

| Meditation de la bible |
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| Écrit par Pierre-Charles Aubrit Saint Pol |
| Mardi, 10 Mars 2009 00:00 |
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LA CREATION : LE BING BANG ![]() LES MEDITATIONS DE LA BIBLE
Les méditations de la Sainte Bible qui vous sont proposées demeurent soumises à l’autorité du Magistère[1]. Elles ne sont pas un exposé scientifique. Elles ont pour seul objectif de vous faire entrer dans le projet de Dieu envers l’homme et toute la création. Elles sont de nature théologique et mystique. [Propriété exclusive de l’auteur, copie partielle ou totale interdite sauf autorisation.]
(L’auteur se soumet à l’autorité du Magistère et s’engage à apporter toute correction qu’il lui demanderait.) DU LIVRE DE LA GENESE[2]
La création :
« Au commencement Dieu créa le ciel est la Terre. La Terre était vide et déserte et les ténèbres étaient au-dessus de l’océan et l’esprit de Dieu se penchait au-dessus des eaux. » (Gn. I, v. 12)
Dieu est l’origine de tout ce qui est et existe. Seul, un Etre absolu, sans origine, d’une qualité inégalable peut vouloir à l’existence ce qui est hors de lui. Un pur esprit[3]. Dans l’ordre des catégories, nous devons distinguer le concept de qualité, car l’ordre spirituel est la qualité absolue, supérieure à l’ordre de la matière : une roche sculptée et supérieure à la roche brute. Les catégories inférieures supposent des catégories supérieures, c’est cela, pour moi, l’ordre de la qualité. Seule, une qualité supérieure à tout, sans origine, subsistante par elle-même peut appeler en sa présence des catégories inférieures. Dieu est la qualité absolue, inégalable, sans origine, et l’origine de toutes les autres catégories dont il ne dépend pas.
Tout vivant y compris l’humain sont des existants, tout simplement par ce qu’ils existent, ce sont des êtres. Mais parmi ces existants, il y a ceux qui sont une personne : la communauté des humains, morts à la Terre ou y vivant. Les anges, bien que de purs esprits, sont aussi des personnes[4]. Dieu, qui est l’Etre parfait, veut que l’homme soit à son image, à sa ressemblance ainsi que les anges. Il ne peut en être autrement pour ces derniers puisqu’ils voient Dieu tel qu’il est. Dieu donne au simple vivant l’animus, le souffle qui le fait vivre. Mais il accorde au meilleur des vivants, l’humanoïde, une âme « Anima », ce qui le fait devenir une personne, un homme[5]. La création matérielle induit les lois de la physique : l’espace, la densité, la longueur, la largeur, la profondeur, le poids et le temps. Toute la création physique, chimique est conditionnée par la notion de temps. C’est la raison pour laquelle, elle a une fin ordonnée. En effet, tout ce qui est quantifiable a un terme propre. Même si la création est bonne, elle n’est pas de la qualité de celui qui la crée. Elle lui est inférieure. En effet, c’est la qualité qui ordonne la matière qui est une quantité. Ce qui est mesurable, ne peut ordonner la qualité. C’est pourquoi le Christ-Jésus enseigne que la bonté, qui est en soit une chose juste, est inférieure à l’amour de charité qui consiste à aimer l’homme comme Lui l’aime, car Dieu est la qualité absolue, il appelle l’humain à lui devenir semblable. Dieu, la qualité par excellence, se trouve en dehors de toutes les lois de la création. Il n’y est pas soumis. Lui seul a fait sortir du néant, du vide originel, la matière. Il importe peu de savoir sous quelle forme elle fut créée à son origine, car ce dont il faut se convaincre et ce à quoi il faut croire, c’est que Dieu, la qualité indépassable, est le Créateur de tout ce qui est, et de tout ce qui possède l’être. Le créé est dépendant de la qualité, il ne saurait avoir son propre vouloir, ni être habité du moindre désir. Il ne peut avoir conscience de lui-même, ni de sa propre existence. Le genre humain et les anges sont les seuls vivants à avoir conscience de leur être, de leur personne. Ils ont conscience de vivre. Les ordres végétal et animal ont des besoins et sont instinctivement ordonnés, mais sans conscience, à la procréation. Le créé n’est pas agissant ni par ni pour lui-même. Il ne peut pas être agi par la notion ‘rigolarde’ du hasard pas plus que de celle de la nécessité. Mais qui donc serait à l’origine du hasard ? La réponse est dans le rire de l’âne. Le mot hasard est un mot d’origine arabo-hispanique, il désigne la chance et le jeu de dés. Il induit également le concept du risque. Le mot nécessité, d’origine latine, se compose de la négation né et cessis dérivé de cedere « marcher » : la notion de nécessité serait née de celle de l’immobilité. La nécessité est une réaction à l’immobilité qu’il faut contrarier, contredire par le mouvement. Qu’elle est donc cette logique qui fait présupposer une puissance désignée par les mots hasard et nécessité comme origine et cause de la création ? A moins que le hasard et la nécessité soient Dieu, la cause unique de tout ce qui est ! Il faudrait, dans ce cas là, que hasard et nécessité soient doués d’intelligence et concevoir au-dessus d’eux une sorte de (super-esprit hasardeux de la nécessité accidentelle) Et tous les ânes de la terre viennent d’être exterminés par le hasard nécessaire d’un fou-rire…
La matière n’ayant aucune qualité morale n’a pu surgir de son propre mouvement, ni subir les assauts d’un hasard sourcilleux comme le Père la Pivoine sorti de l’ombre de ses choux ![6] Nous verrons que, sans tomber dans le délire créationniste, en suivant par la raison le déroulement des actes de Dieu relatés dans le livre de la Genèse, que Dieu est bien l’origine de tout ce qui existe et de toute créature. Et peut-être parviendrons-nous à rejeter les aliénations idéologiques qui entravent encore le libre mouvement de notre faculté de comprendre sans qu’il ne se trouve plus d’opposition entre foi et raison, entre foi et science. Chacun remis à sa place aidera à mieux comprendre la proximité de Dieu, bien plus proche que notre propre carotide[7]. « Or la terre était un chaos, et il y avait des ténèbres au-dessus de l’Abîme, et l’esprit de Dieu planait au-dessus des eaux. » (Gen. I, v.2) Ce verset confirme le premier : le ciel et la terre sont créés en brut. L’ordonnancement de la création va dépendre du quadruple besoin (nécessité) que sont la terre et le ciel, l’homme et l’Incarnation de Dieu. J’ai écrit plus haut sur la notion de qualité, aussi convient-il de se demander si le ciel, dont il est ici question, est celui que nous contemplons de la terre ou le lieu que nous nommons pour désigner le monde des esprits angéliques et le siège de Dieu ? Le rédacteur de ce livre n’a-t-il pas voulu nous indiquer que le monde des esprits fut créé avant le monde matériel ? Car nous le savons, Dieu ordonna aux anges d’exécuter notre univers quantifiable. Les anges unis parfaitement à Dieu, doués d’une intelligence que nous ne pouvons comprendre, sont ses collaborateurs pour exécuter sa pensée. La seconde partie de ce verset semble le confirmer : « …et l’esprit de Dieu planait au-dessus des eaux. »
Dans la première partie du verset, la terre est l’objectif, la raison d’être de toute la création : elle existe en un chaos, seule dans les ténèbres. Les eaux dans ce passage sont-elles des eaux physiques ou s’agit-il des puissances que Dieu a établies, les anges? Car quelle raison l’esprit de Dieu a de planer au-dessus des eaux physiques, pourquoi pas au-dessus de la terre en chaos ? Pourquoi cette précision du rédacteur inspiré ? Si la Bible n’est pas en soi un précis scientifique, la description méthodologique de l’acte créateur a un sens[8] ! Ce verset, à lui seul, contredit la proposition du hasard et de la nécessité comme cause du créé. Il y a en lui la notion de solitude, car la terre apparaît comme unique élément matériel au milieu des ténèbres. Sa distinction est celle de cette solitude. Elle s’impose comme une condition première pour accueillir Dieu, pour recevoir sa grâce, sa puissance et s’accompagne de la notion de silence. Silence et solitude ne sont-ils pas les conditions utiles et nécessaires à la vie spirituelle ? Ce verset renforce l’idée d’une vocation privilégiée de cet astre : recevoir le vivant, l’homme et enfin Dieu.
« Dieu dit : « que la lumière soit », et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière des ténèbres. Dieu appela la lumière « jour », et les ténèbres, il les appela « nuit ». Il y eut un soir, il y eut un matin : premier jour. » (Gen. I, 3-4)
Le premier jour est celui où Dieu crée la lumière qu’il sépare des ténèbres. Ainsi, ce qui le précède n’est pas un « jour », mais un début original. Mais une question s’impose : les notions de temps et d’espace coexistent dès l’apparition de la matière. C’est une première portée musicale qui permettra le développement de la symphonie. Une gestation. Même, si on ne considère pas la Bible comme un recueil scientifique, une telle précision dans ce récit ne peut-être le fait du hasard ni la conséquence de l’hébreu archaïque. Sans remettre fondamentalement en cause la théorie du big bang, peut-être serait-il honnête et prudent de ne pas en faire une autorité absolue. La création de la lumière[9] est si importante qu’elle constitue le premier jour. Elle est le premier élément qui ordonne la création. Sans lumière, il n’y a pas de vie. Or, Dieu est lumière et vie. La lumière est le premier jour, le dernier étant celui réservé au vivant et à l’homme. L’homme sera le grand bénéficiaire de cette lumière. En lui habite la lumière de l’esprit de Dieu par le don de l’âme ; pour son corps, il vit de la lumière physique. Il ne peut se soustraire à l’une ou l’autre sans mourir… : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Par lui tout a paru, et sans lui rien n’a paru de ce qui est paru. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtées. » (Jn. I, 1-4) L’Incarnation de Dieu vient rappeler à l’homme qu’il est destiné à la lumière et à la vie éternelle. Les ténèbres, en dehors des lois physiques, seront constitutives du péché de l’homme que seule la lumière de la grâce peut chasser.
« Dieu dit : « Qu’il y ait un firmament entre les eaux et qu’il sépare les eaux avec les eaux. » Il en fut ainsi : Dieu fit le firmament et il sépara les eaux qui sont au-dessous du firmament d’avec les eaux qui sont au-dessus du firmament. Dieu appela le firmament « ciel ». Il y eut un soir, il y eut un matin : deuxième jour. Dieu dit : « Que les eaux de dessous le ciel s’amassent en un seul lieu et qu’apparaisse ce qui est sec. » Il en fut ainsi : ce qui était sec, Dieu l’appela « terre », et l’amas des eaux, il l’appela « mers », Dieu vit que cela était bon. (Gen. I, 6-10)
Le second jour est celui de l’eau. Le lundi est, pour nous chrétiens, le second jour de la semaine, traditionnellement celui des lessives[10]. L’eau est tout aussi nécessaire que la lumière pour la vie physique : le corps n’est-il pas fait de 85% d’eau. Après sa naissance, avant sa vie publique, Jésus va à la rencontre de Jean le Baptiste pour se faire baptiser : « Le lendemain, il aperçoit Jésus qui venait vers lui, et dit : « Voici l’agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. C’est celui pour lequel moi j’ai dit : après moi vient un homme qui est passé devant moi, parce que avant moi, il était. Et moi je ne le connaissais pas, mais pour qu’il fût manifesté à Israël, voilà pourquoi je suis venu, moi, baptisant dans l’eau. » Et Jean témoigna, en disant : « J’ai vu l’Esprit descendre, comme une colombe, venant du ciel, et il est demeuré sur lui. » (Jn. I. 29-32) « Or, en ces jours là, Jésus vint de Nazareth de Galilée et il fut baptisé dans le Jourdain par Jean. » (Marc. I, 9) L’eau, élément de la vie est pareillement celui de la purification - le feu l’est également, mais il purifie par la destruction – alors que l’eau exprime la purification par la miséricorde, l’amour de charité allant jusqu’au don de sa vie pour l’amour de l’autre : « Arrivés à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes, mais l’un des soldats, de sa lance, lui piqua le côté, et il sortit aussitôt du sang et de l’eau. » (Jn. XIX, 33-34). Mais avant cet événement, l’eau au temps de Noé servit à Dieu pour purifier la terre d’une humanité dégénérée, mais il s’en repentit… Et il prendra sur lui le péché de l’homme, « il se fera péché ». Ni la lumière ni l’eau n’ont été liés directement ou indirectement dans l’exécution du péché originel. Certes, ce péché est de nature spirituelle, mais le narrateur n’utilise pas ces deux éléments. Toutefois, on les retrouve utilisés dans les concepts de justice et de salut de l’homme ; à contrario leurs opposés illustrent la damnation : ténèbres et feu. Si à l’évidence, le rédacteur de ce livre et tous les autres qui suivront se sont inspirés de mythes venant des cultures environnantes pour faire comprendre l’œuvre de Dieu, ils n’ont été utilisés que par un besoin pédagogique. Ils n’ont jamais été pris pour vérité en eux-mêmes. Le récit de la création de la lumière et de l’eau l’illustre clairement.
« Dieu dit : « Que la terre produise de la verdure, de l’herbe portant semence, des arbres fruitiers donnant, selon leur espèce, des fruits qui ont en eux leur semence, sur la terre. » Il en fut ainsi : la terre fit sortir la verdure, de l’herbe portant semence selon leur espèce, et des arbres donnant des fruits qui ont en eux leur semence, selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon. Il y eut un soir, il y eut un matin ; troisième jour. » (Gen. I, 11-13) – « Au jour où Yahvé Dieu fit la terre et le ciel, il n’y avait encore sur la terre aucun buisson des champs, et aucune herbe des champs n’avait encore poussé ; car Yahvé Dieu n’avait pas fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait pas d’homme pour cultiver le sol. Mais un flot montait de la terre et arrosait toute la surface du sol. » (Gen. II, 4-6)
Le troisième jour est celui du premier vivant : le végétal. C’est le premier ordre dans l’ordre du vivant, mais le second dans celui de la création, le premier est l’ordre minéral. Comment une telle description méthodique de l’exécution de la création pourrait-elle illustrer voire confirmer la notion du hasard et de la nécessité ? L’Ancien Testament et le Nouveau Testament sont des écrits inspirés, saints auxquels il faut donner sa foi. Dieu prépare pour la venue de l’homme sa demeure naturelle, témoin et manifestation de sa Gloire. Une création qui est l’image d’une réalité supérieure.
« Dieu dit : « Qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel pour séparer le jour de la nuit ; qu’ils servent de signes pour les époques, les jours et les années, et qu’ils servent de luminaires, le grand luminaire pour présider au jour, le petit luminaire pour présider à la nuit, et aussi les étoiles. Dieu les plaça au firmament du ciel pour éclairer la terre, pour présider au jour et à la nuit, et pour séparer la lumière des ténèbres. Dieu vit que cela était bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : quatrième jour. » (Gen. I, 14-19)
Dieu se prépare à appeler à la vie l’homme et la femme comme prince et princesse. Toute sa création est faite avec grâce, beauté, pour les honorer et pour approcher l’idée de la Gloire de Dieu afin qu’ils lui rendent grâce. L’homme, par sa science, va rendre action de grâce : parmi ses principales préoccupations rationnelles, ne cherche-t-il pas très vite à distinguer les jours, les saisons ! N’établit-il pas rapidement un calendrier ! N’institue-t-il pas des rites marquant les cycles et périodes astronomiques ! Le concept de la temporalité s’impose comme une donnée universelle qui préoccupe les tribus les plus reculées qui les poussent à honorer la divinité. Les sociétés les plus primitives se comportent sur le sujet comme si leur approche de la création était ontologiquement pincée dans les mâchoires d’un étau par une inquiétude métaphysique… La préoccupation du temps dans toutes les sociétés ne rejoint-elle pas celle de l’éternité de la vie, le mystère de la mort, l’obsession de l’immortalité … ?
Dieu dit : « Que les eaux pullulent d’un pullulement d’êtres vivants, et que des oiseaux volent au-dessus de la terre à la surface du firmament du ciel. » Dieu créa pullulent, selon leur espèce, et toute la gent ailée, selon son espèce. Dieu vit que cela était bon. Dieu les bénit, en disant : « Fructifiez-vous et multipliez-vous, remplissez les eaux dans les mers, et que les oiseaux se multiplient sur la terre. » Il y eut un soir, il y eut un matin : cinquième jour. » (Gen. I, 20-23) les grands monstres marins et tous les êtres vivants qui se meuvent et dont les eaux ».
Le cinquième jour est consacré à une nouvelle phase de l’embellissement de la création, mais pas seulement. En effet, ces versets peuvent-être considérés comme la preuve raisonnable de la théorie de l’évolution. On ne peut pas faire l’impasse sur la progression du vivant. L’ordre végétal en est la première manifestation, la seconde pourrait fort bien être celle décrite par le rédacteur du livre de la Genèse. La théorie de l’évolution se trouve renforcée par le fait que l’exécution de l’œuvre de la création ait été confiée aux anges.[11] Ces étapes du vivant ont, en plus de leur rôle d’embellisseurs, celui de préparer la venue de l’homme et de la femme. Nous parlons ici de biologie, d’environnement ; à toute fin utile, nous soulignons que la Genèse ne décrit pas la nature en vert ni en rouge, étonnant, non !
« Dieu dit : « Que la terre fasse sortir des êtres vivants selon leur espèce : bestiaux, reptiles, bêtes sauvages, selon leur espèce. » Il en fut ainsi : Dieu fit les bêtes sauvages selon leur espèce, les bestiaux selon leur espèce, et tous es reptiles du sol selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon. » (Gen. I, 24-25) – « Yahvé Dieu dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je veux lui faire une aide qui lui soit assortie. » Yahvé Dieu façonna du sol toutes les bêtes des champs et tous les oiseaux du ciel, […] » (Gen II, 18-19)
« Les vivants issus de la terre », cette précision marque une nouvelle étape dans l’ordre de la manifestation du vivant. Elle ne se trouve que dans les versets 24-25, ce qui peut être une piste de réflexion. Elle pourrait signifier que les poissons et les oiseaux peuvent avoir un tronc commun qui ne serait pas directement issu de la terre, mais de l’eau[12]… On peut être certain que cette précision apportée par le rédacteur a un sens, une signification singulière pour la compréhension de ce qui suit. Elle pourrait donner raison au postulat de l’évolution des espèces « l’ornithorynque et le pingouin, le manchot, le poisson volant en sont peut-être les témoins. » La terre n’est plus une étendue physique de solitude, elle est animée par la présence de l’ordre animal. Le rôle des êtres vivants issus de la terre n’est pas seulement celui d’un embellisseur, mais surtout pour une mission préparatoire à la venue du genre humain. Je suis convaincu, compte tenu des connaissances amassées sur le sujet, que l’homme est la forme achevée de l’évolution de l’espèce animale issue de la terre. Il suffit pour s’en convaincre de réfléchir à l’adaptation des mains antérieures qui sont progressivement devenues nos pieds. L’étude du pied de l’homme montre une atrophie de ce point du squelette, la conséquence de la position debout. On note aussi que ces animaux sont créés pour habiter la solitude de la terre, mais également celle de l’homme. Les animaux de la terre sont des compagnons de vie même si un grand nombre d’entre eux nous nourrissent. Rien ne s’oppose à penser que les diverses étapes du monde animal ont servi d’ouvriers naturels pour préparer la terre à la venue de l’homme. Leur brutale ou progressive disparition pourrait être tout simplement une fin de mission ; il fallait passer à un autre âge.
La création de l’homme : « Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur les bestiaux, sur toutes les bêtes sauvages et surtout les reptiles qui rampent sur la terre. » Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il les créa. Dieu les bénit et Dieu leur dit : « Fructifiez et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez –la ; dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout être vivant qui rampe sur la terre. » Dieu dit : » Voici que je vous donne toute herbe portant semence à a surface de toute la terre, et tout arbre qui a en lui fruit d’arbre portant semence ; cela vous servira de nourriture. Et à toute bête sauvage, à tout oiseau du ciel, et à tout ce qui rampe sur la terre et qui a en lui âme vivante, [je donne] toute herbe verte en nourriture. » Il en fut ainsi. Dieu vit tout ce qu’il avait fait, et voici que cela était très bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : sixième jour. » (Gen : I, 26-31) – « Yahvé Dieu façonna l’homme, poussière tirée du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie, et l’homme devint un être vivant. […] alors Yahvé Dieu fit tomber une torpeur sur l’homme, qui s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. Yahvé Dieu bâtit en femme la côte qu’il avait prise de l’homme, et il l’amena à l’homme. L’homme dit : « Celle-ci, cette fois, est l’os de mes os et la chair de ma chair ; celle-ci sera appelée femme, car c’est d’un homme qu’elle a été prise, celle-ci ! » C’est pourquoi l’homme quitte son père et sa mère et s’attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair. Or tous deux étaient nus, ‘homme et sa femme, et ils n’en avaient pas honte. » (Gen : II, 21-25)
La création de l’homme et de la femme sont toujours sujets à controverse.
Deux théories s’affrontent, elles représentent deux conceptions de l’humanité, deux visions du gouvernement des hommes. Elles ont deux origines : l’une procède d’un fondamentalisme religieux, l’autre d’une démarche scientifique mêlée d’une approche philosophique matérialiste. Toutes les deux se figent dans la posture d’accusateur de l’une contre l’autre. La cause manifeste de cette attitude vient qu’elles ont dérivé en idéologie. Cette dérive idéologique s’explique par le contexte historique de l’époque. Elles émergèrent et s’affrontent dans une posture d’irréductibles. Nous sommes au XIXème siècle, lieu où surgit la philosophie matérialiste associée à une laïcité idéologique profondément antichrétienne et religieuse. En face d’elle, se dresse une Eglise rigidifiée dans un hiératisme aveugle, conséquence inévitable des persécutions de la révolution de 1789 et de la montée d’une culture sociale très antireligieuse. Cette culture se nourrit des problèmes socio-économiques induits par l’air industriel et l’exode rural. L’exode des ruraux se fait vers les centres urbains industrialisés. C’est un déracinement sociologique et culturel qui entraine un lent mouvement de déchristianisation, un désintérêt de la question religieuse associé à une ascension très lente du relativisme moral, contexte dans lequel vont très vite dominer les questions sociales et une approche nouvelle de la redistribution des richesses.
La religion chrétienne dans son ensemble tombe dans le piège du formalisme et du puritanisme anglo-saxon associé au jansénisme, élevant la morale et les conventions sociales au-dessus de la Charité, au-dessus de l’amour de Dieu et du prochain. Dans ces conditions, ceux qui en tiennent pour la théorie de l’évolution s’inscrivent dans l’idéologie de la contestation, rejoignent la culture révolutionnaire : ils sont de gauche. Les autres en tiennent pour un conservatisme pur et dur, ce sont les antirévolutionnaires, ils ne se rendent pas compte qu’ils rejoignent, de part leur méthode, la culture qu’ils combattent. Ils se disent de droite. Tous les deux évoluent dans une configuration idéologique radicale[13]. Ils rendent le débat impossible et handicapent pour longtemps les disputes de fond, allant, pour les évolutionnistes, jusqu’à refuser aux Eglises le droit ou la capacité à la raison[14]. Dans ce contexte, viendra très vite s’ajouter l’utilisation du darwinisme comme allié à la dialectique révolutionnaire communiste. Il en sera de même, mais inversement, pour les dictatures de droite ; ces deux régimes étant communément des régimes fascistes, c’est-à-dire négateurs de la dignité de l’homme, de sa liberté de conscience.
Darwin, citoyen anglais et athée, posera la question suivante : le récit de la Genèse sur la création est-il faut ? Pour lui, cela ne fait aucun doute, il s’efforcera de le démontrer. Ce sera son erreur ! Car d’office, il pollue sa démarche scientifique par une attitude délibérément idéologique. Il introduit, dans sa démarche scientifique, l’autorité stricto sensu de la Révélation, en terme dogmatique, auquel il ne comprend rien. Sa démarche scientifique, son discours seront accueillis comme une démarche d’hostilité antireligieuse et bien sur, anti-judéo-chrétienne[15]. Il tentera de démontrer que l’homme est le résultat d’une évolution liée au hasard et à la nécessité. Ce point précis est faux ! Pour autant, là où il a raison, c’est qu’il y a bien évolution du corps animal.
Comment l’homme pourrait n’être que le fruit du hasard et de la nécessité ?
La matière n’est pas intelligente, elle n’a pas conscience d’elle-même. Comment pourrait-elle désirer et avoir sa volonté propre pour générer des micros organismes qu’elle ordonnerait en vue de devenir homme ? Nous savons que cela n’est pas possible, car pour que cela arrive, il a fallu que la matière soit informée, qu’elle soit ordonnée par une intelligence qui ne peut que lui être extérieure.
Comment l’animal ou hominidé homo sapiens (néanderthalien) a pu subitement devenir homo sapiens sapiens, c’est-à-dire l’homme d’aujourd’hui, celui qui a conscience de lui-même ?
Depuis quand, l’animal peut-il se saisir de l’intelligence ? Car rien jusqu’à l’homme - homo sapiens sapiens – ne soutient que la matière, fusse-t-elle vivante, soit par elle-même capable de volonté. Nous savons que, quand bien même le néanderthalien se fabriquait des outils rudimentaires liés à la nécessité de l’instinct, il n’avait nullement conscience de lui-même, car il n’honorait pas ses morts[16]. Or, le rite funéraire est l’affirmation que l’homo sapiens sapiens a conscience de lui-même, il sait, qu’il est une personne. Il a conscience de se distinguer par rapport à toute la création et par rapport l’autre de nature identique[17].
Il est évident que l’homo sapiens sapiens est le résultat d’une intervention extérieure, une intervention procédant d’une volonté à la qualité indépassable, absolue : Dieu.
Les tenants actuels de la théorie pure et dure de Darwin recherchent le maillon manquant qui ferait le lien entre le néanderthalien et l’homo sapiens sapiens. Vaine recherche ! Cela ne se trouvera jamais, car il n’y en a pas. L’homo sapiens sapiens rompt avec l’animal radicalement dès l’instant où Dieu introduit l’anima – l’âme – lui conférant ainsi l’intelligence qui s’exprime par la prise de conscience de sa propre existence. Il prend alors conscience qu’il est une personne, un être réfléchi. L’homme et la femme que nous sommes aujourd’hui, l’étaient à l’instant même où l’âme fut introduite dans le plus perfectionné des hominidés, c’est-à-dire le néanderthalien – l’homo sapiens -. Pour appeler l’homo sapiens – néanderthalien – à être homme – homo sapiens sapiens -, il fallait amener l’hominidé à un certain degré de perfection pour que l’homme assimile ce qui, jusque là, n’était que de l’instinct. La modification ne s’arrête pas là. Dieu intervient deux fois comme Créateur pour distinguer l’homme de l’animal : il crée l’oscilliac ce qui lui donne la faculté de parler et déplace les organes génitaux de la femme, afin que le masculin et le féminin puissent s’accoupler face à face ce qui est une différenciation significative avec l’animal.
Les opposants à la théorie de l’évolution, soutiennent que l’homme et la femme furent créés abrupto sans liens avec l’animal et les plus radicaux d’entre eux croient dur comme fer que la femme soit réellement issue de la côte d’Adam (théorie de l’androgynat, condamnée par le Magistère et que rien ne prouve, pas même les accidents de nature que nous pouvons observer.)
Les recherches actuelles, dans tous les domaines des sciences ayant des liens avec l’origine de la vie, tendent à confirmer la théorie de l’évolution qui, débarrassée des infestations idéologiques, ne s’oppose nullement à la Révélation chrétienne. Il est vrai qu’adhérer même prudemment à cette théorie, c’est enlever toute raison d’orgueil à l’homme et j’en suis bienheureux. L’homme est fait à l’image et à la ressemblance[18] de Dieu, il a pour nature profonde et vocation à lui devenir semblable, c’est-à-dire humble ! Quelle finalité et certitude joyeuses !
Les tenants du créationnisme se retrouvent dans les courants intégristes et fondamentalistes, déviance psychologique que l’on observe également chez les tenants du darwinisme. Ils sont tous les deux aliénés par une posture idéologique ce qui n’a rien à voir avec la dignité de l’homme pas plus qu’avec l’accueil de la Vérité.
« Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, […] Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il les créa. […] « Yahvé Dieu façonna l’homme, poussière tirée du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie, et l’homme devint un être vivant. […] alors Yahvé Dieu fit tomber une torpeur sur l’homme, qui s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. Yahvé Dieu bâtit en femme la côte qu’il avait prise de l’homme, et il l’amena à l’homme. L’homme dit : « Celle-ci, cette fois, est l’os de mes os et la chair de ma chair ; celle-ci sera appelée femme, car c’est d’un homme qu’elle a été prise, celle-ci ! »
Les deux traditions qui relatent le récit de la création malgré qu’elles diffèrent entre elles, justifient-elles que l’on puisse croire au créationnisme ? On ne peut pas, pour y répondre, ignorer les découvertes scientifiques, - il s’agit ici de faire acte de rigueur intellectuelle -. Ce passage : « Yahvé Dieu façonna l’homme, poussière tirée du sol,… », n’est pas en contradiction avec la théorie de l’évolution. Il est certainement question ici d’une vérité originelle : l’ordre animal terrestre est issu d’un micro organisme aquatique et d’acides animés issues de la terre. La précision donnée dans ce verset n’induit pas que l’homme soit une création indépendante de l’évolution animale, bien au contraire, j’y vois personnellement une confirmation.
Certains interprètent la création de l’homme, non au sens générique de l’humanité, mais comme premier dans l’ordre du couple, faisant de la femme son inférieure. C’est une proposition erronée qui est condamnée implicitement par le Magistère qui définit comme étant de foi le monogénisme : « L’humanité procède d’un seul couple originel ». Le verset suivant ne peut pas être compris au sens littéraire : « …alors Yahvé Dieu fit tomber une torpeur sur l’homme, qui s’endormit. Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. Yahvé Dieu bâtit en femme la côte qu’il avait prise de l’homme, et il l’amena à l’homme. L’homme dit : « Celle-ci, cette fois, est l’os de mes os et la chair de ma chair ; celle-ci sera appelée femme, car c’est d’un homme qu’elle a été prise, celle-ci ! ». Il exprime la commune dignité de l’homme et de la femme en tant que masculin et féminin, et sous-tend l’indissolubilité du mariage qui n’est pas un sacrement donné par l’Eglise, mais que se donnent mutuellement les époux. Le sacrement est issu du don mutuel qu’ils se font librement l’un à l’autre. Ce que rappellera Jésus : « Et, s’avançant, des Pharisiens lui demandèrent s’il était permis à un homme de renvoyer sa femme : c’était pour le mettre à l’épreuve. Répondant, il leur dit : « Que vous a commandé Moïse ? » Ils dirent : « Moïse a permis d’écrire une lettre de séparation et de répudier. » Jésus leur dit : « C’est eu égard à votre dureté de cœur qu’il a écrit pour vous ce commandement, mais dès le commencement de la création, mâle et femelle Il les fit ; à cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, et les deux deviendront une seule chair. De sorte qu’ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu à uni, que l’homme ne le sépare pas. » (Marc 10, 2-9) Il y a ici un point rarement enseigné et qu’il faut considérer à la lumière des fins dernières et selon l’ordre mystique, c’est-à-dire en considérant l’union du Corps Mystique du Christ. L’union affective et sexuelle entre un homme et une femme, (l’union libre) en dehors de la reconnaissance canonique du sacrement du mariage, constitue en soi un engagement majeur que les deux se donnent et qui est, en cette qualité, pris en compte par Dieu au moment du jugement individuel. Aussi, on ne peut considérer à la légère de telles unions, car dès qu’elles sont contractées dans un consentement mutuel, elles mettent en œuvre la sponsalité, un lien mystique qui les relie spirituellement. Ce lien « sponsalité » semble être contenu dans cet extrait : « L’homme dit : « Celle-ci, cette fois, est l’os de mes os et la chair de ma chair ; celle-ci sera appelée femme, car c’est d’un homme qu’elle a été prise, celle-ci ! » ; « mais dès le commencement de la création, mâle et femelle Il les fit ». Nous voyons ici toute l’importance que constitue un tel engagement. Ce passage est significatif de la commune nature de la femme et de l’homme ; la différence sexuelle et psychologie propre à chacun ne constitue pas une raison réductrice de la femme. Il s’agit d’une complémentarité liée à la mission de répandre la vie, de la communiquer, car la substance de la femme et de l’homme est dans leur finalité : devenir semblable à Dieu. Tous les deux y sont appelés dans une égalité de droit parfait.
On a vu réapparaître avec le New Age des courants issus de la gnose qui reprennent à leur compte l’idée d’un homme original, idéal, parfait : l’androgyne. Cette errance vient du Banquet de Platon qui ne fait que rapporter une vieille tradition. Elle n’a aucun fondement scientifique, ni théologique. Il n’est pas impossible qu’elle soit le véhicule du monde païen pour exprimer l’intuition d’une unité originelle de l’humanité, un reliquat de la tradition adamique pollué par les mythes. Mais l’accumulation des connaissances aujourd’hui ne permettent pas d’y porter le moindre crédit.
L’Eglise nous demande de tenir pour vrai cinq points :
1- Adam et Eve sont un homme et une femme.
2- Leur âme fut crée immédiatement par Dieu (et non par évolution.)
3 - Ils ont été créés avec une grâce unique de présence de Dieu et d’harmonie, de sagesse : la grâce originelle. Adam et Eve étaient des sages, sachant leur destin éternel.
4- Ils ont péché par orgueil. Et ce péché n’est pas sexuel.
5- Suite à ce péché, Dieu s’est effacé de leur monde conscient, et avec Dieu, l’harmonie qui venait du rayonnement de sa présence (la grâce originelle). Le mal, la dysharmonie psychique, la maladie biologique et la mort son entrés dans leur vie et par suite dans celle de leur descendance.
Il faut entendre ce que nous enseigne l’Eglise par son Magistère. Il y a une faute grave, une faute d’orgueil d’ignorance volontaire à refuser la Vérité et l’enseignement qui permet de remonter jusqu’à elle.
« Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur les bestiaux, sur toutes les bêtes sauvages et surtout les reptiles qui rampent sur la terre. » […] dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout être vivant qui rampe sur la terre. » Dieu dit : » Voici que je vous donne toute herbe portant semence à a surface de toute la terre, et tout arbre qui a en lui fruit d’arbre portant semence ; cela vous servira de nourriture. » « Yahvé Dieu façonna du sol, toutes les bêtes des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les amena à l’homme pour voir comment il les appellerait : le nom que l’homme donnerait à tout être vivant serait son nom. L’homme appela de leur nom tous les bestiaux, les oiseaux du ciel et toutes les bêtes des champs ; mais pour l’homme il ne lui trouva pas d’aide qui lui fut assortie.» (Gen. II, 19-20)
Dieu, avant d’appeler l’homme et la femme à la vie, crée les ordres minéral, végétal et animal, c’est là l’ordre qu’il établit et que nous devons tenir pour vrai. La création de l’homme apparaît en dernier lieu, elle en est la conclusion naturelle. Les trois ordres se retrouvent en l’homme, son corps est composé avec équilibre de tout ce qui les fait[19]. On peut donc affirmer que toute la création qui précède la venue de l’homme et de la femme, leur est ordonnée et qu’ils en sont l’accomplissement. Mais il s’agit également d’une rupture, l’humain n’est pas un animal, et il ne peut être asservi à la nature, à la création. Il lui est intégralement supérieur, même si les lois du vivant sont en grande partie communes à l’ordre animal pour ce qui est de la vie du corps. L’homme et la femme sont établis princes de la création. Cet accomplissement n’est pourtant pas la fin, c’est la marque de leur vocation naturelle. Ils doivent dominer sur elle : « Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur les bestiaux, sur toutes les bêtes sauvages et surtout les reptiles qui rampent sur la terre. » - « Yahvé Dieu façonna du sol, toutes les bêtes des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les amena à l’homme pour voir comment il les appellerait : le nom que l’homme donnerait à tut être vivant serait son nom. L’homme appela de leur nom tous les bestiaux, les oiseaux du ciel et toutes les bêtes des champs ; mais pour l’homme il ne lui trouva pas d’aide qui lui fut assortie.» Ces versets ne laissent aucun doute à ce sujet, l’homme a été fait différent de l’ensemble des ordres pour asservir la création, toute la création. C’est sa mission naturelle et morale propre à sa dignité. Cette distinction est la source constitutive de sa prise de conscience qu’il existe distinctement et en communion avec la création. Sa domination sur la création est si exacte que l’Eglise nous enseigne qu’au grand jugement, l’homme jugera les anges sur lesquels il sera élevé.
La confirmation de sa mission naturelle et morale à dominer l’ensemble de la création se révèle dans l’épisode où, selon le rédacteur de la Genèse, l’homme et la femme sont appelés à la sceller en imposant un nom aux êtres : « […] le nom que l’homme donnerait à tut être vivant serait son nom. L’homme appela de leur nom tous les bestiaux, les oiseaux du ciel et toutes les bêtes des champs… » Ce passage peut être considéré comme la mise en fonction du don de la parole, capacité qui le distingue de l’animal. Nous savons, depuis la découverte de l’enfant sauvage trouvé dans la forêt du Massif Central au XIXème siècle, que l’homme ne peut parler que s’il entend parler autour de lui, dans une proximité affective. On peut raisonnablement penser, que le premier couple se trouva dans la situation de devoir entendre parler pour que lui-même use de cette fonction et qu’ainsi, il la transmette aux générations suivantes.
Il existe sur ce sujet la proposition suivante : le premier couple était si intelligent qu’il pouvait de par le don de Dieu parler de lui-même sans assistance. C’est une proposition qui peut être retenue, mais pour autant et faute d’apporter des arguments scientifiques suffisants, il est tout à fait raisonnable de s’en tenir au bon sens, et envisager que l’épisode de l’imposition du nom sur l’ordre animal constitua la mise en œuvre de la faculté de la parole, du langage. Certes, cette dépendance de l’homme par rapport à Dieu peut heurter les esprits suffisants et chagrins, mais aujourd’hui, rien ne vient raisonnablement contredire cette proposition… Alors, sachons humblement accepter le bon sens sur ce point ! Je considère personnellement, que la mise en œuvre de la parole est l’un des éléments majeurs qui prouvent bien que la création a pour cause une qualité supérieure à tout entendement que l’on nomme Dieu.
Revenons sur le statut princier de l’homme et de la femme quant aux ordres constitutifs de la création. Au risque plaisant de provoquer les humeurs vertes et rougeoyantes de nos amis les écologistes, et marchant gaiement à l’encontre de cette culture portée par le cinéma avec pour exemple : l’Ours ou le Grand Bleu ou bien encore les propos délirants quoique princiers du Prince Philippe d’Edinbourg : « L’homme sur la terre est une aberration pour la nature… » Il fallait oser ! C’est là le reflet d’une pensée particulièrement idéologique et profondément néo-fasciste. Un propos illustrant la domination de l’affect propre à notre époque sur toute raison dûment argumentée[20].
Si l’homme ne peut vivre dans la négation prolongée des lois de la nature, car il n’est que le gérant du bien qu’il doit dominer, il n’est pas vrai pour autant, qu’il doive, vis-à-vis d’elle, développer un sentiment de culpabilité au point de tomber au rang inférieur de sa dignité, de sa grandeur. L’humilité n’est pas le déni de ce qu’on est. Contre cette dérive décadente de notre civilisation qui témoigne de notre éloignement, de notre refus d’obéir au principe absolu d’une Vérité révélée, il faut raison gardée. Car si la création est dans un premier temps ordonnée à l’homme et à la femme, son ensemble qui inclut l’humanité est ordonné au Christ Jésus en vue de son Incarnation. En effet, lui seul est la mesure parfaite et accomplie de l’homme et de la femme, et c’est en lui que prend sens la création, puisqu’en lui l’histoire se récapitule et s’accomplit, et la création s’intègre en elle. La création est un constituant certes passif, mais bien réel de l’histoire. Tenons pour véridique que seul l’homme a une histoire.
Il est tout à fait légitime que les hommes s’interrogent sur la nécessité de respecter et de préserver le cadre naturel dans lequel il fut appelé à la vie. C’est un impératif moral et spirituel qui exige de repenser les principes de l’activité humaine, et sans aucun doute de reconsidérer les facteurs de la société de consommation. Il y va de la santé physique, morale et spirituelle des générations, mais il faut également garder à l’esprit que la terre n’est nullement la fin de l’homme, et que quoiqu’on fasse, tout ce qui est dans le temps, tout ce qui relève de la quantité est appelé à mourir, à disparaître. Car la fin de l’homme n’est pas à la ressemblance de la matière, mais à celle de Dieu qui est la qualité indépassable à laquelle il est appelé à ressembler, car il a été créé à cette fin… Une éternité de qualité semblable à celle de Dieu.
L’ordre donné à l’homme et à la femme de dominer la terre, de la soumettre suit celui qu’ils reçoivent de se multiplier au point de remplir la terre : « […] Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il les créa. Dieu les bénit et Dieu leur dit : « Fructifiez et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez la ; […] ». Ces deux impératifs qui fondent le droit moral et la loi morale naturels les lient à ce que désignera Jean-Paul II sous la formulation « d’écologie de la vie ». Ainsi, les tenants de l’écologie qui opposent, par principe idéologique, le respect de l’environnement à la supposée surpopulation, sont dans un grand désordre moral et spirituel. Mais qui s’en étonnerait ? Dans l’observation objective des problèmes environnementaux, il faut distinguer ce qui est de l’activité légitime de l’homme et ce qui relève des excès, du consumérisme. On peut, on est en train d’y parvenir, veiller à ce que l’activité légitime de l’homme soit la moins nocive pour sa vie en général. Mais, bien étrangement, nous assistons à une progression des effets néfastes liés à la surconsommation qui est proportionnelle à la pratique de l’avortement et qui s’aggravera avec la volonté persévérante de renverser l’ordre naturel établi par le Créateur.
L’avortement, comme toutes les autres lois qui touchent à la vie dans ses fondements naturels, n’est pas exclusivement de la seule dictature de la liberté individuelle, elle sous-tend également, une volonté économique tout aussi dictatoriale. L’homme veut à toute force la maîtrise absolue de son destin, de sa destinée[21]. Il veut jouir ici et maintenant de tout ce qui est légitime et de ce qui ne l’est pas. Il se crée des appétits, c’est le supplice de Tantale qu’il s’inflige, une prison d’appétences qui va au-delà de la satisfaction des sens naturels.
La liberté sans limites, l’enrichissement sans règles, tout ceci finira par se heurter au mur inexorable des limites humaines, et c’est là que se fera le plongeon dans la désespérance que l’on peut dès maintenant diagnostiquer. Les filles et les hommes de la terre veulent se dresser en surhommes, en dieux de leur liberté, refusant à quiconque le droit à intervenir, et bien qu’ils y aillent, qu’ils atteignent les sommets du blasphème. Il se pourrait même que Dieu se retire pour leur laisser toute liberté, et ce retrait serait encore de l’amour, car au bout, sa Miséricorde n’en sera que plus triomphante.
Le septième jour conclut l’œuvre de la création, c’est le jour de la croissance et du repos, c’est celui de la bénédiction. Toutefois, le sixième jour se conclut lui aussi en vue de cette bénédiction : « […] le nom que l’homme donnerait à tout être vivant serait son nom. L’homme appela de leur nom tous les bestiaux, les oiseaux du ciel et toutes les bêtes des champs… » Ce verset peut être considéré comme la première action de grâce que l’homme et la femme aient jamais rendue à Dieu. Car dans ce verset, comme dans celui-ci : « […] Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il les créa. Dieu les bénit et Dieu leur dit : « Fructifiez et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez la ; […] », et parce que l’homme et la femme terminent et accomplissent en eux la création, Dieu les associe à son œuvre. Il les élève au rang de collaborateurs de son acte créateur. Les voici maintenant ouvriers de Dieu dans l’action de grâce. Les voici prêtres ordinaires, car Dieu fait d’eux le lien entre lui et la création. Ils chantent la Gloire de Dieu doublement : par la parole, ils nomment les animaux et par leur travail. Ils honorent la création et se tiennent dans leur dignité propre qui les distingue à jamais de l’ordre animal.
L’homme, invité par son Créateur à nommer les créatures et sans doute l’ordre végétal, impose et exprime la réalité de sa souveraineté sur la création. Le voici définitivement établi prince de la terre, serviteur-souverain. Cette collaboration royale se scelle par l’acte de procréation. L’ordre de croître et de se répandre sur toute la surface de la terre fait de l’homme et de la femme des co-procréateurs, des collaborateurs réfléchis au don de la vie. Dieu leur demande de l’aider à se répandre, car il ne s’agit pas seulement de correspondre à une satisfaction animale, instinctive. Non, l’ordre de se multiplier touche à l’expansion de la Gloire de Dieu sur la terre, car l’homme vivant est la Gloire de Dieu.
Conclusion :
1- La création visible, sensible à nos cinq sens, est-elle selon le résultat des observations le fruit du hasard et de la nécessité ? a- Non, cela ne se peut, sauf à admettre, contre la raison, que la matière soit capable d’intelligence, de conceptualiser, soit capable de désir. C’est-à-dire qu’elle est conscience d’exister.
2- La création est-elle de la volonté d’une intelligence qui n’a pas d’origine en dehors d’elle-même et qu’on désigne par le Nom de Dieu ? b- Oui, car il est établi que la matière ne peut avoir souhaitée son existence, n’ayant pas conscience d’exister. Il convient d’admettre, qu’elle est le produit d’une volonté à la qualité indépassable, sans origine, qu’on appelle Dieu.
3- L’homme est la femme sont-ils en vérité créés à l’image de Dieu ? c- Oui, car ce qui distingue l’homme et la femme de l’ordre animal sont leur capacité à être conscients de leur existence. En conséquence, ils ne sont donc pas seulement des êtres vivants, mais deux personnes égales en dignité. Il faut donc croire qu’ils sont à l’image de leur Créateur.
4- Peut-on intégrer à notre foi le postulat que l’homme soit l’aboutissement d’une évolution ? d- Oui, à moins de nier à la science toute capacité à appréhender la création et à servir la vérité, le chrétien peut admettre ce postulat qui ne contredit en rien ni sa foi ni son espérance ni sa charité.
En conséquence, l’homme, par la simple observation naturelle de la création, peut et doit rendre grâce à Dieu. Il doit se reconnaître son sujet, ce qui l’oblige au respect du droit moral et de la loi morale naturels. Il doit se maintenir dans sa dignité résultant du dessein bienveillant de Dieu qui l’appelle à sa ressemblance, qui l’appelle à devenir comme Lui. S’il peut y tendre naturellement, il ne peut y parvenir qu’en accueillant la Révélation de son Nom qui est le Verbe fait Homme, Jésus-Christ, Fils Unique de Dieu incarné, né de la Vierge Marie.
[1] L’auteur s’engage à apporter toute correction demandée au nom de l’autorité du Magistère. [2] Le mot genèse veut dire ce qui est en tête, ce qui est premier, ce qui est l’origine. Le livre de la Genèse est le premier des livres de la Révélation, c’est lui qui fondent tous les autres livres, mais c’est l’Evangile qui en est la conclusion et qui éclaire l’ensemble de la Révélation. Les Livres Saints de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament ne furent pas des Livres rédigés sous la dictée de Dieu, mais inspirés contrairement au Coran qui est annoncé comme dicté par Dieu à Mahomet. [3] La qualité peut seule informer la quantité, la matière qui est ordonnée à la qualité. [4] En effet, l’ange est une personne au sens qu’il a sa propre personnalité, son caractère, c’est ce qui explique que certains d’entre eux aient pu refuser de servir Dieu qui envisageait de s’incarner. L’usage libre de la volonté induisant la capacité de faire un choix entre autre entre Dieu et soi-même, illustre bien que les anges, quoique de purs esprits, ont une personnalité propre, une individualité affirmée. [5] Le végétal et l’animal sont des existants, ce sont des vivants, ils ne peuvent être reconnus comme personne. [6] Conf. Manège enchanté. [7] « Ma fille, je suis plus proche de toi que ne l’est ta carotide. » Jésus à une âme privilégiée. [8] Selon F. Gombrette, la terre, dès sa création jusqu’au déluge, aurait été protégée d’un bouclier constitué exclusivement d’eau. [9] La lumière constituant le premier jour témoigne que c’est bien Dieu qui crée, qui est le Créateur. [10] Dialogue d’Audiard. « Lundi ! Tu vois, ça tombe bien, c’est le jour de la lessive ! (Le Pacha – 1968, Jean Gabin et Louis Seigner… » [11] La hiérarchie des créatures connues : Anges (esprits purs), Djinns (esprit + vie psychisme), hommes (esprit + psychisme + vie physique), animaux (psychisme + physique), plantes (vie physique), minéraux. Nous étions enthousiastes. Alors nous, les purs esprits, nous nous sommes organisés pour nous mettre au travail. Nous avons établi entre nous une hiérarchie en suivant les dons de notre nature. La hiérarchie des anges : Dieu, Son vicaire, « Porte-Lumière » ; Ses ministres : Chérubins, Séraphins, Trônes ; Ses ingénieurs et techniciens: Dominations, Vertus, Puissance ; Ses préfets et ses agents de terrain : Principautés, archanges, anges. Les Chérubins (Lumière-brillante), les Séraphins (feu-d-amour), et les Trônes (siège-de-la-Puissance) devinrent naturellement les ministres du Vicaire de Dieu, « Porte-Lumière ». Ils allaient à son conseil et recevaient ses connaissances. Ils étaient si proches de Dieu qu’ils recevaient de lui directement ses volontés. Ils étaient chargés d’organiser les tâches, comme le font les ministres des gouvernements humains. Au dessous d’eux, ils établirent des ingénieurs et des techniciens (les Dominations, les Vertus et les Puissances) qui devaient appliquer dans le concret de la matière les intentions générales de Dieu communiquées par Porte-Lumière. L’Ordre des Puissances a ordonné les lois physiques des différents univers. L’Ordre des Vertus fut à l’origine des milliards d’espèces animales. Quant à nous, Princes, Archanges et Anges, nous nous préparions à être chargés du concret, sur le terrain : veiller sur les planètes, sur les espèces animales, puis quand ils viendraient, sur les petits d’hommes. […] C’est un univers immense et si tu pouvais compter le nombre d’espèces animales qui ont existé depuis le début de l’univers, tu ne compterais pas encore le nombre des créatures spirituelles qui loueront Dieu pour l’éternité. (Extrait du livre Histoires du Ciel, d’Arnaud Dumouch, à paraître d’ici 2010)
[12] Il s’agit d’une hypothèse. [13] Ce qui est propre à la culture révolutionnaire. [14] Débat qui ressurgira en 2007 par une poignée d’intellectuels de la gauche italienne, elle s’opposera à la visite du pape Benoît XVI, qui propose et démontre la nécessité et la possibilité d’unir la foi à la raison, d’unir la foi à la science. [15] Cette attitude, peu soucieuse de rigueur, renforcera les hostilités, et fera perdre beaucoup de temps à une paisible et saine controverse, car toutes ses observations aussi justes soient elles, ne seront pas reçues par l’opposition. La théorie de Darwin demeure le soubassement de l’humanisme athée et jouisseur actuel, justifiant les décisions du législateur, votant des lois qui renversent le droit moral et la loi morale naturels. [16] On a trouvé des corps de néanderthaliens dans des tombes d’homo sapiens, sapiens ; nous en connaissons la raison, la cause et nous savons quel en fut le résultat : le Déluge de Noé ! Mais ceci n’infirme pas mon propos. [17] L’homme prend conscience qu’il est une personne par la relation sociale qu’il établit avec son prochain. [18] Lui devenir semblable, c’est être en mesure de le contempler dans la vision béatifique sans mourir ; « car nul ne peut voir Dieu et vivre sur cette terre ». Il est donc nécessaire pour lui devenir semblable, de devenir humble. [19] En effet, il est établi que dans certains cas, on aide le corps à se défendre contre certains déséquilibres par l’absorption d’oligoéléments minéraux : fer, argent, or, cuivre, magnésium… [20] C’est ce qu’on appel, une preuve éclatante de la décadence de notre civilisation et de la rétrogradation de l’homme face à sa dignité, à sa grandeur : une sorte de négation de ce qu’il est ontologiquement. C’est ce qui explique également que les écologistes soutiennent et défendent massivement la liberté d’avorter : des aveugles dirigent le monde aveugle de lui-même et satisfait. [21] Dieu pourrait bien le laisser aller jusque là, si pour le sauver, il ne voit d’autre issue que de le laisser tomber dans une effroyable désespérance, à cause de son orgueil. |
| Mis à jour le Samedi, 28 Mars 2009 23:16 |

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