vatican II, et notamment le refus d'une relation nouvelle au judaïsme. Un pape allemand aurait dû considérer cela comme un point central et se montrer sans ambiguïté sur l'Holocauste. Il n'a pas mesuré le danger. Contrairement à la chancelière (Angela Merkel), qui a vivement réagi. Benoît XVI a toujours vécu dans un milieu ecclésiastique. Il a très peu voyagé. Il est resté enfermé au Vatican - qui est comme le Kremlin d'autrefois -, où il est préservé des critiques. Du coup, il n'a pas été capable de réaliser l'impact d'une telle décision dans le monde. Le secrétaire d'Etat, (Tarcisio Bertone), qui pourrait être un contre-pouvoir, était son subordonné à la Congrégation pour la doctrine de la foi ; c'est un homme de doctrine, absolument soumis à Benoît XVI. On est face à un problème de structure. Il n'y aucun élément démocratique dans ce système, aucune correction. Le pape a été élu par des conservateurs, et aujourd'hui c'est lui qui nomme les conservateurs. Commentaire : De nouveau, la question du « Monde » est tendancieuse, orientée. Elle aide l’interlocuteur à exprimer sa pensée profonde dans le sens souhaité : pourvu qu’elle contribue à décrédibiliser le pape et les fidèles qui le soutiennent. Elle met toute la charge sur un négationniste. C’est l’exemple type de ce qu’a toujours fait ce journal, manipuler la transmission de l’information sans aucun soucis d’intégrité. Le pape n’a commis aucune erreur de gouvernement, il a répondu pleinement à sa mission que je viens d’exposer plus haut. Non, il n’est pas vrai de dire que les quatre évêques soient antisémites ; mais que Williamson le soit, cela ne fait aucun doute. Toutefois, pour ce qui est des autres, nous n’avons rien qui permette de l’affirmer. Il ne faut pas oublier que le père de Mgr. Lefebvre est mort dans un camp d’internement nazi pour fait de résistance. Que les mouvements intégristes ou traditionnalistes soient traversés par des courants antisémites et nationalistes cela ne fait aucun doute, sentiments qu’on retrouve dans certains milieux de catholiques de gauche aux sympathies pro-musulmanes. De la même manière, les progressistes sont traversés par des courants marxistes ; et personne d’intègre n’affirmera que tous les progressistes sont des marxistes ni que tous sont de gauche. Nous sommes-là en présence d’une manipulation dialectique particulièrement perverse. Elle s’exerce facilement, car elle se raccorde à l’idéologie environnementale de l’humanisme athée et l’hédonisme, une véritable arme de guerre. Une telle manipulation est d’autant mieux reçue qu’elle agît sur l’affect et un sentiment de culpabilité injuste et faux quant aux générations nées après la guerre.
Le problème des intégristes est leur opposition au Concile, ce que confirme les déclarations de Mgr. Fellay (la FSSPX n'est pas prête...), et leur incompréhension à la forme qu’a prise le dialogue avec les autres religions en général, mais pas plus particulièrement avec les Juifs[1]. Ce désaccord concerne le principe du dialogue en lui-même. Il procède d’un attachement quasi idolâtre au christocentrisme[2], que des conservateurs bien peu formés ont transformé en étalon du fixisme sans qu’ils se rendent compte, que se faisant, ils entraient dans une logique idéologique. Ils n’ont pas renouvelé leur théologie, ils sont étrangement dans le refus de la théologie de l’Alliance pour des raisons plus idéologiques que théologiques.
L’histoire témoigne qu’il y a toujours eu des oppositions dressées à chaque concile. H. Küng oublie de dire que le problème des progressistes, c’est leur opposition à l’autorité de Pierre parce qu’elle est garante de l’autorité du Magistère qu’ils ne veulent plus reconnaître. C’est aussi grave qu’une opposition au Concile, car elle entraîne fatalement les deux vers des dérives idéologiques qui éloignent de l’Evangile.
Le pape n’a aucune ambiguïté quant à la vérité sur l’Holocauste et affirmer le contraire, laisser planer le doute sur ce sujet est monstrueux. ( Benoît XVI ou le refus de tout antisémitisme) C’est faire passer le Souverain Pontife pour un bienveillant du nazisme. Opposer Mme. Merkel au pape sur ce sujet, c’est une énorme bêtise. Elle a réagi sur les propos de Williamson et sur la supposée non rapidité de réaction de Benoît XVI, mais le pape est d’abords un homme de réflexion. Elle n’a jamais mis en accusation Benoît XVI sur le problème de l’Holocauste.
H.Küng dit : «Benoît XVI a toujours vécu dans un milieu ecclésiastique. […] qui est comme le Kremlin d'autrefois […] Il n'y aucun élément démocratique dans ce système, aucune correction. Le pape a été élu par des conservateurs, et aujourd'hui c'est lui qui nomme les conservateurs. » Benoît XVI n’a pas cessé de donner des conférences. D’une intelligence aiguë, il s’est toujours tenu parfaitement au courant des évolutions du monde ; dans le cas contraire, Jean-Paul II ne l’eut pas maintenu dans sa charge, son homélie d’ouverture du conclave en fait foi.
Comparer le Vatican au Kremlin, c’est imaginer que tous les hommes, à par lui, jouent encore au jeu de billes. Il est fort heureux que l’Eglise ne soit pas une démocratie, mais dire qu’il n’y a pas de courants qui s’expriment vis-à-vis du pape, c’est ou ne rien comprendre au fonctionnement de l’Eglise ou être dans une terrible nostalgie de son dernier biberon et sa dernière couche culotte.
C’est surtout voir l’Eglise comme on souhaite qu’elle soit pour soi-même ; ce qui laisse rêveur quant à la réalité du respect des libertés chez H. Küng qui est tout sauf un démocrate. Ce sont des paroles d’un despote, un chapelet de contrevérités. Il voit venir l’heure de son bilan, celui d’un échec total. N’a-t-il pas pris une part très large à la crise de l’Eglise…
3ème, Le Monde : « Dans quelle mesure put-on dire que le pape est encore fidèle aux enseignements de Vatican II ? »
H. Küng : « Il est fidèle au concile, à sa manière. Il insiste toujours, comme Jean Paul II, sur la continuité avec la "tradition". Pour lui, cette tradition remonte à la période médiévale et hellénistique. Il ne veut surtout pas admettre que Vatican II a provoqué une rupture, par exemple, sur la reconnaissance de la liberté religieuse, combattue par tous les papes antérieurs au concile. La conception profonde de Benoît XVI est qu'il faut accueillir le concile, mais qu'il convient de l'interpréter ; peut-être pas à la manière des lefebvristes, mais en tout cas dans le respect de la tradition et de manière restrictive. Il a par exemple toujours été critique sur la liturgie de Vatican II. Au fond, Benoît XVI a une position ambiguë sur les textes du concile, car il n'est pas à l'aise avec la modernité et la réforme. Or Vatican II a représenté l'intégration du paradigme de la réforme et de la modernité dans l'Eglise catholique. Mgr Lefebvre ne l'a jamais accepté, et ses amis à la Curie non plus. En cela Benoît XVI a une certaine sympathie envers Mgr Lefebvre. Par ailleurs, je trouve scandaleux que pour le cinquantième anniversaire du lancement du concile par Jean XXIII (en janvier 1959), le pape n'ait pas fait l'éloge de son prédécesseur, mais ait choisi de lever l'excommunication de personnes opposées à ce concile. »
Commentaire : La question du Monde est ici directe, mais elle suggère la réponse. Elle l’invite à s’élever en juge.
La réponse de Hüng n’est pas directe, il suggère que ni Jean-Paul II le Grand ni Benoît XVI ne sont vraiment fidèles : « Il est fidèle au concile, à sa manière. Il insiste toujours, comme Jean Paul II, sur la continuité avec la "tradition". Pour lui, cette tradition remonte à la période médiévale et hellénistique. » C’est une tromperie ! Tous les conciles y compris les régionaux, se sont toujours référés à la Tradition Apostolique. La légitimité de chaque concile prend racine dans le Premier Concile de Jérusalem, présidé par Pierre, confère les Actes des Apôtres. Et, s’il est fait référence à la culture hellénistique, c’est qu’elle est et demeure la forme vivante de la culture occidentale qui a permis d’introduire la philosophie dans l’ébauche de la pensée chrétienne pour mieux établir la théologie. Elle fut introduite par Luc, de culture et de nationalité grecque et par saint Paul[1]. Pour autant, elle n’a jamais été un principe absolu, la preuve en est que le Saint Siège ne cesse d’encourager les intellectuels chrétiens d’Afrique d’élaborer un langage philosophique qui soit proche de leur culture. Mais il est clair que la compréhension, l’enseignement de la de la Révélation passe par le moyen universellement établi de l’école hellénistique. Cette Ecole a établi les catégories sans lesquelles nous en serions encore au balbutiement philosophique avec les conséquences qu’on imagine, confère l’intégrisme et le fondamentalisme musulman. Le concept de tradition médiévale fait référence à Saint Thomas d’Aquin bien plus pour sa méthode que pour sa métaphysique dont tout un chacun sait que bien de ses propositions sont obsolètes[2].
Puis, Hüng affirme : « Il ne veut surtout pas admettre que Vatican II a provoqué une rupture, par exemple, sur la reconnaissance de la liberté religieuse, combattue par tous les papes antérieurs au concile. » C’est une affirmation infondée. Qu’il nous suffise de relire le discours de Ratisbonne et ces discours à Paris, son discours à l’ONU. Non seulement c’est faux, mais bien des responsables religieux non-chrétiens s’appuient sur le Saint Siège pour défendre la liberté religieuse[3]. Hüng est dans le déni de la vérité.
Il est faux de dire que le pape fait une interprétation restrictive du Concile et de ses textes ; certains de ceux-ci sont déjà obsolètes de par l’évolution objective de la société et des nouveaux problèmes qui surgissent à grande vitesse. Ce constat impose que les applications pastorales soient revues, adaptées, c'est à cela que servent les synodes.
La volonté de corriger la réforme liturgique de Paul VI vient des excès et des détournements que les progressistes ont effectués[4]. Cela ne remet pas en cause la réforme en soit ; ce point est d’ailleurs assez aléatoire, car bien des papes ont modifié la liturgie au fil des siècles, pour l’adapter à la réalité culturelle et sociologique des périodes qui la nécessitaient. Les progressistes font du Saint Concile Vatican II une idole, comme le firent les conservateurs avec le christocentrisme et le thomisme. Le concile n’est pas une fin en soi. La fin de la pastorale et de la théologie est le Salut des hommes pris dans la réalité de leur temps, ce qui n’induit nullement de laisser le monde imposer sa dictature. Le Christ est clair là- dessus : « Soyez le sel dans le monde, mais ne soyez pas du monde. »
4ème, Le Monde : « Quelle Eglise le pape Benoît XVI est-il en train de léguer à ses successeurs ? »
H.Küng : « Je pense qu'il défend l'idée du "petit troupeau". C'est un peu la ligne des intégristes, qui estiment que, même si l'Eglise perd beaucoup de ses fidèles, il y aura au final une Eglise élitiste, formée de "vrais" catholiques. C'est une illusion de penser que l'on peut continuer comme cela, sans prêtres, sans vocations. Cette évolution est clairement un mouvement de restauration. Cela se manifeste par la liturgie, mais aussi par des actes ou des gestes, par exemple lorsqu'il dit aux protestants que l'Eglise catholique est la seule vraie Eglise. »
Commentaire : Küng veut une Eglise à l’image que tous les progressistes se font, de même que les intégristes ont leur propre image de ce que devrait-être selon eux l’Eglise. Une Eglise qui, chez les progressistes, triompherait dans l’humanité en épousant le monde, en se soumettant à l’esprit du monde. Certes, il ne le dit pas aussi explicitement, c’est pourtant bien la trame de toute sa pensée, de toute son idéologie et de ceux qui le suivent. Les intégristes veulent une Eglise dominatrice, alliée au pouvoir politique, complice d’un régime autoritaire, favorisant une société rassurante, disciplinée. Une Eglise fortification ! Une horreur !
Le fait de vouloir une Eglise à son image est une tentation de tous les siècles et à toutes les générations qui concerne toutes les religions. Il en est pareillement de la tentation d’imposer à l’autre sa propre idée, image de Dieu, en témoigne les Saintes Ecritures et la brûlante actualité. Il est plus confortable d’être dans l’amitié du monde que dans celle bien plus exigeante de Dieu pour le Salut du monde. Une telle position révèle le peu de foi en la réalité efficiente du Sacrifice du Christ Jésus.
Le successeur de Pierre, depuis le Saint Concile Vatican II qui a débroussaillé le chemin, guide l’Eglise au rendez-vous que son Fondateur lui a donné radicalement et définitivement sur la Croix. La vie de l’Apôtre Pierre est parfaitement prophétique à ce sujet, comme l’est tout autant la figure du Judas Iscariote et celle de Jean au pied de la Croix. L’Eglise va s’accomplir dans sa kénose. Son triomphe ne peut être disjoint de celui de Jésus, ni à côté, il sera de la même nature. Ce sera le triomphe d’une humanité renouvelée dans l’humilité, car ne nous y trompons pas, la kénose de l’Eglise ne précédera que de très peu celle bien plus radicale de l’humanité dans son ensemble. Le retour du Fils de Dieu, du Fils de l’Homme ne se fera qu’à cette condition. L’humanité, désespérée d’elle-même à cause de son abîme d’orgueil, n’aura plus d’autre issue que de crier vers le Ciel. Dieu, en entendant d’en arriver-là, lui ferme tous les autres chemins, et il n’y aura pour cette période aucun chemin de traverse. On le perçoit déjà de nos jours[5].
L’idée d’une Eglise élitiste au sens intellectuel et dominateur n’est vraiment pas dans le projet de Dieu ni même du pape. La seule élite que nous devons former est celle de l’esprit de pauvreté et de vérité libéré des entraves du monde : la liberté radicale des enfants de Dieu. Maintenant, cette optique n’induit pas qu’il faille rejeter une solide formation intellectuelle, doctrinale, mais cette nécessité n’est pas en elle-même une fin, car dans ce cas là, elle rejoindrait l’empire des (küngs) et celui des (lefebvristes) ! Perspective sinistre.
Il est bien évident que les courants progressistes s’adossent plus ou moins étroitement aux courants multiformes de la Réforme, d’où cette allusion : « Cela se manifeste par la liturgie, mais aussi par des actes ou des gestes, par exemple lorsqu'il dit aux protestants que l'Eglise catholique est la seule vraie Eglise. » Benoît XVI a rappelé une évidence de l’ecclésiologie : les courants religieux de la Réforme ne peuvent être identifiables à une église, ils n’ont pas de hiérarchie sacramentelle, ils se définissent comme un sacerdoce laïc… Est-on certain que H.Küng a suivi des études de théologie ?
5ème , Le Monde : « L’Eglise catholique est-elle en danger ? »
H.Küng : « L'Eglise risque de devenir une secte. Beaucoup de catholiques n'attendent plus rien de ce pape. Et c'est très douloureux. »
Commentaire : Il existe dans les milieux intellectuels, dits de progrès, dans les milieux politiques francs-maçons, et dans les médias, l’idée que l’Eglise serait culturellement une secte comme les autres. On veut faire croire que sociologiquement toutes les religions ayant une hiérarchie sont des sectes même si juridiquement le terme est bien défini. Ces courants là s’en fichent. Ils veulent décrédibiliser toutes ces religions et plus particulièrement l’Eglise qui les empêchent de s’endormir paisiblement dans leurs choix infra-humains.
Ils ne reconnaissent aucune entrave à leur liberté de conscience. Ils ne peuvent plus entendre d’autorités morales ou spirituelles, car ils sont dans le mode de la jouissance immédiate : jouir, posséder, dominer, asservir, tuer l’enfant à naître, l’eugénisme, non pas au nom de la pureté de la race comme pour les nazis, non, bien pire encore, pour son confort, pour que la société reste belle selon leurs critères[6].
La maladie, l’handicap, la mort, la pollution sont choses laides, elles ne rassurent pas, elles sont scandaleusement les témoins de la condition humaine dans sa réalité. Nous condamnons les nazis et cela est juste, mais nos sociétés deviennent pires qu’eux ! Elles cherchent à s’auto-rassurer dans l’infinie volupté de leur médiocrité.
Les courants progressistes sont adhérents à l’humanisme infra-humain de notre époque, et ils ne supportent ni l’autorité morale ni spirituelle ni théologique du Magistère qu’ils considèrent comme une atteinte à leur liberté. Le problème chez eux, c’est qu’ils ne tirent pas la conclusion qui convient, partir. Comment ce fait-il qu’ils restent dans cette Eglise, eux qui s’en accommodent de plus en plus mal, mais dont ils tirent un maximum de profits sociaux, économiques et purement humain ?
Hüng affirme : « Beaucoup de catholiques n’attendent plus rien de ce pape » qu’en sait-il ? La désaffection de la pratique religieuse est intimement liée à cette marche vers la kénose, mais que sait-il de l’humilité ? Le Christ l’a annoncé : « A la fin des temps y aura-t-il encore la foi sur terre ? » A-t-il jamais réfléchi sur les fins dernières ?
6ème, Le Monde : « Vous avez écrit : "Comment un théoricien aussi doué, aimable et ouvert que Joseph Ratzinger a pu changer à ce point et devenir le Grand Inquisiteur romain ?" Alors, comment ? » H.Küng : « Je pense que le choc des mouvements de protestation de 1968 a ressuscité son passé. Ratzinger était conservateur. Durant le concile, il s'est ouvert, même s'il était déjà sceptique. Avec 68, il est revenu à des positions très conservatrice, qu'il a gardées jusqu'à aujourd'hui. » Commentaire : Comme attaque de personne, on ne fait pas mieux, surtout venant d’un prêtre ordonné pour le service de la Charité !
C’est bien mal connaître Ratzinger pour le traiter de (Grand inquisiteur). Il a été fidèle à la mission que lui confia Jean-Paul II, mais pour autant qu’on le sache, il usa de son autorité, dans cette charge de gardien de la Doctrine, en faisant toujours précéder la charité. Tous ceux qui ont eu à faire sur ce terrain, en témoignent. Il n’a jamais accepté l’autoritarisme blessant de l’ancien Saint-Office, ni après la réforme de Paul VI. Ce sont là des propos d’une grande malveillance. Et ses décisions ont toujours été animées par le seule souci de servir et d’obéir à la Vérité qui est le dépôt de l’Eglise et qui, pour tout baptisé, est une Personne. Nul n’est propriétaire de la Vérité, mais tout catholique se doit d’y être soumis. Par ailleurs, il est permis pour tout homme qui réalise son erreur de s’en corriger, c’est une preuve d’humilité. Face à la crise de 68, Ratzinger a corrigé certains de ses choix parce qu’il s’est aperçu de leur inexactitude ; que je sache, il est un des rares à l’avoir fait. Il ne donna pas dans la démagogie, ce qui est un grand bonheur pour le peuple de Dieu.
7ème, Le Monde : « Le pape actuel peut-il encore corriger cette évolution ? »
H.Küng : « Quand il m'a reçu en 2005, il a fait un acte courageux et j'ai vraiment cru qu'il trouverait le chemin pour réformer, même lentement. Mais, en quatre ans, il a prouvé le contraire. Aujourd'hui, je me demande s'il est capable de faire quelque chose de courageux. Déjà, il faudrait qu'il reconnaisse que l'Eglise catholique traverse une crise profonde. Ensuite, il pourrait très facilement faire un geste pour les divorcés et dire qu'à certaines conditions ils peuvent être admis à la communion. Il pourrait corriger l'encyclique Humanae Vitae (qui a condamné toutes formes de contraception en 1968) en disant que dans certains cas la pilule est possible. Il pourrait corriger sa théologie, qui date du concile de Nicée (en 325). Il pourrait dire demain : "J'abolis la loi du célibat pour les prêtres." Il est beaucoup plus puissant que le président des Etats-Unis ! Il n'a pas à rendre compte à une Cour suprême ! Il pourrait aussi convoquer un nouveau concile. »
Commentaire :
Recevoir H. Küng pour Benoît XVI ça ne demandait pas plus de courage que de lever l’excommunication. Il tendait la main à un homme dont le salut est grandement en danger. La preuve, est qu’il tourne à son avantage cet entretien et le retourne contre le pape !
Suggérer que Benoît XVI ne soit pas courageux, il y a là une insulte qui relève davantage de la cour de récréation pour collégiens mal torchés, que le propos d’un intellectuel mature. « Déjà, il faudrait qu'il reconnaisse que l'Eglise catholique traverse une crise profonde. » Mais Benoît XVI ne fait que cela, reconnaître que l’Eglise est en crise, et Küng en est pour quelque chose ! Il le dit dans son homélie d’ouverture du conclave, ce qui aurait dû lui interdire son élection au pontificat suprême. Il faut croire qu’il y avait des cardinaux courageux.
La suite, sont les litanies de l’esprit du monde, les mêmes réclamations de complaisance « le triomphe de l’Eglise dans un monde qu’elle épouse, plutôt qu’être l’épouse du Christ. » L’Eglise n’a pas mission de plaire au monde, elle doit témoigner de l’Evangile, elle doit témoigner que la Vérité est incarnée en la Personne de Jésus-Christ, le Verbe, Fils Unique de Dieu. Elle doit témoigner de la grandeur indépassable de l’homme et de la femme, et rappeler qu’ils sont tous ordonnés à devenir semblables à Dieu. L’Eglise n’est pas une starlette. Elle porte une lumière qui la dépasse et qui est proposée à tous les hommes, une proposition d’amour et de compassion comme il n’en existe pas ailleurs, car elle a le prix d’un Sacrifice inégalable.
8ème, Le Monde : Un Vatican III ?
H.Küng : « Cela pourrait aider. Une telle réunion permettrait de régler des questions auxquelles Vatican II n'a pas répondu, comme le célibat des prêtres ou le contrôle des naissances. Il faudrait aussi prévoir un nouveau mode d'élection des évêques, dans lequel le peuple aurait davantage son mot à dire. La crise actuelle a suscité un mouvement de résistance. Beaucoup de fidèles refusent de revenir à l'ancien système. Même des évêques ont été obligés de critiquer la politique du Vatican. La hiérarchie ne peut l'ignorer. »
Commentaire : Et nous y voilà ! Un troisième concile ! Cette proposition est aussi ancienne que le jour où le Saint Concile Vatican II fut convoqué. C’est un refrain éculé, une rengaine de vieux rhumatisants à l’âme sinistre et névrosée.
La question du célibat a été réglée : c’est une décision disciplinaire, un choix propre à l’Eglise romaine et je ne crois pas qu’il sera remis en question par les papes à venir. Cette décision est confirmée par les dispositions canoniques spécifiques liées au retour à la communion de chrétiens séparés ayant une hiérarchie sacramentelle comme les anglicans traditionnels d’Australie qui devront être réordonnés puisqu’ils réintègrent la communion le Jour de Pâques.
L’Eglise ne contraint personne à s’engager dans le sacerdoce, ceux qui répondent généreusement à cet appel, le font en toute connaissance, y persévérer demande beaucoup de générosité et l’utilisation de moyens spirituels qui sont à leur disposition. Il en est de même pour ceux qui répondent à la vocation du mariage.
Quant au contrôle des naissances, le débat est clos ; ce qu’il faut, c’est une pastorale adaptée et une formation morale et spirituelle pour ceux qui s’engagent dans le mariage.
Küng donne dans l’humanisme de complaisance, il s’enfonce : « La crise actuelle a suscité un mouvement de résistance. Beaucoup de fidèles refusent de revenir à l'ancien système. Même des évêques ont été obligés de critiquer la politique du Vatican. La hiérarchie ne peut l'ignorer. » Il y a une minorité d’agités. Il y a un nombre plus conséquent qui va selon le vent parce qu’il n’a guère de formation et se laisse flatter dans ses appétits ; Il y a les autres identiques mais à l’autre bout. Et, il y a ceux qui font parti du petit nombre, pas meilleurs que les autres, seulement enfoncés dans l’esprit de pauvreté, fidèles à leur baptême, fidèles à l’Eglise qui se laissent simplement, au quotidien, habités par l’appétit du divin, dans la lumière de la Révélation, sous l’autorité du Magistère. J’espère être de ceux-là.
9ème, Le Monde : « Votre réhabilitation pourrait faire partie de ces gestes forts ? »
H.Küng : « Elle serait en tout cas plus facile que la réintégration des schismatiques ! Mais je n'y crois pas, car Benoît XVI se sent plus proche des intégristes que des gens comme moi, qui ont travaillé et accepté le concile. »
Commentaire : Quel catholique ne souhaiterait la réhabilitation d’un de ses frères dans la foi ? Mais encore faut-il, que le sujet donne des signes probants de sa bonne volonté. Il faudrait, qu’il accepte de reconnaître ses erreurs doctrinales, qu’il demande pardon pour avoir proféré des insultes contre le pape. Toutes ces dispositions sont, aujourd’hui, loin d’être réunies, quand on lit son entretien. Il prend la pause du martyre. Il ne manque pas d’air !
Je crains qu’il ne revienne jamais sur ses positions, bien au contraire. Ses réponses révèlent un grand orgueil, une suffisance étonnante, à couper le souffle, car tout son discours n’est pas explication de sa démarche intellectuelle, mais mise en accusation de ceux qui osent s’opposer à lui, j’en fais donc parti.
Il y a une autre raison à la difficulté d’une repentance, c’est que, pour en arriver où il en est, il a fallu qu’il compromette gravement la Révélation qui est Vérité avec l’esprit du monde. Il faudrait un formidable miracle ! On doit prier pour lui, car son salut est vraiment compromis objectivement, du moins, on peut le dire à fort externe.
La seule loi pour aller au Ciel, c’est la loi d’amour dans l’humilité.
Certes, Dieu seul juge les cœurs et sonde les reins, mais on est en droit de juger les actes pour ce qu’ils sont et l’intention de son auteur qui ici est clairement établie : inféoder l’Eglise à l’esprit du monde, à l’humanisme athée, matérialiste, rassurant. Etre le pontife de son église... !
Ce pic de la crise dans l’Eglise est événementiel ; il n’a d’importance que parce qu’il met en relief les maux dans leur réalité crue. C’est un épiphénomène.
La crise est là ! Elle porte en elle une apostasie active, réelle. Comment en finir ? Par la charité et la prière ; c’est certain ! Mais peut-être que le Saint Siège devrait y aider pour éviter une plus large contamination, il s’agît après tout du salut de tous. On peut imaginer, qu’il convoque l’Eglise sur un texte au sujet duquel chacun devrait s’engager, alors peut-être que les plus radicaux d’entre les extrêmes s’en iraient, ce serait logique.
Pourquoi rester dans une Eglise qu’on n’aime pas et qu’on veut détruire ? Mais il fort douteux qu’ils s’en aillent. Qu'lls prennent garde de devenir les héritiers de Judas Iscariote. Il viendra un temps où las de ne pas parvenir à conformer l’Eglise à leur vue, ils la livreront à l’esprit du monde…
[1] On ne peut pas oublier ni faire l’impasse sur l’apport extraordinaire des premiers théologiens qui furent tous de culture hellénistique, dès le premier siècle. C’est saint Justin qui, le premier introduit directement la philosophie hellène dans ce qui va devenir la culture chrétienne. On ne peut nier, ni faire table rase de cette filiation. [2] Le thomisme, pris selon la lettre, est lui aussi l’objet d’une sorte d’idolâtrie pour bon nombre d’intégristes ; c’est là une erreur que les Pères Conciliaires ont abattue. Tous les papes de Jean XXIII à Benoît XVI s’inscrivent résolument dans cette optique conciliaire. [3] La position des papes avant le Saint Concile Vatican II sur la liberté religieuse n’est qu’une position pastorale, elle ne fut jamais une position théologique de fond, ce qui d’ailleurs eût été impossible. Il s’agit d’une position pratique qui tenait compte à ces époques d’une réalité sociologique. D’ailleurs, il faut là aussi nuancer ; Pie XI amorcera un changement qui est en gestation déjà chez Léon XIII. La référence du Syllabus de Pie IX est antérieure au Concile Vatican I. [4]Le débat liturgique est le prolongement de l’opposition idéologique entre très conservateurs et très progressistes. Il faut comprendre qu’il résume sur ce point des conceptions sociologiques et idéologiques inconciliables avec la théologie de l’Alliance et s’opposent tous les deux radicalement au christocentrisme, car celui-ci défini par le pape Jean-Paul II : « Le christocentrisme est le cœur de la spiritualité chrétienne, c’est la définition post-conciliaire liée aux Nouveaux Mouvements Ecclésiaux. Mais ce ne fut pas cela antérieurement. Elle est aussi la dénomination de la théologie qui place le Christ en son centre » les renvoie dos à dos, car la théologie de l’Alliance est le prolongement, l’accomplissement du christocentrisme. [5] On n’oublie que pour devenir à la ressemblance de Dieu, de Dieu trinitaire, il faut tout comme Lui être humble. La vie trinitaire des trois Personnes n’est qu’un mouvement permanent de la kénose. Dieu le Père s’effondre dans l’amour de Dieu le Fils qui lui-même s’effondre dans celui de son Père, l’esprit Saint fait de même envers le Père et le File qui tous les deux s’emploient de la même manière envers l’Esprit saint. [6] Et peut-être bien pour préserver la Sécurité Sociale et la retraite… ! [1] Il était impossible à l’Eglise de se contenter d’une simple position de tolérance promue par le Syllabus, une attitude qui, dans le temps n’eut pas manqué d’apparaître méprisante. D’autre part, après les tragédies de la Seconde Guerre Mondiale et l’enfermement idéologiques du monde qui en suivit, il fallait dépasser le seuil de la tolérance pour passer à celui du respect de l’autre dans la charité, ce qui induisait l’établissement d’un dialogue avec toutes les religions et cultures. [2] « Le christocentrisme est le cœur de la spiritualité chrétienne, c’est la définition poste conciliaire liée aux Nouveaux Mouvements ecclésiaux. Mais ce ne fut pas cela antérieurement. Elle est aussi la dénomination de la théologie qui place le Christ en son centre » (cité du Dict. Théologique). Le problème est qu’après la Réforme, le christocentrisme devint un point d’appui intellectuel qui, pour les tenants d’une Contre-réforme pure et dure, fut la justification d’un raidissement, évolution qui alla de paire avec la progression sociopolitique du pouvoir absolu. Cette évolution absolutiste rendit difficile toute réflexion théologique qui tenait compte de l’évolution des sciences et des sociétés. Elle généra des tensions très dures produisant un sévère retard de la pastorale face aux évolutions. Le Syllabus, rédigé par Pie IX, en fut le point d’orgue. Certes, il avait sa justification dans le contexte révolutionnaire et convenait parfaitement à l’idée d’un pouvoir politique fort, autoritaire. Il s’opposait aux courants libéraux. Ce document malheureux contribua à pétrifier, à idolâtrer la « culture du christocentrisme ». De tout cela naquirent deux tendances dans l’Eglise, les conservateurs avec certaines nuances et les libéraux avec tout autant de nuances. Après le Concile Vatican I, une crise, issue de la montée structurelle de la culture révolutionnaire, vint tout embrouiller : le Modernisme. Le Modernisme est le produit de l’Ecole exégétique allemande qui entreprit une critique historique des Livres Saints, au sein de ce courant tout à fait nécessaire, s’invita des idéologies qui n’avaient pas leur place, comme le scientisme, le naturalisme, le positivisme. Et s’ajouta la tentation d’inculturer les idéologies révolutionnaires, comme l’illustra la condamnation justifiée du Sillon dont faisait parti François Mauriac. Dans le même mouvement culturel, mais à l’autre bout, on vit surgir les idéologies nationalistes, mouvement international qui aboutit à la Première Guerre Mondiale et qui eut comme point d’orgue en France, l’Action Française avec à sa tête le génial et maudit Maurras. Il fut heureusement condamné par Pie XI, mais il devait définitivement marquer les cultures conservatrices au sein de l’Eglise. A tout ceci s’invita la question sociale, elle fut le vecteur premier de l’entrée des idéologies matérialistes dans la pensée chrétienne pour devenir une déplorable proposition pastorale voire théologique : la théologie de la libération qui fut heureusement condamnée, mais bien tardivement. Paul VI, à cause de son tempérament, eut beaucoup de faiblesses quant au gouvernement des hommes, ce qui favorisa bien des dérives pastorales et théologiques. Enfin, vint le Saint concile Vatican II qui remit à sa place le christocentrisme et repris la théologie de l’Alliance, mais à cette occasion, les courants minoritaires conservateurs et progressistes s’en donnèrent à cœur-joie dont les plus radicaux se crispèrent dans leur choix idéologique.
[1] J’ai la certitude, que les laïcs sont appelés à un engagement qui ne peut être celui de notre hiérarchie, mais nous nous devons d’agir sous son conseil et dans une parfaite communion. Selon Dom Gobi : « Vous regardez votre curé, s’il n’est pas dans la pleine obéissance au Magistère, vous regardez votre évêque et si cela ne va pas, vous regardez le pape, là vous êtes certains de ne pas vous tromper. » Que voulez-vous, je suis catholique romain, et je m’en réjouis ! [2] En 2007, il reçoit un prix d’une loge maçonnique pour l’ensemble de son œuvre ?! [3] Ce qui ne signifie pas que tous aient une fortune personnelle. Küng, alors consultant au concile, réclamait que l’Eglise se désappropriât de beaucoup de ses biens, ce qui ne l’empêchait pas de rouler en Alpha Roméo … ! [4] Nous sommes-là en présence de l’application directe de la théologie de l’Alliance redécouverte par les Pères Conciliaires, après une conception idolâtre et absolutiste du christocentrisme. Ils remettent à jour la relation d’amitié du baptisé avec Dieu qui découle directement de la Révélation trinitaire. Et, si les progressistes refusent cette application, c’est que celle-ci les condamnent implicitement pour leur aliénation idéologique et leur refus sectaire de reconnaître l’autorité du Magistère tout autant que les intégristes qui refusent le Concile Vatican II.
Benoît XVI… le 18/02/09
Tu es Petrus…
Il est temps de revenir sur les évènements « médias-tempétueux » qui se sont déchaînés au sujet de la levée du décret d’excommunication des quatre évêques de FSSPX. Revenons sur la décision du pape Benoît XVI. Le pontife suprême de l’Eglise n’a pas à se justifier quand il prend une décision, car selon le droit Canon 331 : « L’Evêque de l’Eglise de Rome, en qui demeure la charge que le Seigneur a donnée d’une manière singulière à Pierre, premier des Apôtres, et qi doit être transmise à ses successeurs, est le chef du Collège des Evêques, Vicaire du Christ et Pasteur de l’Eglise tout entière sur cette terre ; c’est pourquoi il possède dans l’Eglise, en vertu de sa charge, le pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel qu’il peut toujours exercer librement. Canon 333 § 1. En vertu de sa charge, non seulement le Pontife Romain possède le pouvoir sur l’Eglise tout entière, mais il obtient aussi sur toutes les Eglises particulières et leurs regroupements la primauté du pouvoir ordinaire par laquelle est à la fois affermi et garanti le pouvoir propre ordinaire et immédiat que les Evêques possèdent sur les Eglises particulières confiées à leur soin. » L’Eglise, de part son origine, n’est pas et ne peut être une démocratie. Elle procède d’une autorité absolue qui ne se partage pas. Ce fait, au demeurant, garantit les membres d’une liberté de conscience et d’expression bien plus grande que la plus harmonieuse des démocraties politiques. En effet, la vie intra muros de l’Eglise repose sur les faits suivants : 1- Elle a le dépôt de la Vérité qui ne peut se contester : on l’accueille ou on la rejette. Si on l’accueille, on lui obéit. Mais si on la rejette ainsi que ceux qui la servent légitimement, et bien qu’ils sachent qu’ils ne sont plus de l’Eglise, qu’ils la quittent et nous fichent la paix, fussent-ils évêques ou prêtres. 2- Elle vit de la Vérité qui s’est incarnée, c’est sa foi, son espérance et sa charité : vertus théologales qu’elle est la seule à posséder dans la plénitude de la grâce, et qu’elle ne cesse de proposer au monde. Monde qu’elle soutient à la force de son amour de charité. 3- Elle n’a d’autres intérêts que le Salut du genre humain. Elle s’offre sans réserve, dans une réalité de pauvreté qui peut se toucher de plus en plus, tant cet esprit est la substance visible et impérative de son humanité à travers laquelle Dieu révèle sans relâche sa Miséricorde. Moi qui aie eu tant de répugnances à accepter le principe d’autorité, je vis une réelle liberté au sein de mon Eglise avec un bonheur que je ne pouvais encore imaginer, il y a dix ans. Cette grâce, je la dois certes à ma conversion si particulière dans les faits et dans sa croissance, mais son origine objective procède du moment où j’ai, dans un acte de foi et de volonté, accepté librement d’obéir à la Vérité définie légitimement par son Magistère qui ne peut se tromper. On ne peut être de l’Eglise et rejeter l’autorité du Magistère qu’on accepte intégralement, mais non pas selon notre besoin d’endormir notre conscience. Le Magistère n’est pas un détaillant d’épicerie fine… Aussi, même si à l’annonce de la levée de cette excommunication, j’ai connu un moment d’incompréhension et de blessure jamais, je n’ai remis en cause la légitimité de l’autorité. Elle répond à la mission du Pontife universel : ramener à l’unité l’ensemble des baptisés. En admettant que Benoît XVI ait pris conseil que de l’Esprit Saint, ce qui n’est pas rien, sa décision est souveraine, légitime. Rome a parlé, que chaque catholique obéisse, prie et se taise[1]. Quant aux aboiements malveillants du monde, on s’en fout ! Ceci étant, je ne pense pas que le pape ait pu prendre une telle décision sans demander conseil, du moins auprès de quelques uns de confiance sans doute peu nombreux. Les médias, avec leur malveillance habituelle, ont fait croire, à ce sujet, à une erreur de jugement, d’appréciation. C’est, venant de leur part, user de la méthode Coué. Depuis son élection, Benoît XVI n’a commis aucune erreur. Mais on a voulu entendre que ce qui rassurait les esprits chagrins d’un monde sinistré. Tout pourtant a été dit dans son sermon inaugurant son pontificat et dans celui qui ouvrait le conclave. Le pape entend raffermir l’identité du catholique et de l’Eglise. Il entend à ce qu’elle soit parfaitement différenciée du monde et de ses esprits menteurs et fallacieux. Nous avons un Pontife qui ne craint pas d’être catholique face au monde et qui assume, dans une totale liberté intérieure, sa charge. Il ne se fond pas dans le plus petit dénominateur commun. La crise poste-conciliaire est close avec lui. Les troubles d’aujourd’hui sont le résultat intra muros d’une apostasie rampante et bien réelle[2], et extra muros, d’un monde égaré dans la forêt vierge de ses orgueils, de ses blasphèmes, de sa rage mortelle à vouloir renverser les équilibres naturels, à vouloir détruire la loi morale naturelle. Et chacun ira au rendez-vous de sa conscience et décidera de la qualité de son éternité. Les actes du Souverain Pontife sont conformes avec son discours courageux de Ratisbonne. J’invite chacun à le lire et à le relire, car on n’a pas cessé d’en observer les applications. Jean-Paul II le Grand et Benoît XVI, nous ont décomplexés d’être catholiques face à ce monde, ce qui nous est compté pour un grand bonheur.
Monseigneur Williamson…
La décision de lever le décret d’excommunication des quatre évêques était connue des intéressés depuis plusieurs mois. Il paraît difficile, dans ces conditions, de considérer les propos de cet évêque sur la Shoah comme une simple gaffe. Son refus de revenir sur son négationnisme confirme que nous sommes là en présence d’une conviction… ici Comment comprendre qu’il ait délibérément provoqué un tel scandale ? Monseigneur Williamson, depuis l’élection de Benoît XVI, a multiplié les déclarations qui laissaient entendre son opposition à réintégrer la pleine communion. Il considère toujours d’actualité de résister à l’extérieur de l’Eglise tout en affirmant sa foi catholique. Pour lui, il ne peut y avoir de conciliation au sujet du Saint Concile Vatican II, et encore moins de collaborer avec un collège épiscopal très engagé, à ses yeux, dans le progressisme, - entendre modernisme. Aussi, fort de ses convictions, on doit considérer ses propos négationnistes comme volontaires, sans doute reflètent-ils la réalité de ses convictions, mais il les a exprimées en espérant que le Saint Père l’exclut de la levée du décret. Cet entretien eut lieu le 1er novembre 2008 et il ne fut diffusé que le jour où la levée de ce décret fut rendue officielle. Le Saint Père n’était pas au courant de ce qui se tramait dans son dos, alors que certains prélats en étaient informés. Ceux-ci représentent les courants progressistes les plus agressifs, et ils ont vu là l’opportunité d’affaiblir le pape… Les médias peu soucieux d’honnêteté intellectuelle s’en sont donné à cœur joie. La médiocrité appelle l’absence d’honneur. Dieu a permis cette épreuve fruit de calculs très humains, déshonnêtes. Ces acteurs fautifs auront des comptes à rendre à Dieu, leur situation spirituelle n’est pas enviable.
Tous ceux qui remettent en cause la réalité historique de la Shoah, qu’elle qu’en soit la méthode, comme remettre en cause le nombre de victimes, jeter le discrédit sur la possibilité matérielle, technique ou réduire à un simple détail de l’histoire commettent un péché mortel. Ils nient une vérité établie. Il n’est pas vrai que les négationnistes recherchent la vérité historique. C’est là plus qu’un mensonge, c’est un refus de vérité. Si d’aventure cet évêque venait à se trouver sur le territoire de la France, j’espère qu’il sera interpelé et jugé. Monseigneur Williamson représente un courant très dur de la mouvance intégriste, celle-ci se nourrit d’un maurrassisme ultra et d’une culture antisémite féroce, aidée par une littérature sans cesse rééditée par des milieux infréquentables. Ils seront jugés par un Dieu à leur image. Les négationnistes s’inscrivent dans le courant ultra nationaliste et nécessairement antisémite, ainsi que dans certains milieux de la nouvelle droite qui est agnostique. Mais il faut chercher plus loin. La volonté délibérée d’un pouvoir de procéder à la destruction des peuples pour leur appartenance à une religion ou à une race est sans excuses, sans justifications. C’est une monstruosité indicible ! Il n’est pas inconcevable que certains esprits, refusant d’admettre que l’humanité ait pu aller jusqu’à de tels actes inhumains, s’efforcent d’altérer les faits. Nous sommes alors là, dans une configuration psychologique où la négation de la vérité leur est comme un impératif de survie. Il n’y a que Dieu qui puisse leur porter remède, et il est du devoir de nos sociétés de s’en protéger. Nier la Shoah, c’est continuer le génocide[3]. C’est entrer dans la filiation des monstres d’acier. Les négationnistes s’inscrivent également dans l’idée du complot universel réactivée grâce à l’Internet. Leur propos sous-tend que les juifs en sont les instigateurs[4]. La campagne de déstabilisation qui visa le pape, laissant entendre qu’il serait antisémite ou qu’il aurait des sympathies pro-nazies est indigne, car rien de tout ceci n’a le moindre fondement objectif. Finalement, cette épreuve qui aura concerné toute l’Eglise, renforcera les liens entre les membres du Corps Mystique du Christ. Son Vicaire, le pape, en sort renforcé, grandi… Dieu fait tout concourir au bien… La possible régulation de la FSSPX, qui est loin d’être faite, est ressentie par les courants adverses, non pas comme la menace d’un retour en arrière, mais comme un levier puissant de correction de plus de quarante ans de dérives, dont la plus grave est la progression d’une apostasie rampante mais bien réelle. C’est ainsi, que dans certains milieux d’enseignants d’établissements catholiques, on a pu entendre souhaiter la mort prochaine du pape. Il ne faut pas se faire d’illusion, dans les courants progressistes, un nombre bien plus important que chez les intégristes se trouve de facto hors de l’Eglise, hors de la foi. Le problème vient de ce qu’ils n’ont pas la même honnêteté que les autres, ils détruisent l’Eglise tout en profitant d’elle au maximum. Ils agissent en véritables prédateurs d’espérance, c’est l’ivraie de l’Evangile. Des âmes mortes à Dieu et prostituées au monde… : « A mon sens, il est très important de remplir les bancs de l’église catholique non avec des « catholiques culturels » et des gauchistes qui aident à détruire l’Eglise catholique et à corrompre les valeurs […] cette corruption a un effet de contamination sur chaque communauté religieuse du monde entier. […] Que fait le pape ? Tenter de ramener les traditionalistes parce qu’ils ont des choses très importantes à apporter, pour le plus grand bien du catholicisme. » (Le rabbin Yehuda Levin ; Des rabbins soutiennent Benoît XVI) ici
De l’Eglise…
Ne nous berçons pas d’illusion, sur cent catholiques pratiquants, il n’y en a que cinq qui s’efforcent véritablement à vivre leur foi en justes, en pauvres de Dieu. Ils sont de toutes les douleurs. C’est par eux que l’Eglise peut encore respirer. Ce sont eux qui préparent le retour du Christ, le Fils d’Homme venant sur la nuée ; de la même façon qu’il existait un courant messianique qui, un siècle avant la naissance de Jésus, attendait la venue du Messie, Serviteur souffrant. Tous ne l’attendaient pas comme un Messie de Gloire. On pouvait lire dans le journal La Croix, le compte rendu de la conférence qui s’est tenue le 11 février à Paris par des responsables de la FSSPX. Monseigneur Fellay y fit une intervention dans laquelle, il révélait qu’il n’y avait pas eu de contrepartie demandée par le pape. Cela n’étonne pas, car Benoît XVI vise moins les quatre évêques que les laïcs, et il sait qu’un schisme qui s’attarde trop revient très difficilement à la communion. En effet, Mgr. Fellay affirme que la crise de l’Eglise ne trouvera son règlement que dans la remise à plat du Concile Vatican II : « La crise de l’Eglise, martèle-t-il, ne peut se résoudre que par une purification de la pensée ». Autrement dit, une remise en cause de Vatican II, source de toutes les « déviations », à en croire l’abbé Régis de Cacqueray-Valmenier. Pour le supérieur du district de France de PSSPX, liberté religieuse, œcuménisme et collégialité en sont les « catastrophes » les plus manifestes… » (ici)
Désigner le Saint Concile Vatican II comme élément déclencheur de la crise est la preuve d’une sévère ignorance de l’histoire contemporaine, de l’histoire moderne de l’Eglise. Le concile a mis à jour la crise qui était déjà bien profonde. Il fut un concile éminemment théologique, dogmatique, même s’il ne fut pas le lieu d’une nouvelle définition dogmatique. Depuis quand, un concile pastoral serait-il exempt du dogme et l’inverse vaut également ? Les prétentions des responsables de cette fraternité ne sont pas acceptables. Les épreuves de l’Eglise ont leur compréhension dans la contemplation de la Croix. Elles se régleront quand l’institution humaine aura suffisamment grandi en humilité. Il y a une relation mystique entre la décadence de l’humanité et les souffrances de l’Eglise. Le monde va de plus en plus se dresser contre elle et contre toutes les grandes religions, car la conclusion dramatique de notre culture néo-révolutionnaire viendra avec la grande apostasie et la venue de l’Antéchrist. Beaucoup, en effet, trouveront rassurant de devenir les alliés du monde, on reverra de nouveau les prêtres assermentés, des églises indépendantes. Elles laisseront en pâture leurs fidèles à des pouvoirs monstrueux, bien plus déshumanisés que ce que nous avons connu. Elles le feront sans que les pouvoirs de ce monde n’aient à le leur demander, on le voit maintenant à l’intérieur de certains réseaux d’aumôneries. L’apostasie sera moins sanglante qu’on l’imagine, elle sera intérieure et bien plus dangereuse pour les âmes que les grandes persécutions : « Ne craignez pas ceux qui peuvent tuer le corps, craignez plutôt ceux qui peuvent tuer l’âme. » Les forces des ténèbres sont à l’œuvre, elles tendent à discréditer toutes les religions, elles les feront rejeter de toutes les sociétés. Mais avant, elles les dresseront les unes contre les autres pour obtenir ce discrédit. Contemplons la vie de saint Pierre. Nos sociétés vont de moins en moins supporter que des forces morales, spirituelles se dressent contre leur volonté d’achever le renversement du droit moral naturel et de la loi. Elles feront tout pour les mettre au silence sans nécessairement les persécuter de manière sanglante. Il ne faut pas s’en étonner, Dieu le veut ainsi. Ne faut-il pas que sa justice et sa miséricorde soient totalement abouties au regard de l’humanité. Je suis un converti de San Damiano, un jour, lors d’une apparition de Marie, parmi l’un de ses messages, elle enseigna ceci : « C’est l’heure de la prière ! » Il n’y a rien d’autre à dire. L’homme de Dieu sera celui qui entre dans la souffrance de l’esprit avec l’espérance pour le salut d’un monde qui n’en veut surtout pas… Pour le moment.
C’est l’heure de Marie…
Les temps actuels sont gros de nuages, l’humanité n’a d’yeux que pour elle-même, pour satisfaire à la multiplication de ses appétits, s’en créant de nouveaux par un engrenage qu’elle ne sait plus contrôler. Nos sociétés matérialistes, orgueilleuses veulent la maîtrise de leur destin, de leur devenir. Elles ne supportent plus aucun obstacle pour leur projet d’un paradis sur terre. Dieu le leur permettra. Il doit en être ainsi. Il retire déjà maintenant l’action de l’Esprit Saint dans le monde, ne l’accordant qu’à ses vrais serviteurs, ses vrais pauvres. Il empêchera que ce monde et ses sociétés entendent les avertissements de son Eglise, de ses prophètes. Il les rendra sourds, aveugles tant ils se gavent d’un orgueil monstrueux, le dragon… Mais en même temps, cette humanité se désespérera, on assistera à un accroissement des suicides, les actes de délinquances se multiplieront avec une telle violence qu’on aura recours de nouveau à la peine capitale. Le Fils de l’Homme ne reviendra qu’à l’instant où cette humanité, si désespérée d’elle-même, n’aura plus d’autres recours qu’en Dieu qu’elle suppliera… Alors l’âge d’homme entrera réellement dans la voie de l’humilité.
Marie, l’Immaculée Conception, est offerte au monde par son Fils Jésus, vrai Dieu et vrai homme. Elle est la voie par laquelle tout pauvre de Dieu, dans l’Eglise, doit passer. Marie est une école de vie spirituelle, une école de vie d’homme dans la seule voie qui plaise à Dieu, car elle est conforme à sa nature : l’humilité. Les vrais pauvres de Dieu sont marqués de son signe, car Marie est l’étoile de tous les matins du Corps Mystique de Jésus-Christ. Seuls les baptisés qui reconnaîtront en Elle leur mère pourront traverser sans encombre les temps mauvais qui s’installent en maîtres absolus sur le monde. Le monde qu’il s’est choisi pour maître. L’urgence, pour nous les pauvres de Dieu, c’est de développer un authentique culte marial qui peut seul nous faire vivre la grâce d’union à Jésus-Christ. Oui, c’est l’heure de Marie ! Relisons les œuvres de saint Louis Grignon de Montfort. Nous avons besoin d’aller à son école pour préparer par la prière et le témoignage l’humanité aux épreuves fatales, afin qu’elle puisse se tourner au moment voulu vers le Salut. Nous devons trouver de nouvelles formes de solidarité entre nous les fils et filles de Dieu, une solidarité qui ne peut passer que par Marie.
[1] Saint Augustin d’Hippone [2] Les récents événements en Autriche le démontrent. [3] Que vive la mémoire morte ! L’Hermite des Temps nouveaux
[4] Ainsi l’affaire Aymeric Chauprade (ici) viré par le ministre des armées pour avoir publié un ouvrage dans lequel, il reprend à son compte la théorie selon laquelle le gouvernement fédéral US serait à l’origine de l’attentat du 11 septembre. Ce sont là des esprits contrefaits, ils vivent dans le déni de l’histoire, cherchant dans cette voie insalubre des justifications à leur montage mental.
C’est l’heure de la prière !... Soutien à Benoît XVI : ici
La tempête médiatique née de deux facteurs : la levée de l’excommunication sur les quatre évêques de la F.S.S.P.X polluée par l’entretien de Mgr. Williamson niant la Shoa, n’a plus de raisons d’être. Toutes les explications et éclaircissement ont été fournis. Nous sommes plus que jamais à l’heure de la prière. Un long chemin doit être entrepris pour que la F.S.S.P.X. trouve toute sa place au sein de l’Eglise, dans une pleine communion. Le document fournit par la Secrétairerie d’Etat du Saint Siège nous le prouve : Evêque négationniste: les clarifications de la Secrétairerie d'Etat du Saint-Siège : ici
Rémission de l’excommunication
C’est maintenant l’heure de la prière, celle de l’offrande ! La décision du Saint Père est conforme au dessein de Dieu sur son Eglise et sur l’humanité.
C’est à Perpignan que se décida la fondation de la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre à l’issue de l’excommunication de Mgr. Lefebvre et des quatre évêques ordonnés.
Tout récemment, notre Eglise diocésaine se trouva dans l’action de grâces : trois paroisses ont décidé d’instituer l’adoration perpétuelle à partir du dimanche 1er mars. Voilà une nouvelle considérable qui est porteuse d’une grande espérance pour le peu que l’on croit à la puissance de la prière. N’en doutons pas, on priera pour qu’une solution heureuse soit trouvée pour le meilleur avenir de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X. et le triomphe de la charité dans l’Eglise. Nous sommes confiants, car nous ne doutons pas de la sincérité de nos frères de cette fraternité, sincérité murie par vingt années de souffrances, sachant qu’ils ont eux-mêmes pris l’initiative de demander la levée de cette excommunication. On priera aussi pour le retour à la pleine communion de nos frères orthodoxes.
Nous devons maintenant rejoindre Saint Jean l’évangéliste au pied de la croix de Jésus avec Marie : se taire, offrir et prier. C’est à cette seule école que se consolide le baptisé, il n’y en a pas d’autre.
De la levée d'excommunication des quatre évêques de la Fraternité Saint Pie X… Vers l'unité de l'Eglise… le, 02 février 2008
Benoît XVI
Lorsque la nouvelle de cette levée d’excommunication tomba sans qu’on en connaisse les conditions, ma réaction fut un mélange de stupeur et de colère nourri par la sensation d’une blessure fulgurante. Pourquoi ce sentiment ?
Il y aura bientôt trente-deux ans que j’accueillis la grâce de ma conversion et depuis, je ne cesse de souffrir peu ou prou à cause de mon ferme propos d’être fidèle au Saint Siège, d’obéir au Magistère. Et je rejette tout aussi fermement la tentation des courants intégristes, traditionalistes et progressistes de tous poils… Beaucoup comme moi ont eu et ont toujours bien du mal à trouver leur place, à se sentir chez eux dans l’Eglise diocésaine. Nous avons subi le rejet de tous ces courants ; les plus enragés, bien qu’opposés, préfèrent s’entretenir plutôt que de parler avec « un papiste ». Nous ne cessons pas d’être seuls, entre deux feux mauvais. Et en toutes occasions, nous défendons les enseignements pontificaux.
Cette nouvelle diffusée sans explication produisit une sorte de subite dépression et un sentiment d’abandon, de non-considération… Je fus tenté de refuser de comprendre, tout abandonner ; après tout, mon engagement de chrétien ressemble beaucoup à ce légionnaire romain qui est subitement réduit à la vie civile dans l’élan de son service. Ce fut une forte tentation intérieure, durant les quarante-huit heures qui suivirent la nouvelle. Mais voilà, je suis catholique et j’appartiens à Jésus par Marie alors, j’ai fait un acte de foi et d’abandon…
La levée de l’excommunication se justifie par deux volontés clairement exprimées : 1er - la demande de cette levée qu’adressa Mgr. Fellay au nom de la Fraternité : « Nous sommes toujours fermement déterminés dans la volonté de rester catholique et de mettre toutes nos forces au service de l’Eglise de Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est l’Eglise catholique romaine. Nous acceptons ses enseignements avec un esprit filial. Nous croyons fermement à la Primauté de Pierre et à ses prérogatives, et c’est pourquoi, la situation actuelle nous fait beaucoup souffrir. » ici 2ème L’intention très claire du pape est d’œuvrer au plus vite à la réconciliation entre catholiques. J’ai abordé ce sujet lors du Motu proprio. Le Saint Siège ne peut pas aller plus loin avec nos frères orthodoxes, s’il ne s’efforce de ramener à la pleine communion tous les catholiques. L’histoire démontre, que si on laisse au temps sa domination sur les schismes, il devient très difficile d’obtenir le retour à la pleine communion. Je ne traiterai pas plus avant ce sujet dont nous connaissons les causes profondes qui se résument par un seul mot : orgueil ! Non, mon propos reste centré sur cette expérience très douloureuse qui dura à peu près quarante-huit heures. En plus de la prière, j’ai eu le soutien de mon ami Arnaud Dumouch, spécialiste de la théologie des fins dernières et animateur du Forum Docteur Angélique ici. Il m’invita à méditer sur trois figures représentant les trois attitudes humaines qui jalonnent l’Eglise surtout à sa fin terrestre : Pierre, Judas et Jean.
1er : Judas est la figure emblématique de certains courants progressistes : « Judas l’Iscariote, un de ses disciples, celui qui devait le livrer, dit : « Pourquoi ce parfum n’a-t-il pas été vendu trois cent deniers, qu’on aurait donné à des pauvres ? » (Jn. 12, 4-5) L’attitude de Judas est celle de bien des progressistes qui ont développé une conception de l’Eglise très sociale au point de négliger voire de combattre toute vie intérieure, le principe même de la transcendance. Certains iront jusqu’à s’aliéner dans des idéologies matérialistes contribuant à rendre inintelligible le message de l’Evangile. En définitif, ces courants progressistes se caractérisent par un attachement aux biens matériels bien plus qu’ils n’en affirment le contraire. Ils développent une vision matérialiste et temporelle du paradis. Ils sont, quelque part pour les plus intrangisants, déshabités par l’Espérance. Et, tout comme Judas, ils n’ont pas hésité à s’allier à des sociétés idolâtres qui ont assassiné des centaines de millions d’individus pour le paradis terrestre !...
2ème : Pierre est la figure emblématique des courants intégristes et traditionnalistes : « Et il se mit à leur enseigner que le Fils de l’homme devait beaucoup souffrir, et être rejeté par les anciens, et les grands prêtres et les scribes, et être tué, et trois jours après ressusciter. Et, le prenant à part, Pierre se mit à le réprimander. Lui, se retournant et voyant ses disciples, réprimanda Pierre et dit : « Va-t-en, arrière de moi, Satan ! parce que tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » (Marc. 8, 31-33) Pierre a une idée – une idole – très précise, très possessive de Dieu, du Messie. Dieu, le Fils de Dieu ne peut être que glorieux ! Certes, il a pris la condition humaine, mais il y a des limites. Dans son esprit, Pierre estime que Jésus ne peut descendre plus bas dans la condition humaine, car dans sa mentalité, le Messie ne peut ni souffrir ni mourir. Cette mentalité est celle des intégrismes et autres traditionalismes. En effet, pour eux, l’Eglise est nécessairement celle du triomphe sur la terre, du triomphe maintenant. Il n’y a qu’une Eglise, celle du Christ, celle qui est à Rome, alors certainement, il ne peut y avoir de liberté religieuse. L’œcuménisme oui, mais à la condition que les autres et le reste du monde reconnaissent l’autorité absolue de l’Eglise ! Pauvres sots ! Ils ont fait de l’Eglise une idole, idole induisant une mentalité absolutiste, fixiste faisant d’elle un rempart contre le monde. Ils l’ont pétrifiée, chosifiée, idolâtrée. Cette église-là, comme celle des progressistes n’a jamais existé dans l’esprit de Jésus. Elle ne fait pas partie du projet de Dieu sur l’homme. Car, ce sont-là des conceptions orgueilleuses, hors Dieu est humble !
L’Eglise ne peut ni ne doit être comme nous la voudrions pour nous-mêmes, mais nous devons aider à ce qu’elle se réalise selon la volonté de Dieu, car avant toute chose, elle est son épouse et sa plus belle proposition d’amour.
3ème : Jean est la figure emblématique de l’intention de Dieu sur l’Eglise, il est la préfiguration de ce qu’elle sera à la veille du retour de son Epoux : « Près de la croix de Jésus se tenait sa mère et la sœur de sa mère, Marie, (femme) de Clopas, et Marie la Magdaléenne. Jésus donc, voyant sa mère et, près d’elle, le disciple qu’il préférait, dit à sa mère : « Femme, voilà ton fils. »Ensuite il dit au disciple : « Voilà ta mère. » et, dès cette heure-là, le disciple la prit chez lui. » (Jn. 19, 25-27) « Les disciples se regardaient les uns des autres, ne sachant de qui il parlait. A table, tout contre le sein de Jésus, se trouvait l’un de ses disciples, celui que Jésus préférait, […] » (JN. 13, 22-23) Jean est la figure du chrétien qui recherche l’union au Christ. Il est au pied de la croix de l’Eglise qui est celle du Christ. Et, à l’image de Marie qu’il adopte comme mère, il accueille dans la foi, l’espérance et la charité ce que décide l’Eglise à la fine pointe de l’esprit d’amour. C’est une attitude difficile qui ne peut se développer qu’au moyen d’une dévotion mariale virile et d’une pratique sacramentelle persévérante et quotidienne. Car ne nous faisons aucune illusion, le rendez-vous de la fidélité à notre baptême n’a pas d’autre lieu, que d’être avec Jean et Marie au pied de la croix. Il faut nécessairement se dépouiller du vieil homme qui gît en nous, toujours préparé à nous ensevelir par le poids de nos calculs trop humains pour le ciel.
Le pape Benoît XVI, par sa décision, se situe à la source même de la miséricorde divine. Jésus, sur sa croix, n’a-t-il pas pardonné à ses bourreaux ? N’a-t-il pas pardonné au Sanhédrin ? Comment peut-on reprocher au pape, Vicaire du Christ sur la terre, de refléter l’acte de Dieu dans sa miséricorde ? Comment un catholique ne pourrait-il pas se réjouir d’un tel geste ?
Il est évident que cette décision enrage les plus progressistes et les plus intégristes, mais ceux-là n’ont-ils pas déjà quitté l’Eglise ! Ne nous faisons aucune illusion, un nombre important de ces fidèles intégristes et progressistes refuseront la main tendue et quitteront définitivement la communion, sûrs de leur bonne mauvaise raison. Les médias, s’inscrivant tout à fait dans leur médiocrité et leur malveillance habituelles, ont fait ressortir l’entretien que Mgr. Williamson avait accordé au mois de novembre dernier à un journal danois, dans lequel il remet en cause l’historicité de la Shoa. Cet évêque a déjà fait parler de lui en d’autres occasions, ce qui m’a permis de juger de sa pauvre intelligence et de son manque de connaissances doctrinales. Il n’est pas impossible de penser que, au fait de la prochaine levée de l’excommunication, il est sciemment tenu ces propos auxquels il semble donner foi, à seule fin de justifier le probable rejet d’intégrer la pleine communion, et ainsi de prendre la tête des plus radicaux d’entre les intégristes. Le décret de la levée d’excommunication est antérieur à sa publication et à la polémique qui a surgi au sujet de Mgr. Williamson. Cet évêque, sur l’ordre de son supérieur, a rédigé une lettre d’excuses : « A SON EMINENCE LE CARDINAL CASTRILLON HOYOS Durant la terrible tempête médiatique qui éclata suite à mes remarques imprudentes à la télévision suisse, je vous prie d’accepter avec mon plus grand respect, mes sincères regrets pour avoir causé, à vous et au Saint Père autant de souffrances et de problèmes inutiles. Pour moi, tout ce qui importe est la Vérité Incarnée, et les intérêts de Son Unique Eglise, par laquelle nous pouvons sauver nos âmes et rendre gloire éternellement, en toute humilité, au Dieu tout puissant. Aussi, je ne ferais qu’un seul commentaire tiré du prophète Jonas, I, 12 : « Prenez-moi et jetez-moi à la mer, et la mer se calmera, car je sais que c’est à cause de moi que cette grande tempête s’est levée. » S’il vous plait, je vous prie de bien vouloir transmettre au Saint Père, mes sincères et personnels remerciements pour le document signé mercredi dernier et rendu public samedi. En toute humilité j’offrirai une messe pour vous deux. Veuillez agréer, dans le Christ, mes sentiments les plus sincères. +Richard Williamson » L’exégèse de ce texte démontre que son auteur ne revient pas sur le contenu de ses propos inadmissibles. Il est sujet anglais, donc il serait normal qu’il soit poursuivi par la justice de son pays. Il ne fait pourtant à ce jour l’objet d’aucune plainte… Serait-ce parce que la liberté d’expression en Angleterre est plus large que dans le nôtre ? Et que leurs médias sont plus dans la dispute intellectuelle que les nôtres ? Au vu de ses précédentes déclarations et n’ignorant pas la décision du Saint Père, on peut penser qu’il n’est peut-être pas aussi désireux que ses autres confrères de vouloir regagner la pleine communion, et qu’il se prépare une sortie de celle-ci pour se mettre à la tête des laïcs et prêtres qui la refuseront. Nous nous souvenons que dans les premières semaines de la mort de Mgr. Lefebvre, ce même évêque avait ordonné des candidats au sacerdoce sans trop de discernement et en grand nombre.
Quoi qu’il en soit, la levée d’excommunication ne peut-être mise sur le même plan que ces malheureux propos. Cette décision est sans liens avec les convictions de cet évêque. Faire un procès d’intention de cette nature au pape est ridicule et révélateur d’une profonde malveillance. La pétition de l’hebdomadaire La Vie n’a rien de surprenant. Ce journal fait parti des fers de lance du progressisme. Il est co-responsable de la multiplication des maux de l’Eglise surtout en France. Il a une part non négligeable quant à l’émergence des courants intégristes. Sa malhonnêteté intellectuelle, sa position de « blasphémateur pathologique » sont bien connues. Il porte en lui tous les germes de l’apostasie à venir. Son fondateur l’a vendu au groupe de presse du journal Le Monde, bien connu pour ses positions anti-romaines et sa malhonnêteté intellectuelle très structurée et manipulateur dès son origine. Pour prendre la mesure de cette tempête médiatique, il faut bien en connaître les auteurs et ce qu’ils incarnent comme options idéologiques. C’est la gueulante de la médiocrité… Dès la fin de la guerre, ces journaux y compris Témoignage Chrétien ont accueilli les représentants les plus en vue des intellectuels qui avaient épousé les différents courants modernistes comme le Sillon. Ils firent toute leur carrière par leur opposition plus ou moins ouverte au Siège apostolique. Ils contribuèrent largement à la mise sous tutelle de l’Evangile aux idéologies matérialistes et athées, et ont cherché à influencer les orientations pastorales. Ils n’ont jamais cessé d’occulter ou de déformer les enseignements du Magistère, contribuant activement au détournement des catholiques quant à leur pratique religieuse.
Les réactions faussement indignées de certaines autorités juives quant à la levée d’excommunication de Mgr. Williamson qui ne sauraient engager l’ensemble des juifs sont, à juste titre, suspectées de vouloir atteindre un autre but. En effet, celles-ci doivent être mises en liens avec les déclarations aussi injustes qu’enfantines de certains rabbins au sujet de la probable béatification de Pie XII. Le but recherché serait d’empêcher ou du moins d’atténuer la portée du voyage pastoral de Benoît XVI en Terre Sainte. Il existe, parmi la multiplicité des mouvances juives, des courants intégristes ou politiquement très sionistes qui redoutent un rapprochement trop étroit entre leur communauté et l’Eglise. Pourtant ce rapprochement et cette collaboration sont inévitables et nécessaires aux deux. Le temps présent multiplie les défis d’un monde en dérive. Les religions monothéistes, juives et chrétiennes ont l’obligation d’être au front : leur solidarité est urgente.
La lettre de Mgr. Fellay, supérieur de la Fraternité Sait Pie X engage celle-ci à adhérer sans restriction à la pleine communion au Saint Père et à l’ensemble de l’Eglise : « Nous sommes toujours fermement déterminés dans notre volonté de rester catholiques et de mettre toutes nos forces au service de l’Eglise de Notre Seigneur Jésus Christ, qui est l’Eglise catholique romaine. Nous acceptons son enseignement avec un esprit filial. Nous croyons fermement à la Primauté de Pierre et à ses prérogatives, et c’est pourquoi, la situation actuelle nous fait beaucoup souffrir. » ici Il est clair que nous attendons de la Fraternité qu’elle adhère sans restriction à l’autorité du Magistère dont fait partie intégrante le Saint Concile Vatican II. Je serai vigilant. Toutefois, je pense que son retour est sincère, car il procède d’une réelle souffrance et de la maturité du temps. J’ai beaucoup moins de réserve vis-à-vis d’elle, que j’en ai encore aujourd’hui vis-à-vis de la Fraternité Saint Pierre…
Le Saint Concile Vatican II qui fit un formidable travail théologique a mis en marche l’Eglise dans une direction conforme à la volonté de Dieu qu’inspire l’Esprit Saint. L’Eglise, en tant qu’institution, va vers une spiritualisation plus grande, plus profonde que rien ne peut plus venir empêcher. Son cheminement est celui de Jésus et de Pierre. Elle va connaître sa kénose qu’on commence à percevoir. Les décisions des successeurs de Pierre vont toutes dans ce sens. Elles furent perceptibles sous le pontificat de Léon XIII. Elles se poursuivent avec heurs et malheurs aujourd’hui. Cette évolution nous invite à une introspection non seulement de notre foi de baptisé, mais aussi de notre qualité de membre du Corps Mystique du Christ. Nous ne parviendrons à l’assimiler, et surmonter les écueils, que si nous nous inspirons de la figure prophétique de Jean l’évangéliste et que nous recherchons, par Marie, la vie d’union au Christ. Il ne sert à rien de regretter le temps passé, il est passé ! Notre seul avenir est Jésus-Christ en qui nous reconnaissons Dieu et vers lequel se porte notre foi, notre espérance et notre charité. Nous devons conserver nos traditions que dans la mesure où elles nous portent à cette fin, et il faut avoir le courage moral et spirituel de se débarrasser de celles qui nous encombrent. L’Eglise est la maison du pauvre de Dieu, elle ne peut pas être autre chose.
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Est ce qui est ! Obéir à la Vérité pour mieux servir la Charité
Activité artisanale – auto-entrepreneur – déclarée le, 06/01/09 LA PLUME ET L’ENCRIER TOUS TRAVAUX D’ECRITURE EN LANGUE FRANCAISE ACCOMPAGNEMENT A LA REDACTION CORRECTION - ENTRAINEUR THESE – MEMOIRE – ROMAN TARIFS ETUDIANTS Diffusion de Manuscrit Courriel : Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. tel : 0950223283
De la Marche pour la Vie : Le 24 janvier prochain, les associations pour le respect de la vie de l’homme dès sa conception entament une marche de protestation et d’espérance en l’homme. Je m’unis d’intention et par la prière à cette marche faute de pouvoir y participer physiquement. Il faut beaucoup d’espérance pour être aussi constant dans la lutte très honorable que ces associations entreprennent, et il faut une foi chevillée pour regarder l’homme dans toute sa dignité, au point de lui crier « Non » qui seul convient à cette culture de mort générée depuis bien trop longtemps. Depuis le vote de la loi Veil, en retenant le nombre moyen de 250.000 avortements légaux par an, nous arrivons aujourd’hui au total ahurissant de 8 750 000 morts. Je ne retiens pas les avortements illégaux qui pourraient approcher la moyenne de 50 000 à 100 000 avortements pour la France. Je ne compte pas l’eugénisme pratiqué dans le cadre des dons faits à l’occasion du Téléton. Si je considère le nombre de 2. 500. 000 avortements pour l’Union Européenne par an, à partir du vote de la loi Veil, je totalise 87.500.000 avortements dans une moyenne basse jusqu’à maintenant. L’univers est en présence du plus grand génocide jamais perpétré par l’humanité pour satisfaire majoritairement à son appétit de confort. C’est à croire que nos principaux accusateurs au Tribunal divin seront ceux que nous avons poursuivis au Tribunal de Nuremberg. Fallait-il combattre le nazisme ? Madame Veil, M. Giscard d’Estaing, le coussin académique qui soutient votre fondement est la poche de sang des innocents et l’auréole qui couronne votre gloire immortelle est composée des larmes des enfants, ils recherchent la maman dont ils n’auront pas connu l’amour ni sucé le sein … Nous sommes bien dans une culture de mort, en douterions-nous encore ! On a tué, en trente cinq ans, la population de la France et du Benelux réunis. Vivent la modernité et la démocratie ! Vive la crise financière et économique, qui réduit les finances du Planning Familial. Vive le voyou Madoff qui vient de ruiner aux Etats Unis le Center for Reproductive Rights, le Planning familial et le Projet de liberté reproductive d’ACLU. Autant d’associations qui encouragent l’avortement. Seigneur envoyez-nous des voyous ! Souhaitons qu’on ne se relève pas de cette crise. L’homme sans conscience ne doit pas triompher. Il faut encourager ces marcheurs de la vie ; on ne s’habitue pas à cette tuerie… Ce sont nos enfants que l’on sacrifie au dieu Moloch. A quand, une politique pro-vie ? Sur proposition de l’eurodéputé communiste italien M. Giusto Catania, le parlement européen s’apprête à légiférer pour imposer à tous les Etats membres de permettre le mariage homosexuel et de leur interdire de refuser la dépénalisation de l’avortement, au nom de la libre circulation des personnes. Surtout, si pour les prochaines élections européennes, vous n’avez pas de candidats clairement déclarés contre de tels projets et pour le retour du respect de la vie à son origine comme à son terme naturel, alors allez voter, mais votez blanc. Car cette Union européenne est un monstre, un blasphème.
Il faut espérer toujours en l’homme même le pire, car Dieu ne cesse de l’aimer ! Le chimiste autrichien Carl Djerassi qui, avec l’aide des professeurs Miramontes et Rosenkranz, a contribué à l’invention de la pilule contraceptive, vient d’exprimer dans le numéro de décembre de Der Standard : « son désarroi devant la séparation généralisée de la sexualité et de la reproduction qu’a causé l’usage à tout va de la pilule, et a alerté devant le désastre démographique imminent dû aux taux de naissances en chute libre. » « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu’ils en chérissent les causes. (Bossuet) – (trouvé sur le site E- Déo) C’est une prise de conscience très tardive et minimaliste. Il ne remet pas en cause le principe moral de son invention, mais c’est mieux que rien, « quoiqu’un rien plus un rien soit quelque chose ! » R. Devos.
Saluons les Rencontres Mondiales des Familles qui ont lieu à Mexico et qui jouissent, pour les participants, de l’indulgence plénière. Que toutes ces manifestations et ces responsables persévèrent ! Il faut maintenir l’espérance. Il faut témoigner de la force de la vie conjointement à celle de l’amour qui sauve toujours. Plus que jamais, nos sociétés ont un urgent besoin d’entendre le « NON, ça suffit ! » crié à leur face, crié à la face de cette culture de mort.
De plus en plus d’évêques s’associent à la marche pour la vie en notre Eglise de France, mais c’est bien peu par rapport aux nombres d’évêques qui constituent notre hiérarchie. Quand aurons-nous la joie de voir des évêques participer à cette marche ? Faudra-t-il espérer encore longtemps ? Allons, allons Messeigneurs, courage ! Allez-y, vous grandirez en honneur, en liberté ! Cet honneur, cette liberté sont du Christ Jésus, ils appartiennent aux plus petits d’entre-nous, aux enfants avortés, ces promesses de sourires qu’on ne connaîtra jamais et qui nous manquent tant !
De l’Ecole Libre :
Mgr. Cattenoz a la réputation d’être un vrai pasteur, il n’hésite pas à dénoncer les faillites dues aux choix pastoraux antérieurs et si désastreux. Il a été accusé à tort de « communautarisme » par le Figaro – journal qui a su garder sa petite mentalité que dénonçait déjà un certain Léon Blois. Les médias s’étonnent que des évêques prennent au sérieux leur charge de pasteur et permettent à l’enseignement catholique de redevenir catholique, d’assumer sa mission et de reconquérir les espaces de liberté intra-muros laissés en jachère pour cause de choix idéologique ou par simple abandon. Nos établissements catholiques n’ont pas à craindre de s’affirmer. Il ne s’agit pas d’une reconquête à coup de sabre ou de goupillon, mais d’être simplement là où leur mission l’exige, sans complexe. On ne peut laisser nos enfants affamés de Dieu et de connaissance ; nous n’avons pas à demander l’autorisation aux pouvoirs publics pour donner du pain à ceux qui ont faim et non pas « une pierre ou un serpent. » Trop d’établissements scolaires sont des déserts spirituels et bien contant quand on n’y enseigne pas des données contraires à la foi. La cause n’est pas seulement du fait de l’ordinaire. Il y a des familles qui ne se soucient guère de la formation religieuse de leurs rejetons ; ils les confient à ces établissements pour assurer de bonnes études et promouvoir leur statut social. Elles exercent trop souvent des pressions exorbitantes, empêchant la transmission de la foi. Il arrive parfois que ce soit les enseignants qui s’y opposent parce qu’ils n’ont pas la foi. Il se pose également la question du recrutement des enseignants et autre personnel qui n’ont pas leur place dans ce cadre spécifique. On transforme alors ces établissements en boite à « bachot », des marchands de soupe ! Beaucoup de ces enseignants s’efforcent de trouver une place dans le privé par crainte du public qui est moins sécurisant. Ils se font alors une carrière pépère et les voilà rassurés. Il y a aussi le choix des chefs d’établissement qui devrait être plus sélectif, sévère, car trop souvent ceux-ci sont dans un certain désordre matrimonial et bien peu amène de comprendre la mission d’un établissement religieux… Certains établissements se font une réputation d’orgueil, ils n’hésitent pas à débarquer des élèves à l’approche des examens pour maintenir leur taux de réussite. On doit leur retirer le label catholique, s’ils refusent de s’amender. Qu’avons-nous besoin de conserver des lieux qui scandalisent et blessent la charité ?
Mgr. Cattenoz regrette la nature actuelle des contrats d’établissement, ils ne donnent plus la liberté du recrutement : « Le jour où nous l’avons accepté, nous avons vendu notre âme ! […], je crois que nous devons avoir l’audace de renégocier d’autres types de contrat, qui permettraient de recevoir moins d’argent qu’aujourd’hui, mais en retrouvant la liberté de choix de nos professeurs. […] Mais le secrétariat général de l’enseignement catholique ne veut pas en entendre parler. » Il faut aller jusqu’au bout ; pourquoi ne pas recréer des établissements sans contrat (de petites unités), financés pour moitié par les familles et l’autre moitié par le diocèse au moyen d’une fondation. L’Etat révèle le cancer d’une laïcité idéologique : puisque je finance, je recrute et fermez-là ! Non, tu finances parce que cela est un droit naturel et une obligation selon le droit onusien ; que tu contrôles ce qu’on fait des finances oui, que tu contrôles la qualité des enseignants oui, mais tu devrais ne pas avoir à te mêler du recrutement des enseignants, car dans ce cas, tu ne respectes pas la liberté d’enseignement ni confessionnelle. L’Etat veut toujours régenter ! Quelle légitimité a-t-il de le faire, de s’occuper de nos enfants, lui qui autorise qu’on les tue à leur conception ! Nos gouvernants n’ont à vrai dire plus aucune légitimité à nous gouverner, puisqu’ils enfreignent la loi morale naturelle, bien qu’ils n’aient pas reçu mandat pour cela.
Il est heureux qu’il y ait des pasteurs de l’Eglise qui agissent en toute liberté d’acte et de parole, sans se croire obligés de lever le petit doigt vers le secrétariat permanent de l’épiscopat qui n’a aucune autorité de fait sur les diocèses, au grand-damn de Mgr. L’archevêque de Paris… Sa présidence de l’Assemblée des évêques de France ne lui donne aucun pouvoir de fait sur ses confrères et chacun d’entre eux est libre d’agir et de parler pour l’intérêt du peuple qui lui est confié. Il importe peu si cette liberté offense le néo-gallicanisme ambiant. Les rhumatismes se soignent ! Tant pis, pour la nostalgie du dernier biberon ou de la dernière tétée.
Les Chrétiens du Vietnam :
Ce régime qui ne tient que par celui de la Chine reste ce qu’il est, une dictature qui ne semble rien comprendre à la dignité de l’homme et à ses droits. On ne devrait l’aider qu’à la condition qu’il respecte ses engagements ; puisqu’il est membre de l’ONU, il a signé la chartre, qu’il la respecte. Une dictature est toujours l’exercice d’un pouvoir concentré dans les mains de peureux, aussi l’idée qu’elle a de l’autre ne peut être que réductrice.
Nos frères et sœurs connaissent la persécution, il faut les soutenir, prier pour eux. Actuellement, en Inde, que l’on ose désigner comme la plus grande démocratie du monde – faites moi rire - dans les pays musulmans, sous les régimes communistes ou en Chine, des croyants sont persécutés, mais surtout des chrétiens, des catholiques… L’Eglise ne cesse d’enfanter dans le sang … Il faut prier pour nos frères et sœurs vietnamiens, car si dans nos sociétés de consommation, on arrive encore à respirer, c’est grâce à eux ; ils sont en grande partie les pourvoyeurs de notre oxygène spirituel. Pierre-Charles Aubrit Saint Pol
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| Mis à jour le Mercredi, 20 Mai 2009 14:02 |

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