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Wednesday 08th of September 2010    

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Doctrine sociale PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Pierre-Charles Aubrit Saint Pol   
Lundi, 27 Avril 2009 00:00
 
 
DU TRAVAIL DU DIMANCHE…
 
 
M. Hortefeux, ministre du travail ...
 

Et autres dispositions qui vont à l’encontre de l’intérêt de la famille

 
Les racines de la dérégulation sociale, une crise qui ne finira pas ! le mensonge du crédit et de la banque 
 

L’UMP aurait-il oublié ses origines gaullistes, tournerait-il le dos au social ? Où est donc passé le populaire du « P » de l’UMP, aurait-il été définitivement détrôné pour le « P » de People ?

 

La loi sur la réforme du repos dominical, la loi sur la réforme du congé parental de maternité, l’allégement des charges des entreprises concernant les Allocations Familiales. Est-ce une priorité ? Est-ce là une politique sociale ?

 

Je ne vois ni de sens, ni de raison à tous ces projets qui, dans une période aussi douloureuse, ne peuvent que contribuer à l’accroissement des inquiétudes auprès des plus fragiles. Et prétendre que c’est justement pour eux qu’il faut les faire, a quelque chose d’ubuesque… Il est quand même bien étrange que le pouvoir continue son programme - sous prétexte de promesses électorales - sans tenir compte de la réalité socio-économique que produit cette crise !

Je l’ai écrit, cette épreuve économique et sociale est une opportunité pour recentrer la politique de reformes sur les fondements naturels de la société dont le premier n’est rien de moins que la famille. Bien sûr, il y a des mesures d’urgences qui ont été prises et tout à fait justifiées ; mais elles ne doivent pas faire illusion, elles ne constituent pas en soi un progrès de justice.

Faute d’une doctrine qui se situerait entre le libéralisme et le capitalisme d’Etat, ces réformes sont des chardons enracinés dans un pragmatisme insaisissable…

N’y aurait-il pas là l’occasion, au contraire de tout ce qui se fait, de convoquer les partenaires sociaux et décideurs économiques et financiers pour un débat et une étude. Il déboucherait sur le renouvèlement ou la création d’une chartre sociale claire, bâtie sur une doctrine rafraîchie par le bon sens et le retour à la morale ?

 

Le capitalisme est une donnée existentielle à toute société un peu organisée, il n’est en rien illégitime. Aussi, plutôt que de laisser les amertumes s’accroître et venir nourrir des fonds idéologiques éculés, ne vaudrait-il pas mieux redonner sens à la vie économique et sociale en mettant résolument tout à plat ?

Cette demande raisonnable devrait permettre aux syndicats de retrouver une crédibilité et une légitimité émanant du peuple et non de la sollicitude d’un pouvoir dont le manque de bienveillance se dissimule à l’arrière du pragmatisme. Il y va de leur avenir. Il n’est pas bon qu’ils s’affaiblissent, pas plus qu’il ne serait souhaitable de les voir s’enfermer dans une protestation systématique sans donner de perspective réaliste à leur action.

Tous les responsables, tous les acteurs de notre société doivent veiller à donner des gages d’espoirs au peuple qui, désespéré, pourrait être tenté par des loups dévoreurs… Gardons-nous de le désespérer.

 

La loi sur le travail du dimanche, même si elle définit strictement les zones économiques, n’est pas indispensable. Il suffit d’agir pas décret, ponctuellement. Cet entêtement recouvre une finalité autre, soit on veut appliquer les recommandations de l’Union européenne qui interdit la désignation d’un jour de repos obligatoire, soit on nous prépare vers un ultra libéralisme dès que la situation s’en trouvera meilleure… C’est aussi la raison pour laquelle, je souhaite l’établissement d’une charte du travail et de l’économie propre à l’Union européenne. Quitte à lasser par ma répétition, cette chartre devra clairement introduire tous les fondamentaux naturels qui fondent une société d’hommes. La finalité de l’économie et du travail c’est l’homme et non pas l’inverse.

 

Qu’y a-t-il de si difficile à reconsidérer la vie économique et sociale, et initier une courageuse politique familiale et de la vie ?

Est-ce que nos élus ont vraiment conscience de leurs responsabilités ?

Où sont donc passés nos élus chrétiens ? Mais dans les obscures couloirs frissonnant du pouvoir en place ; et bien voyons ! :

 

 

"La méthode présentée par Brice Hortefeux convient pleinement à la situation [sic] : en réaffirmant sa volonté de respecter l’accord passé au sein de la majorité parlementaire au mois de décembre dernier [resic], et en annonçant qu’il souhaite prendre le temps de consulter les partenaires sociaux [tous opposés...], le Ministre marque sa volonté de respecter les équilibres [reresic] à tenir impérativement dans cette affaire. Il est vrai que les situations rencontrées par les entreprises aujourd’hui en situation de risque doivent être réglées [il faut donc légaliser l'illégalité...]. Et il est également vrai qu’aucune solution satisfaisante ne peut être trouvée au-delà de la simple régularisation de ces situations actuelles. Il faut donc rappeler la force du principe du repos dominical, et veiller à ce que le volontariat des salariés soit respecté aussi fortement que possible." (M. le député Poisson, UMP – FRS) Le député Poisson se couche !

 

Je ne doute pas un seul instant que M. Poisson, membre du parti que préside Me. Boutin, ne se soit impeccablement couvert d’écailles de la bonne conscience avec un rien d’onction évangélique.

Nous voilà revenu au temps des votes achetés, méthode toute démocratique dont aurait usée M. Giscard d’Estaing pour le votre de l’IVG : « vous votez ou je brise votre carrière ! » aurait-il dit à jean Lecanuet, (saint Jean Bouche d’Or)

 

Ce projet de loi est un non sens en termes de santé du travail, des intérêts de la famille, de l’équilibre éducatif et affectif des enfants, car inexorablement – parce que c’est l’esprit des lois françaises – cette loi sera élargie, deviendra une norme sociale. C’est ainsi, qu’on offrira un enterrement de première classe au repos dominical, sans doute trop chrétien pour une légion de crétins et de lâches…

 

J’espère que ceux qui, dans cette majorité, ont encore un peu de lucidité et d’honneur, seront taire leur amour-propre et voteront avec les élus de gauche contre ce projet de loi.

Les syndicats doivent ne rien céder là-dessus, s’ils veulent conserver un peu de leur crédibilité et de leur honneur. Si ce projet de loi est maintenu, il ne faut pas hésiter à proclamer une grève générale. Elle se justifierait si ce gouvernement ne la retire pas et pour toujours. Le repos dominical est une conquête majeure dans l’histoire de la justice sociale. Voyons qui tiendra debout contre un projet inique, un projet d’orgueil …

 

La rédaction vous informe que le commentaire du chapitre trois de la Genèse vient d'être édité dans la rubrique: Méditation de la Bible

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 
  DES VŒUX DU PRÉSIDENT SARKOSY
AU
CORPS DIPLOMATIQUE
 

A LA LUMIÈRE DE LA DOCTRINE SOCIALE DE L'ÉGLISE, 25 / 01 / 09

 

 
 
 

Introduction :

L’année 2009 est celle de tous les défis, de tous les dangers. La crise financière et économique, la multiplication des conflits locaux, la guerre sans solution entre Israël et le monde arabo-musulman, la déstabilisation récurrente des Etats africains font d’elle, le lieu du temps qui sanctionnera notre entrée dans le XXIème siècle. Certes, le 1er janvier 2000 ouvrit le seuil du troisième millénaire, nous y fûmes précipités par l’attentat du 11 septembre, mais cette année nous y fait réellement entrer. Il n’est plus question d’apparence ! Il n’est question que de souffrances et d’espoirs. Elle est un miroir dans lequel nos œuvres et leurs fruits s’animent comme des boomerangs en mouvement perpétuel.

 

Le discours du Président Sarkozy est radicalement différent dans son fond et dans sa forme que ceux de ses prédécesseurs ; nous sortons d’une certaine langue de bois et de tous les conformismes du genre. Mais cela est-il suffisant ? Il mérite que l’on s’y arrête, et qu’on l’aborde dans la double lumière du cœur et de l’esprit que sous-tend la Doctrine Sociale de l’Eglise qui n’est rien d’autre que la Doctrine au service du Bien-Commun, au service de l’homme intégral et de sa société toute entière. Il est nécessaire pour un citoyen chrétien d’appréhender les orientations politiques, les actes de gouvernement par l’enseignement doctrinal que lui offre l’Eglise par son Magistère.

 

 

1ère partie :

 

 

Une conviction a inspiré toute ma vie politique et m’anime depuis que les Français m’ont confié la première charge de l’Etat : je n’ai pas été élu pour m’incliner devant des fatalités. Du reste, je ne crois pas à la fatalité.

 

La première phrase comporte une contradiction de taille, la conviction dont il est question, est-elle née dès le début de sa carrière politique ou depuis son élection à la présidence ?

 

Il est dans la culture occidentale de ne point s’incliner devant le concept de fatalité et de ne point y croire : le mot fatalité procède du latin fatum qui veut dire le destin dans ce qui semble ne pas pouvoir être contré. Rien, dans l’histoire de l’homme n’est une fatalité ; qu’elle soit personnelle ou universelle, elle est une succession de conséquences produites par les choix que l’on fait.

 

J’ai été élu pour créer des opportunités, pour changer la France à travers un processus continu de réformes profondes.

 

L’homme public a-t-il le droit moral de se créer des opportunités ? C’est-à-dire des occasions construites pour réaliser un projet. Le fait de se créer des occasions induit, en politique, un certain cynisme. En effet, on se forge une opportunité aux dépends des autres ; faut-il donc nécessairement se créer des opportunités pour se donner les moyens de faire les réformes ? N’est-ce pas hasardeux ? Qui peut percer le cœur de l’homme en dehors de Dieu ? Nous sommes-là dans l’illustration du pragmatisme pur qui rejoint quelque peu le machiavélisme de la Renaissance.

Le Président Sarkozy réunit-il les extrêmes des époques les plus troubles de notre histoire occidentale ?

 

Le pragmatisme, vu de la manière dont il nous est présenté, ressemble à un outil évidé de substance.  Toutefois, on peut nuancer l’interprétation littérale de « pour créer des opportunités », car le Président est connu pour son intuition dans ses discours qu’il ne construit qu’au moyen d’un canevas, ce n’est pas un orateur. On peut penser qu’il a voulu dire qu’il se saisissait des opportunités que lui présentait la scène internationale ou nationale… Mais pour autant, il a bien utilisé l’infinitif « créer ». Peut-être devrions-nous accepter le principe de « se créer des opportunités » dans la mesure où il s’agit du bien commun et que cette « création » soit maîtrisée dans ses conséquences collatérales. On ne peut oublier l’histoire. Il y a eu des personnalités politiques qui se créèrent des opportunités, mais à quel prix humain ? Pour autant, je ne doute pas que le Président Sarkozy soit un vrai démocrate.

 

J’ai été élu avec la conviction que la France avait un rôle important, sans doute irremplaçable, à jouer sur la scène internationale. J’ai été élu avec la volonté, la détermination la plus totale à agir, à conduire une politique étrangère cohérente, ambitieuse, efficace.

 

La France a un rôle important sur la scène internationale ; son histoire nous incite à dire qu’il s’agit d’une mission voire d’une vocation. On peut aussi le dire pour l’ensemble de l’Europe, berceau de la civilisation de l’humanisme. N’est-elle pas la fille de Jérusalem, d’Athènes et de Rome !

Il ne faut pas réduire la responsabilité morale et spirituelle de la France parce que contrainte à la multipolarité de la diplomatie internationale. Bien au contraire, elle a la responsabilité d’éclairer la conscience des nations et de leurs Etats. Sa grandeur s’affirmera plus dans le service du bien commun universel que dans des prétentions dominatrices. Espérons que la nouvelle administration des Etats Unis s’y convertira réellement, ce qui induit pour elle une transformation culturelle et spirituelle des mœurs politiques. On peut faire confiance à M. Sarkozy pour chercher l’efficacité, son pragmatisme devra acquérir une consistance humaine plus visible. Il n’y aura de bons fruits qu’à la condition de prendre l’homme dans son intégralité.

Les nations, toutes les nations et tous les peuples vivent leur propre kénose. En effet, considérant la vérité selon laquelle, il y a non seulement un péché individuel, personnel, mais aussi un péché des peuples, il semble évident que Dieu veut également la conversion de ceux-ci. Il ne s’agit pas d’une conversion générale ici bas, car se serait tenter l’Eglise vers un orgueil dément, mais se serait pour beaucoup une conversion dans la perspective eschatologique, précédent leur jugement – à l’article de la mort - . Considérant que le plus grand obstacle au salut est l’orgueil, et observant notre histoire contemporaine, il est clair, certain, que cette kénose qui commença par l’affreuse culture révolutionnaire occidentale, se poursuivit par les deux grands conflits mondiaux, se continue aujourd’hui pour l’Occident sous une forme bien plus redoutable. Elle semble devoir passer par une sorte d’effondrement « atomique » métaphysique ! Ce n’est plus tant par la perte de la vie, mais par la conjonction détonante d’un manque certain d’appétit de vie – un désespoir socioculturel – couplé à des dérèglements socio-économiques même dans les périodes de croissance. On assiste au développement d’une déréliction intérieure très profonde, lié à nos choix de vie ou de non-vie, les suicides directs ou indirects tels : la drogue, la pornographie, les sports extrêmes et l’avortement. Ils illustrent cet effondrement qui ne peut que s’accroître … Dieu veut que l’homme en appel à sa miséricorde. Certains peuples n’ont pas encore connu, réalisé ce cheminement intérieur, ils se crispent sur des concepts tragiques, vrais ferments de bien des orgueils, ils auront à connaître cette kénose par des épreuves à la puissance dramatique inconnue, mais proportionnelle à leurs péché …

Oui, la France, dans ce contexte d’épreuves particulièrement dangereux, a sa part de responsabilités ; elle doit reprendre sa mission là où elle la laissa tomber. Elle doit ressaisir son bâton de témoin des actes des peuples et s’efforcer de tenir haut et humblement la torche de la vérité, de l’espoir et veiller à ne pas s’opposer à la manifestation de l’espérance. Si elle ne répond pas à cette mission, ce devoir de charité envers les peuples, elle sera la première nation à s’effondrer totalement, sans qu’elle puisse rien opposer au mépris universel des peuples qui auront en justice cru pouvoir espérer en son conseil et son exemple. Elle a encore le choix de décider d’être Pierre ou Jean. La passion du monde est entrée dans sa ligne droite. Qui sera au pied de cette croix ?

 

 

 

2ème partie :

 

Deuxième conviction : le point de départ de cette politique étrangère doit être une analyse lucide, réaliste de la place de la France dans le monde tel qu’il est aujourd’hui. Or, s’il est relativement facile de prendre la mesure de ce que représente la France, il est difficile de définir le monde de ce début de XXIe siècle, plus difficile encore de prédire ce qu’il sera au cours des prochaines décennies.

 

La place de la France ne sera visible et audible dans le temps, qu’à la condition que ses responsables reviennent aux fondamentaux qui l’ont toujours guidée dans les périodes difficiles. Elle doit reprendre le chemin de l’humilité et ne s’imposer à l’autre que lorsque ses intérêts majeurs sont en causes ou ceux du bien commun de l’humanité. Cette attitude demande de laisser la charité rayonner dans les choix présents et à venir. On ne peut rien prédire de ce que sera l’avenir du monde, mais on peut pressentir, à la lumière de l’histoire, ce que pourraient avoir de conséquences les choix d’aujourd’hui.

C’est pourquoi, je reviens régulièrement sur le danger de faire du pragmatisme un absolu, une sorte de principe d’autorité dans la gestion des affaires multiples, ce qui est non seulement insuffisant pour notre peuple, mais peut s’avérer dangereux sur la durée. Certes, le peuple a des inquiétudes immédiates auxquelles il faut apporter des solutions d’urgence notamment par les réformes ; mais la perception du pouvoir en France reste culturellement celle de l’ancien régime : le Chef de l’Etat doit donner un contenu à son action. Il doit dresser une perspective, être capable d’une vision qui entraîne le peuple dans la nécessité de renouveler et de stabiliser ses espoirs, ses aspirations  légitimes. Il doit retrouver et renouer le lien moral avec l’action de ses dirigeants et le peuple. Le Président doit donner du contenu à son action, à son pragmatisme, car, in fine, sans cela, il peut se transformer en une sorte d’action idéologique permanente.

 

Ma conviction, vous le savez, est que deux défis contribueront à structurer la société internationale du XXIe siècle, peut-être plus profondément que les idéologies au XXe siècle.

Le premier défi est celui du changement climatique qui menace l’avenir même de notre planète et de l’humanité toute entière. Il pose la question de la gestion de ressources énergétiques devenues rares et chères et celle, plus difficile encore, de notre capacité à inventer, ensemble, un nouveau mode de croissance.

Le monde, j’en suis convaincu, peut relever avec succès ces deux défis, mais à une condition : trouver le chemin de son unité. Là est la grande question : en serons-nous capables ? Comment y parvenir ?

 

Il est certain que ce nouveau millénaire s’ouvre dégagé des idéologies qui ont aliéné l’humanité dans un carcan inimaginable, mais d’autres nous menacent liées à la culture de mort, liées à cet humanisme sans Dieu, sans transcendance. J’entrevois, dans le cas où il n’y aurait aucun correctif apporté, que notre avenir sera bien plus tragique encore, car plus intérieur, atomisant tout espérance.

 

Il est très à la mode de dramatiser les changements climatiques ; que le travail de l’homme ait une influence sur l’environnement, c’est certain, mais bien malin celui qui pourra réellement en définir l’impact sur l’univers. Sur ce point, nous sommes toujours à jeun d’un débat contradictoire. Il serait raisonnable d’attendre que ce débat ait lieu, plutôt que de jouer les Cassandre. Allons-nous nous laisser impressionner par ceux qui, si nous poussions leur raisonnement, viendront un jour nous dire que l’homme vivant est un fléau, n’est-ce pas déjà le cas ! Tous ceux qui aujourd’hui tiennent l’autorité sur ce sujet défendent et encouragent la pratique de l’avortement et de toutes les lois radicalement opposées à la loi morale naturelle. Nos politiques devraient être plus prudents ; qu’il y ait localement des urgences certainement, mais nous ne savons rien, nous n’avons aucun recul sur les effets exacts de l’activité de l’homme quant au climat. Nous constatons que cet été, cet automne et cet hiver sont conformes aux saisons que nous avons connues, et bien étrangement, nous n’avons guère entendu les Cassandre  verts, rouges ou écologistes !... Ce qui aura permis aux ânes de se reposer de leur dernier fou-rire !

Il est évident que le relatif épuisement de certaines richesses naturelles pose le problème de leur exploitation et des équilibres quant à la redistribution des richesses. En effet, il convient de repenser l’économie mondiale afin que les possesseurs des matières premières quittent rapidement le statut de peuples assistés.

Le deuxième défi est celui des conditions du retour du religieux dans la plupart de nos sociétés. Dans mon discours de Saint-Jean de Latran, j’ai précisé ma conception d’une laïcité où la place de la religion serait définie en termes plus positifs. Devant le Conseil Consultatif de l’Arabie saoudite, à Riyad cette semaine, j’ai fait écho aux propos pleins de sagesse du Roi Abdallah, et plaidé en faveur d’une conception ouverte, tolérante de la religion. Mais certains groupes veulent imposer leur vision fondamentaliste, hégémonique, intolérante. La forme la plus extrême est celle des réseaux terroristes globaux de type Al Qaeda qui rêvent d’une confrontation Islam contre Occident, pour mieux dicter leur loi à des peuples qui ne demandent pourtant qu’à vivre leur foi dans la paix.

 

La question religieuse se pose pour tous les peuples et dans toutes les régions du monde habité. Mais est-ce aux politiques de la prendre en charge ? L’analyse de M. Sarkozy sur le sujet est lucide et courageuse, mais il ne lui revient que de convaincre ses interlocuteurs de corriger leur législation afin d’assurer l’intégralité de la liberté de pratique religieuse. On pourrait commencer par le respect de la Chartre onusienne. Il faut aussi que les espaces médiatiques relevant des pouvoirs publics assument leur mission d’espaces de liberté d’expression et de débat, ces nouvelles agoras. Dans les enjeux socioculturels présents et à venir, la responsabilité des médiats ne sera pas moindre. Il serait peut-être urgent de reconsidérer les cahiers des charges et de repréciser leurs obligations de service public. La réforme de l’audiovisuel français est incomplète, et de ce point de vue bien peu satisfaisante.

Les intégrismes sont le fait des religions qui ont une approche de l’homme régressive par rapport à l’épanouissement de celui-ci en tant qu’individu, être et personne libre. On peut facilement les identifier, ce n’est qu’un phénomène relatif et historiquement toujours circonscrit ; mais contrairement aux affirmations du chef de l’Etat, la culture musulmane, malgré des déclarations modérées de certains de ses représentants, a vocation à une confrontation culturelle avec l’Occident. Devant ce problème, nos dirigeants, dans leur discours, sont dans le déni de la vérité. Les ravages psycho-culturels de la révolution islamique iranienne a radicalisé le concept fusionnel de la nation et de la religion, ceux-ci sont en progression constantes…

 

Le monde, j’en suis convaincu, peut relever avec succès ces deux défis, mais à une condition : trouver le chemin de son unité. Là est la grande question : en serons-nous capables ? Comment y parvenir ?

 

Dans le contexte actuel, d’une culture de mort, de la multiplication des lois contraires au droit moral naturel et au projet d’imposer cette idéologie par le moyen du droit international (ici), il est à craindre que cette unité mondiale, souhaitée par M Sarkozy, se fasse sur le dos des religions. Dans ce cas de figure persistant, cette union risque d’être établie à la façon d’une bombe à l’allumage retardé. Notre civilisation décadente, monstrueuse ne peut générer qu’une multitude d’aliénations qui se solderont par une explosion à fragmentations pour l’ensemble de l’humanité.

Nous sommes sortis des certitudes simples du monde bipolaire, stable mais injuste, qui nous a imposé sa loi de 1945 à 1990. Nous ne sommes déjà plus dans le monde unipolaire qui s’esquissait entre 1991 et 2001. Des mots qui sonnaient juste il y a quelques années seulement, tel que celui « d’hyper-puissance », n’ont plus cours aujourd’hui.

Il est évident que la crise économique met un terme pratique au principe excessif d’hyper-puissance qui ne fut utilisé que dans les milieux clinquants des anti-américanismes primaires et confortables. Les Etats-Unis resteront encore un certain temps la superpuissance militaire et économique, car même et à cause de cette crise, on constate que nous dépendons d’eux et pour longtemps. Certes, cette crise œuvrera nécessairement pour un relatif nivèlement, mais il n’en est pas moins souhaitable que les Etats-Unis d’Amériques demeurent la première puissance, du moins pour l’Europe.

Nous sommes entrés, sans doute pour les trois ou quatre décennies à venir, dans une ère de puissance relative. L’émergence économique et politique de la Chine, de l’Inde, du Brésil, le retour de la Russie créent les conditions objectives d’un nouveau concert des grandes puissances, d’un monde multipolaire dont l’Union européenne pourrait devenir progressivement l’un des pôles les plus actifs, si elle en a la volonté.

Le retour de la Russie sur la scène internationale est logique et nécessaire, mais pour que son rôle participe à l’effacement des tentions, il faut cesser de l’humilier. Le Président Sarkozy a commis, envers elle, bien des fautes de jugement. Il eut été bien inspiré de coller au bon sens du gaullisme et surtout de Chirac. Les fondamentaux dont j’ai parlés plus haut, incluent la sagesse d’un Louis XV à ce sujet ! La République Unie de Russie doit faire partie intégrante de la réflexion concernant le rôle de l’Europe et de sa construction. Elle est un alliée de choix de l’Union européenne. Les pays satellites de l’ancienne URSS, dont on comprend très bien la défiance et l’amertume vis-à-vis d’elle, doivent être encouragés à développer un sens plus élevé du bien commun universel et cesser de nourrir un humus fâcheux pour le développement des relations internationales. Si l’Europe et le droit international doivent garantir l’indépendance de ceux-ci, il est de première urgence de les aider à sortir des affects aliénants qui encombrent la diplomatie.

Le sérieux et le rôle de l’Union européenne dépendent beaucoup de sa capacité à une certaine autocritique de ces 20 dernières années. La Commission et le parlement doivent cesser de grignoter les souverainetés nationales en pervertissant le droit, au seul fin de donner satisfaction à des courants philosophiques et idéologiques honteux et déshonorants. Ils agissent le plus constamment en prédateurs de toutes les espoirs, en liquidateurs de l’honneur de chacun d’entre eux

 

Entre ces grandes puissances du XXIème siècle, il reste à inventer des relations, et des institutions, leur permettant d’agir efficacement pour le bien commun de l’humanité. Les notions d’ennemi ou d’adversaire n’ont plus cours entre elles. Toute la question est de savoir s’il est possible de faire prévaloir sur les idées de concurrence, de rivalité, celle de partenariat responsable. Toute la question est de savoir si nous serons capables de bâtir pour le XXIème siècle un ordre nouveau, mieux adapté à notre monde globalisé et aux défis à relever, où tous les Etats, grands et petits, auront le sentiment que leurs intérêts sont équitablement pris en compte.

 

 

3ème partie :

Il me semble urgent que le Président Sarkozy explique sa conception du bien commun, car s’il s’agit préalablement du respect du droit moral naturel, tout est à refaire. Si dans les semaines à venir, nous ne savons toujours rien de sa part sur ce point ; il sera urgent de s’inquiéter de la manière dont il voit la construction de son ordre nouveau. Que le premier objectif de cet ordre nouveau soit le renforcement de la paix cela va de soi, mais quelle substance y a-t-il derrière ? Il nous faut le savoir, la connaître.

A ces questions fondamentales, j’ai souhaité, avec Bernard Kouchner, apporter, au nom de la France, des réponses qui marquent une certaine rupture et s’inscrivent dans une vision cohérente de la place et du rôle de notre pays.

J’ai d’abord voulu situer, nettement et franchement, la France au sein de sa famille occidentale. Dans un monde qui a perdu ses repères, où la confusion tend à régner précisément parce que nous sommes engagés dans une transition vers un ordre qui reste à inventer, il me paraît essentiel d’affirmer, avec clarté, où nous nous situons et quelles sont les valeurs qui, pour nous, sont essentielles.

Ce repositionnement n’est en rien un abandon ou une quelconque atteinte à notre indépendance ou à notre liberté de parole et d’action. Je l’ai dit avec force devant le Congrès des Etats-Unis : la France est « un ami debout, un allié indépendant, un partenaire libre ».

En se plaçant clairement dans sa famille occidentale, la France, et c’était mon objectif, accroit sa crédibilité, sa marge d’action, sa capacité d’influence à l’intérieur comme à l’extérieur de sa famille.

 

Il m’apparait que l’usage ici du mot rupture a quelque chose d’abusif, d’autant qu’il est fait allusion au retrait du Commandement de l’OTAN décidé par le général De Gaulle. Cette décision, que je sache, n’a jamais été traduite par la négation d’être dans le camp occidental, pas plus qu’il ne fut question de tourner le dos au tronc commun de l’identité culturelle de l’Occident. Il y a là, soit une absence de connaissances de l’histoire, soit une recherche enfantine de mise en valeur de soi aux dépends d’un passé prestigieux en matière de politique internationale. On ne peut donner un coup de pied à la décision du Président De Gaulle à ce sujet. Le contexte était entièrement différent, et il lui semblait nécessaire de redonner une épaisseur à la personne de la France suite aux différents conflits dont elle eut à faire face. Le contexte d’aujourd’hui est autre. Il est une évidence, qu’il faut avoir l’honnêteté de reconnaître : le coup économique d’une défense nationale indépendante. Il y a aussi un autre impératif induit par les dangers objectifs : entre autre l’Iran. De ce point de vue,  il est utile que la France rejoigne le Commandement intégré de l’OTAN. La nécessaire adaptation n’impose pas toujours d’user du mot rupture, de même qu’il n’est pas utile de donner sans cesse des coups de griffes aux personnalités précédentes qui ont agi selon la conscience qu’elles avaient des problèmes du moment.

 

 

A l’intérieur d’abord. Notre priorité absolue va à la construction de l’Union européenne. Grâce au traité simplifié, après dix années de débat paralysant sur ses institutions, l’Europe est à nouveau en marche, et la France a repris toute sa place au cœur de l’Union. Dans un positionnement nouveau : au-delà de l’entente franco-allemande qui est plus que jamais essentielle, j’ai voulu d’emblée établir des relations de travail étroites avec la Commission et le Parlement européens. J’ai voulu que la France soit à l’écoute et aux côtés des nouveaux Etats membres d’Europe centrale qui ont beaucoup à nous apporter. J’ai souhaité resserrer nos liens avec nos partenaires méditerranéens.

Mais chacun sait que l’ambition française de voir émerger l’Union européenne comme un acteur global du XXIème siècle suscitait des méfiances, notamment dans le domaine de la Défense. La France ne voulait-elle pas affaiblir, voire détruire l’Alliance atlantique ? A ce soupçon, j’ai voulu apporter une réponse claire, et je l’ai fait devant le Congrès des Etats-Unis. Face à l’ampleur des menaces et des crises, le développement d’une Europe de la défense efficace est une nécessité stratégique. C’est donc ma priorité pour les années à venir. L’opposer à l’Alliance atlantique n’a pas de sens. L’Europe de la défense et l’ancrage atlantique sont les deux volets d’une même politique de défense et de sécurité. C’est dans ce contexte que la France entend rénover sa relation avec l’OTAN. Il faut maintenant nous mettre au travail et la France fera des propositions à la fois pragmatiques et ambitieuses, dans une double perspective : la présidence française de l’Union et le Sommet du 60ème anniversaire de l’Alliance.

 

 

Il n’est pas certain que l’actuel traité de Lisbonne puisse être qualifié de simplifié… Et pas plus sûr, qu’il permette le développement de la confiance des peuples dans l’Union européenne. Il suffit pour s’en convaincre d’observer l’accroissement des partis opposés et leur projet de fédération en un parti unique au lendemain des prochaines élections. Les problèmes de confiance viennent des prétentions du Parlement et de la Commission à vouloir imposer à la conscience morale des peuples des lois contraires au droit moral naturel. Que peut être le destin d’une Union qui se fait sur la mort moyenne de 5. 000.000 d’avortements par an ? Quel est donc ce projet européen qu’on veut nous imposer ? Le danger éventuel pourrait venir si la construction de l’Union se faisait dans le rejet des peuples. Sans leur collaboration et adhésion, ils l’accepteront tant qu’ils en tireront un profit, mais malheur aux décideurs pour la période dans laquelle les insuffisances de l’Union se feront cruelles !

 

 

 

4ème partie :

 

 

Et ceci me conduit à la deuxième novation que j’ai voulu introduire dans notre politique étrangère : je souhaite conduire une diplomatie de la réconciliation. Dans cette période de puissance relative, marquée par une contestation croissante de la légitimité des interventions extérieures et une aggravation des divisions religieuses, ethniques, sociales, la France doit dialoguer avec tout le monde. Elle doit rechercher avec opiniâtreté et pragmatisme à réduire les facteurs de tension et à progresser vers des solutions de paix conformes aux principes qui nous inspirent.

 

Cette intention est louable, car nécessaire et la France peut tout à fait assumer cette responsabilité, mais là encore, quid du fameux pragmatisme ? Si c’est le même qui servit au faux règlement du Kosovo, il est à craindre que s’accumulent des blessures qui constitueront autant de nuages pour l’avenir. Le rôle de la France en Afrique noire peut être important pour autant qu’il y soit pratiqué une autocritique de ces 50 dernières années, les historiens doivent s’y mettre.

 

Peut-être plus encore que le combat pour la démocratie, c’est le combat pour la diversité, pour l’ouverture, pour la tolérance, pour l’acceptation de l’autre dans sa différence, qui me paraît fondamental. Il est, d’une certaine façon, le préalable à l’extension des libertés et à l’enracinement de la démocratie.

 

Ce passage est très important, il pourrait être l’amorce d’une réflexion qui devrait donner cette substance si nécessaire au pragmatisme élyséen.

J’éprouve toujours de la difficulté à adhérer à l’usage non-étymologique du mot « tolérance » qui vient de la racine indo-européenne : atlante qui signifie « celui qui porte l’autre dans sa faiblesse ». Aujourd’hui, l’usage  de ce mot est très éloigné de son sens originel. Son usage commun qui rejoint le sens profond s’applique à une situation qu’on ne peut momentanément contrôler ou qu’on ne veut contrôler ou dominer, voire régler, dans la perspective d’un bien supérieur ou parce qu’on n’a pas l’immédiate solution. Je pressens que le sens qu’on donne aujourd’hui est aléatoire dans l’intention, je lui préfère de beaucoup le concept de « respect de la personne ». Il a de fait un contenu d’obligeance morale, spirituelle plus dense, en lien direct avec celui de la personne, de l’être… Alors que le mot tolérance aujourd’hui est de plus en plus un cache misère, une façon assez lâche de se dégager des engagements naturels qui relient entre eux l’ensemble des personnes qui composent l’humanité.

Dans ce passage, il y a une approche raisonnée et raisonnable de l’application des principes démocratiques… C’est une évidence, pour nous occidentaux, il nous a fallu 2000 ans pour en arriver là ; comment alors, peut-on vouloir imposer par la force, la démocratie à des peuples qui n’en n’ont pas la culture, qui n’ont pas d’acquis culturels pour cela. Le Président a raison de reconsidérer cette approche, en y incluant le concept de progression pédagogique. Exiger de la Chine l’instauration de la démocratie, c’est très bien, mais pas dans l’immédiat ; si c’est dans l’immédiat, c’est très sot ! La Chine n’a jamais été une démocratie, jamais ! Aussi, plutôt que de l’humilier, on pourrait peut-être l’inciter à des retouches progressives : commencer par une justice plus équilibrée, non expéditive, avec une structure plus élaborée du droit de la défense. Ce genre d’influence, à l’exemple de Jacques Chirac, se fait à pas feutrés et dans une grande humilité. Nous sommes avec la Chine, en présence d’une culture très ancienne, qu’avons-nous à lui donner des leçons ? L’urgence est décidément l’humilité !

 

 

Et au fond, ce qui est en cause au Liban, n’est-ce pas justement la survie, en tant qu’Etat souverain et indépendant, d’un peuple qui, à travers l’histoire, a offert au monde le plus bel exemple de la cohabitation harmonieuse, dans la tolérance et le respect, des grandes religions monothéistes ?

 

 

Le Président Sarkozy a en tête l’exposé idéologique et religieux des années soixante-dix qui exposait explicitement le projet d’éradiquer la nation arabo-musulmane de toute présence étrangère à leur foi.  Il est évident, que c’est là le cœur du problème, et l’on ne doit pas céder. L’indépendance du Liban est aussi précieuse et déterminante que celle d’Israël, les deux seules démocraties réelles. Si elles tombent, c’est l’Occident qui tombe et se déshonore ! Voilà, pourquoi, la guerre en Irak, voulue par Bush contre le droit international, est une monstruosité ; elle profite à ceux qui veulent l’application de ce traité.

Il est bien évident, qu’il faut aider ces peuples à reconsidérer leur culture et qu’ils apprennent à regarder l’homme dans l’intégrité de sa grandeur, sans rien exclure de l’intégralité de sa personne. Il faut agir avec humilité, fermeté et prudence. Les arabo-musulmans doivent concevoir les applications démocratiques en s’appuyant sur les spécificités de leur culture, mais il est clair, que par le droit, ils doivent accueillir et protéger la libre circulation des personnes et la liberté religieuse sans aucune restriction. Ce sont là des points de droits non-négociables, car émanant du droit international lié à la Chartre de l’ONU. C’est sans aucun doute, dans cette perspective que M. Sarkozy a envisagé le Cadre Euro-méditerranéen.

 

 

 

5ème partie :

 

 

 

Sur l’Iran et son programme nucléaire, vous connaissez ma position : je l’ai définie de façon précise le 27 août. Rien de ce qui s’est passé depuis ne me conduit à modifier mon jugement et l’approche de la France. Elle est faite de fermeté, car les sanctions sont nécessaires pour convaincre les dirigeants iraniens de revenir à la table de négociation, et de dialogue, engagé à mon niveau, car notre objectif n’est nullement le changement de régime, mais au contraire l’insertion de l’Iran, dans sa région, en acteur positif, dès lors qu’il respecterait la loi internationale.

 

 

L’Iran est devenu l’enjeu incontournable de la diplomatie internationale ; plus que l’Irak, plus que l’Afghanistan, il déterminera de façon radicale, l’avenir politico-religieux du monde musulman.

Le projet de se doter de l’armement atomique est indéniable et ce n’est pas une bombe que veut ce régime, mais plusieurs à la fois, même petites… La révolution islamique iranienne arrive à sa conclusion surréaliste et dramatique avec une logique sans nuance. Dans l’esprit dément des dirigeants iraniens, il faut une victoire militaire et politico-religieuse sur l’Occident pour faciliter la venue du Mahdi… En fait, nous sommes en présence d’un nouveau fascisme, aussi résolu qu’inhumain. Il est évident que si la dernière tentative pour obtenir l’arrêt de cette perspective militaire n’aboutit pas, il faudra d’ici la mie-année intervenir militairement contre ce régime …

Cet enjeu est une obligation morale, il engage tout ce à quoi nous croyons, car c’est sur quoi vit notre culture, nos démocraties, notre conception de l’homme.

Le régime des mollahs doit disparaître. Il faut rendre à ce peuple sa dignité, sa joie de vivre.

 

L’intention du Chef de l’Etat est droite, on ne peut douter de son désir de servir le bien commun pour le peuple français et pour le monde. Il n’y a rien qui contrevienne dans ce discours à la Doctrine Sociale de l’Eglise, ni même au droit moral naturel. Pourtant, tous ces efforts et perspectives peuvent ne pas aboutir voire se retourner contre les intentions initiales par la charge inimaginable des lois qui s’opposent radicalement au droit de la morale naturelle. Il y a une urgence, que le Président établisse, inspire progressivement une politique pro-vie. On ne peut, aujourd’hui, décider radicalement la suppression de l’immunité de l’avortement, mais on peut et l’on doit trouver le moyen d’en atténuer les effets par l’instauration d’une politique originale qui prendrait réellement en compte la famille.

L’avenir de l’humanité, malgré ses succès, se trouve très compromis par cette faute majeure que rien n’excuse ni ne justifie. Nous devons nous délivrer de cette culture de mort.  

Les dernières déclarations du Président Obama foncent l’avenir du peuple des Etats-Unis d’Amérique, il vaudrait mieux, dans cette perspective, qu’il ne se relève pas de cette crise…    

Pierre-Charles Aubrit Saint Pol,

avec l’aimable collaboration de M. Croenne.

 

 

Activité artisanale – auto-entrepreneur – déclarée le, 06/01/09

9, rue Henri Bataille 66000 PERPIGNAN

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LA NUIT DE BETHLEEM… 

 

UNE LUMIERE DANS LA NUIT DE L’HUMANITE

 

Pierre-Charles Aubrit Saint Pol  le, 18 décembre 2008

 

Le mot nuit provient de la racine indo-européenne nokt ; cette racine est la base active du nom féminin lux qui veut dire luire, lumière et nix qui donne neiger. La nuit et le jour donnent l’idée d’un mouvement, d’une force active qui produit… La conjonction de ces deux mots : jour et nuit activent la mesure du temps qui se partage en deux zones distinctes. C’est le biorythme de toute la création, de tout le vivant et d’une façon plus dramatique de l’humain. Car le temps peut être considéré comme une toile qui bougerait, à la différence de l’écran de projection, cette toile transporte la geste de l’homme par impression et en transmet la mémoire jusque dans les gènes.

 

Le fait que le temps, dans le monde visible de la création, subisse une dualité objective sans pour autant le dissocier, est une dramatique au sens grec. La dualité entre le jour et la nuit est propre à la seule création temporelle, car le temps en soi est indifférent à la nuit comme au jour. Mais c’est toutefois le rythme naturel sur lequel se déploie toute la geste de l’homme. Nul n’ignore combien chez l’enfant, le vieillard et le malade est vivement ressentie l’approche crépusculaire, et en général, les suicides s’exécutent soit vers la fin du crépuscule, soit à la jonction de la nuit et de l’aurore. Le jour est associé aux concepts de vie, de vérité, de joie, d’extériorisation, alors que la nuit est associée à la mort, la réflexion, l’introversion certaine fois à la sagesse.

 

La vie de l’homme, en plus de son biorythme physique, possède un rythme intérieur, celui de l’âme, de l’esprit. L’homme n’a pas de fin sur cette terre ; nous le savons et nous le croyons, l’homme et la femme s’ils ne sont pas éternels, concept propre à Dieu qui n’a ni commencement ni fin, sont immortels. La nature spirituelle de l’homme aspire à retourner à sa cause qui est pur esprit, donc hors du temps : on peut considérer la nature physique comme sujet de la temporalité dans laquelle surgit l’éternité en tant que conséquence de son immortalité. Il y a une dualité de fait entre la double nature de l’homme qui agit sur les affects : nuit affective, nuit intellectuelle, nuit spirituelle, nuit des sens. Ces nuits sont des temps de vie personnelle, ils éduquent le sujet aux détachements progressifs en vue de son accomplissement intégral. L’expérience des nuits pour un chrétien est une nécessité qui procède du baptême, ce sacrement ordonne le baptisé à la vie d’union avec Jésus dès ici bas pour venir s’accomplir en la Sainte Trinité après le passage de la mort qui peut être plus ou moins long, selon que l’on aura vécu dans cette optique[1].

 

L’humanité et avec elle toute la création, connut une longue nuit, une nuit punitive, depuis la faute originelle, dans laquelle l’homme avançait à petit pas s’enfonçant trop souvent dans la nuit animale. Mais Dieu ne l’abandonna jamais, il le soutient de sa grâce d’immensité et l’imprègne de la loi morale naturelle que symbolise la confection d’un habit de peau de bête. Dieu vint également le visiter, l’attirant progressivement vers la nuit de l’espérance, vertu théologale qui permet à l’homme de tendre à sa fin surnaturelle. Dieu est et demeure un pédagogue inégalé. Dans un premier temps, il s’efforce de maintenir l’homme debout dans la loi morale naturelle, lui faisant pressentir une grandeur vers laquelle, il ne saura regarder qu’après la nuit de Bethléem accomplie dans celle de la Résurrection.

 

Et voici, que dans cette nuit, au cœur du peuple qu’il avait élu pour être son témoin parmi les peuples et les nations, Dieu vint prendre tout de la condition humaine sauf le péché. Il vint couvrir les nuits de terreurs, celles qui s’emplissent des échos des mères accablées dont on arrache l’enfant pour des dieux immondes, celles qui s’emplissent du fouet qu’on abat sur le dos des esclaves, celles des soupirs des prisonniers qu’on ne visite pas. Une nuit dans laquelle tous les hommes, princes ou cerfs, cherchent un sens à leur existence, une délivrance vers laquelle tous lèvent leur regard. L’espérance, la lumière improbable vint à nous sous les traits d’un Enfant, d’un fils d’homme. C’était le Fils de Dieu, Dieu fait homme.

 

Depuis la nuit de Bethléem, la nuit ne sera jamais plus celle de l’absence, car elle est pour toujours habitée par la Présence ineffable de Dieu qui s’est fait homme. L’homme a depuis lors la liberté d’user du temps pour s’accomplir en tant qu’être immortel. De l’usage qu’il fait de son temps, il détermine la qualité de son immortalité.

 

A vue purement humaine, on peut penser que cette nuit-là ne fut qu’un rêve tant, car depuis le Siècle des Lumières, l’humanité semble ne plus vouloir regarder vers la Lumière de Bethléem et encore moins vers celle de la Résurrection.  L’histoire, depuis la Révolution de 1789, n’est qu’un fleuve de sang, la procession des génies de la violence entraînant l’homme et la femme vers une nuit si épaisse, qu’elle semble avoir la capacité d’effacer jusqu’à la mémoire de la vie, jusqu’à la mémoire de Dieu et de l’homme lui-même. La tragique explosion des suicides surtout parmi les jeunes l’illustre.

Si nous faisons partir l’histoire moderne des grandes découvertes, comme il est convenu, nous assistons à un lent, mais constant détournement du regard de l’homme vers Dieu, et il ne cesse de s’enfoncer dans la culture de mort… Toute la civilisation moderne se dresse contre lui ; qu’importe l’importance du progrès puisqu’il contribue à l’ignorance crasse de lui-même. N’est-il pas devenu son propre étranger !

 

Nous nous enfonçons dans une nuit bien plus lourde, plus noire, plus désespérante que celle qui existait au temps de Noé. Les XIXème et XXème siècles n’auront été que des pourvoyeurs de sang. Et le XXIème siècle, le premier de notre troisième millénaire, voit ses joies couvertes par le poids écrasant du « Cri silencieux des enfants avortés ».  Il est sans précédent de voir une aussi longue période de conflits marquée par une constante progression de cruautés, d’inhumanité où l’humanité fut capable de descendre dans les profondeurs de l’infra humain, si bas qu’elle déchut bien en deçà de l’ordre animal qui lui ne tue que pour manger, pour survivre[2]. Que des hommes aient été capables de concevoir de si inimaginables moyens pour la destruction de leurs semblables dévoile la profondeur des abîmes dans lesquels l’homme et la femme sans Dieu peuvent tomber. Ce qui cesse d’être humain réduit le sujet en dessous de l’ordre animal.

 

Les grands conflits mondiaux et idéologiques planétaires sont passés ; certes nous avons devant nous l’inexorable menace des intégrismes religieux qui osent tuer au Nom de Dieu, et il ne fait aucun doute que nous allons vers une guerre directe contre le monde arabo-musulman. Mais une question nous serre le cœur, les générations immédiates du second conflit mondial, ont-elles tiré toutes les leçons d’un tel conflit ? On peut en douter !...

 

Dans l’ordre de l’humaine condition, on vit aujourd’hui une conclusion tragique que l’homme a voulu de libre propos. Dans son désir de se convaincre qu’il peut être le maître absolu de la vie et de la mort, il décide de qui peut vivre et mourir en dehors du cadre de la loi de nature. Et c’est ainsi, qu’il se donne le pouvoir de tuer l’enfant à naître ! Il s’autorise, au nom du droit de décider de son corps, d’effacer la promesse irremplaçable du sourire.

Mais cela ne lui suffit pas, il veut s’égaler à Dieu, et le voilà intervenant dans le premier moment de la vie qu’il veut dominer faute de pouvoir en être l’origine, son créateur.

Et voici, qu’au nom de la science, pour son propre confort, il pratique l’eugénisme… Au nom de la compassion ! Les nazis prenaient moins de gants !

Mais ce n’est pas suffisant, il s’enfonce davantage dans sa culture de mort, sans doute pour venir en aide à l’assurance sociale, pour ne pas avoir à contempler la condition humaine.  Il se donne le pouvoir de mettre fin à la vie, au nom de la dignité de l’homme… Concept réduit à sa plus simple expression de son besoin de confort ! Ne convient-il pas de rester dans une certaine esthétique ! La dégradation du corps de l’homme n’est-elle pas une offense aux canons rassurants de la beauté.

Dans cette même logique, et pour se convaincre qu’il peut dominer la vie, en espérant s’approprier l’acte créateur, il cherche les moyens de prolonger la vie, si possible de tendre à l’immortalité du corps, et dans deux générations vous verrez poindre le droit à ne pas vieillir. On le suggère déjà, on écrit des ouvrages riches en humanisme. La vieillesse sera reçue comme un scandale contre de nouveaux canons de la beauté Ne convient-il pas de se rassurer de soi-même et du destin… Ce sera là un moyen pratique de résoudre le problème des retraites. Faisons confiance au pragmatisme !

 

Il faut l’admettre, aucune leçon d’humanité vraie n’a été retenue face aux horreurs de la Seconde Guerre Mondiale ; plus invraisemblable encore, on applique aujourd’hui des lois qui soixante ans plus tôt justifièrent que l’on combatte le nazisme, ces mêmes lois qui furent condamnées au Tribunal de Nuremberg.

 

Oui, aujourd’hui, l’humanité sombre dans une nuit opaque, dans laquelle surgissent sous des formes différentes, les angoisses, les effrois des abysses de l’infra humain. Voici le triomphe de l’homme qui se donne lui-même à lui-même comme unique mesure. Et c’est le retour des barbares !

 

La gravité de l’effondrement du sens moral et spirituel n’est pas la recherche de la prédominance d’une nation sur une autre, ni même d’une race sur une autre, mis à part le délire des intégrismes religieux, ni même d’une idéologie, on sait ce qu’il en est de ce qui reste des lambeaux du communisme. Non, il ne s’agit de rien de tout cela, mais d’un effroyable effondrement intérieur, métaphysique entraînant l’incompréhension de l’homme. C’est le résultat de son rejet de Dieu. Il est de moins en moins apte à accepter sa condition en vérité, c'est-à-dire d’admettre qu’il est en dépendance d’une Vérité qui lui est supérieure et source de sa vie, de son être.

Nous assistons au lancé d’un gigantesque épervier jeté sur l’humanité et qui, aujourd’hui, a pour nom : l’humanisme matérialiste, jouisseur de tous les immédiats, contemplatif éperdu de ses satisfactions… C’est la recherche de l’établissement du paradis sur cette terre dans un temps qu’on veut le plus court possible… Il s’agit d’une errance fatale qui creuse une fosse septique contaminante, dont on ne sait plus se défendre…

Et l’on envoie des enfants de douze ans en prison ! On peut le comprendre, s’il s’agit de crime, de torture, mais quel effroyable échec de civilisation ! C’est l’une des réponses de Dieu à l’orgueil triomphal, enfantin et débilitant de nos sociétés.

 

La crise économique que nous traversons est sans doute bien plus grave que ce que nous en comprenons ; elle pourrait être une occasion de conversion, de remise en question de nos choix, de nos mœurs. Il n’en sera rien !  Aujourd’hui, on s’indigne de la malhonnêteté des responsables, de la faillite hallucinante des Etats, des conséquences douloureuses pour l’économie quand au social on verra ! Mais personne ne s’interroge sur les causes profondes, métaphysiques. On s’interdit d’enquêter sur la salubrité de nos sociétés, salubrité morale, culturelle et spirituelle. La réponse qu’on nous propose, sous couvert de pragmatisme, est une loi qui va permettre le travail du dimanche[3]… On s’enfonce dans le consumérisme, plus que jamais le travail est essentiellement compris comme un élément secondaire, aléatoire dans l’immense empire luciférien de la finance. Quelle gageur, que de s’en prendre au repos dominical au nom du pouvoir d’achat !

 

Nous glissons dans les basses fosses que nos sociétés ont-elles-mêmes creusées. Il y a une volonté délibérée à vouloir s’affranchir de la culture chrétienne, de toute culture religieuse. On certes, on nous gave du concept compassionnel, mais pour mieux édulcorer l’exigence de la charité ; c’est le discours des attrapes nigauds !  C’est à qui essayera de manipuler l’image du religieux pour le profit d’un pragmatisme sans réelle consistance doctrinale. C’est encore la famille qui va en prendre un coup, sans qu’il y ait la moindre indication d’un véritable projet politique familial[4] et encore moins sociale. Nous sommes dans un jeu vertigineux de miroirs qu’animent chacun à sa place d’étonnants bateleurs, un peu comme un orchestre bien ordonné Qui tient la baguette principale ?

 

La nuit est épaisse, glauque, désespérante… Cela pourrait être l’échec définitif de la Nuit de Bethléem ! Oui, pour les hommes de la nuit, celle de leur choix, mais pas pour un chrétien et certainement pas pour un authentique pauvre de Yahvé !

 

Tout nous incite au découragement, qui peut encore entendre notre témoignage ? Cela ne fait rien, il faut continuer, il le faut, car nous avons l’assurance d’une victoire finale sur l’esprit du monde.

Si nous sommes du Christ que peut le monde et ses ombres contre nous ? Que peuvent les barbares ?

Nous devons continuer de témoigner pour ne pas avoir part à la mesure de justice qui sera le lot de beaucoup. Nous devons continuer pour ceux qui pleurent et qu’on ne veut plus entendre pleurer. Nous devons continuer, car nous devons rendre compte de notre espérance.

 

Qu’importe que nous soyons ou non reçus ! Rien de ce que nous disons, faisons pour Dieu ou en son Nom n’est perdu. Continuons jusqu’au bout notre pèlerinage, nous savons que nous nous enfonçons dans la nuit de Bethléem… Que nous nous enfonçons dans la nuit de la Résurrection… Notre victoire est certaine, elle est celle du Christ Jésus !

 

 

 

 

 

 

 



[1] Selon les récentes recherches sur les fins dernières, on découvre que si le passage de la vie à la mort physique est très court sur terre, ce même passage peut durer dans le hors du temps terrestre très longtemps, plusieurs siècles ; car l’âme, avant de prendre son ultime décision quand au choix de son éternité, doit se détacher de tous ses liens qu’elle avait noués sur terre. Cette période est un long crépuscule, c’est le shéol ou la Galilée des nations.

[2] Au milieu des témoignages sur les camps de concentration, on raconte le cas d’un prisonnier tombé sous le pouvoir nazi. On parvint à le manipuler de telle manière qu’il finit par accepter d’être attaché à la garde d’un portail comme un chien. Il devait aboyer à chaque passage d’un nazi sous peine d’être immédiatement exécuté.

[3] Vouloir faire une loi pour permettre de travailler le dimanche, même dans des lieux circonscrits est une bêtise ; car nous le savons bien, la loi française est ainsi faites que dans dix ans, du seul fait que c’est une loi qui autorise, on finira par rendre possible de travailler tous les dimanches et nous verrons des sociétés l’exiger des leurs employés. C’est d’ailleurs ce à quoi veut parvenir l’improbable M. Copé et la Présidente du MEDF.

[4] Faudra-t-il désespérer de ne voir jamais une politique économique et sociale prendre en considération la famille comme référent, comme point fixe immuable de la société.

Mis à jour le Samedi, 02 Mai 2009 08:36
 
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