La chrétienté, au début du XVIIème siècle, se ressent encore des guerres civiles et religieuses. Elle commence à peine à panser ses plaies. Elle assimile lentement toutes les implications liées à la découverte de terres nouvelles. Elle est au début de l’époque moderne.
Le Concile de Trente s’est clos le 4 décembre 1563, il peine à mettre en place ses décisions. Les principaux obstacles sont dus aux tensions religieuses et politiques.
En Europe, de nouveaux empires se dessinent, tandis que la Maison d’Espagne perd de sa superbe après la mort de Charles Quint et l’effondrement du projet orgueilleux d’une monarchie universelle catholique. Une idéologie "prés-supranationaliste" annonciatrice des dictatures fascisantes. Une telle idéologie aurait abouti à pervertir la foi catholique en la transformant en une simple et monstrueuse puissance politique.
L’effervescence intellectuelle de la Renaissance continue, mais après le saccage de Rome par les troupes de Charles Quint, elle prépare sa mutation en vue de « l’époque classique. »
La chrétienté n’a pas encore pris la mesure sociologique, politique, culturelle du schisme de la Réforme protestante, sauf peut-être chez de très rares esprits. On ne sait pas encore que le protestantisme est un terreau vicié sur lequel se grefferont les futures idéologies.
Il n’y a pas encore de recul suffisant pour se poser les questions suivantes : pourquoi l’Eglise vient-elle de subir une nouvelle division ? Dans quel dessein Dieu l’a-t-il permise ?
La catholicité répond à la Réforme par la Contre Réforme qui, culturellement et religieusement est une attitude de repliement sur soi ; elle veut s’en protéger et procède par le rejet de l’autre. Mais dans ce contexte, y avait-il une autre attitude possible ?
Il convient toutefois de souligner que très vite un effort de prédication se met en place dès l’apaisement des conflits ; les Capucins, issus de la réforme franciscaine, donneront le coup d’envoi. Il semble que le repli de l’Eglise se remarquera surtout au XIXème siècle pour des raisons que nous verrons plus tard.
Il est clair que l’abus des indulgences soit à l’origine de ce schisme ; les âmes des défunts arrivaient au ciel sans aucune sanctification. Il fallait bien que Dieu arrête ce marchandage. Il n’a trouvé d’autre solution que d’humilier l’Eglise dans son humanité, seul moyen pour la ramener à l’humilité.
Les décisions du Saint Concile de Trente gagnent très progressivement le Corps Mystique du Christ. Des figures comme saint Charles Borromée initient un nouvel apostolat. Cette période, encore violente et remplie d’intolérances, voit se lever des apôtres de la douceur, de l’amour, de la patience. Ce sont souvent des esprits bien formés, cultivés, des intellectuels vigoureux. Il y a parmi eux de très grands orateurs comme saint François de Sales.
La France, durant les soixante premières années de ce XVIIème siècle, connaît un renouveau spirituel, institutionnel, culturel et sociologique d’une très grande fécondité. Ce courant, que l’abbé Henri Bremond désignera par « Ecole Française de Spiritualité » en 1920, est dans la filiation de l’Ecole Rhénane, mais à cette différence qu’il est beaucoup plus pragmatique, pastoral que ne l’était l’Ecole Rhénane plus spéculative.
Je l’ai dit dans ma première conférence, l’action de l’Esprit-Saint est toujours attentive à la marche historique de l’homme dans le temps présent, tout en donnant une dimension prophétique.
L’Ecole Française de Spiritualité a pour promoteurs de magnifiques figures telles que : la société de l’Oratoire avec le cardinal de Bérulle, le théologien Charles de Cordren, saint Vincent de Paul qui en plus de son incommensurable œuvre de charité interviendra avec intelligence dans les nominations épiscopales. M. Jean-Jacques Olier, fondateur des sulpiciens et des séminaires, saint Jean Eudes avec la promotion du culte du Cœur Immaculé de Marie, saint Louis-Marie Grignion de Montfort promoteur du renouveau marial mystique et son œuvre missionnaire.
A cette liste si riche, on peut ajouter Gaston de Renty, laïc, fondateur de la Compagnie du Saint –Sacrement, Marie des Vallées, Mère Marguerite de Beaune, Mère Agnès de Langeac, les jésuites de Saint-Jure et le Père Lallemant.
La réforme théologique de ce siècle si riche et si grand est marquée par le christocentrisme qui est, selon la définition de Jean-Paul II : « 1er. Le Christ est enseigné comme étant la voie, la vérité et la vie. - 2eme. L’enseignement est authentiquement chrétien et 3eme, il est fait à travers les successeurs des apôtres en communion avec Pierre. »
La conception du christocentrisme de Jean-Paul II est dégagée de tous les rigorismes. Ils furent si puissants que le christocentrisme devint, au fil des temps, une sorte d’idole ; un stupéfiant absolutisme qui défiait, par son intransigeance, les mécanismes les plus légitimes de la vie intellectuelle. Car entre l’Ecole Française de Spiritualité et le Saint Concile Vatican II, le christocentrisme sera instrumentalisé pour devenir un monolithe dont nul ne pouvait se détacher sans risquer toutes sortes de condamnations.
Ce fixisme, cette rigidité, fit un tort considérable à l’Eglise quant à la nécessité d’adapter le message évangélique aux réalités sociologiques du moment. L’interprétation dépouillée qu’en donne Jean-Paul II le Grand est l’application du travail des Pères conciliaires qui ont remis à l’honneur la théologie de l’Alliance.
Le christocentrisme, avant le Saint Concile Vatican II, était surtout une architecture de la pensée chrétienne dressée continûment contre l’hérésie de la Réforme et contre tous les changements politiques et idéologiques sans tenir compte des exigences évangéliques. Il rendait difficile les missions internes à l’Occident chrétien.
L’Ecole Française de Spiritualité subit de l’intérieur les attaques du Malin. Il sema son ivraie : c’est ainsi que surgit le jansénisme.
Le jansénisme est une hérésie qui se définit de cette manière : « - rigueur morale extrême
- doctrine erronée sur la grâce
- valeur exclusive accordée à l'écriture, aux Pères de l'Église
- mystique du cœur. »
Cet ensemble de points majeurs sur lesquels s’articule cette hérésie favorisera l’introduction des concepts idéologiques plus efficacement que la Réforme protestante. Le jansénisme deviendra un allié objectif de la Réforme protestante dans ses conséquences politiques, idéologiques. Les Protestants auront, en divers lieux, leurs ayatollahs et autres fondamentalistes, tout aussi cruels que l’Inquisition catholique. Les Réformés seront d’autant plus cruels qu’ils se déclareront détenteurs du pouvoir politique après qu’ils aient conquis celui des finances.
Le jansénisme est comme la Réforme protestante une idéologie, car ces deux courants s’éloignent de la charité.
Dieu peut permettre l’explosion d’une hérésie sans pour autant l’approuver sur le fond ; il l’utilise comme moyen pour faire revenir à l’humilité son Eglise dont il est le Maître et l’Epoux.
Pourquoi le Sacré-Cœur fait choix de la France pour se révéler ?
La France n’est pas meilleure ni plus sainte qu’un autre peuple, c’est le choix de Dieu qu’il puise dans sa liberté et libéralité. Cette question pourquoi la France ? on ne cesse de se la poser pour Israël. Pourquoi Israël et pas un autre peuple, plus docile ?
Il y a une réponse, elle se trouve dans le mystère du Salut, dans le mystère de la Rédemption. On aura la réponse qu’à la Fin des Temps, car ce choix est éminemment eschatologique.
« Ce sujet sera à nouveau abordé plus profondément dans le quatrième volume de cette série. »
Au XVIIème siècle, pour les mystiques, la théophanie du Sacré-Cœur est la « récompense », la « réponse » de Dieu à l’acte de foi que posa Louis XIII lors de la naissance du futur Louis XIV. En effet, le 15 août n’est pas seulement la célébration de l’Assomption de Marie, mais aussi la commémoration du vœu de Louis XIII, qui rend grâce à Dieu de cette naissance en consacrant son royaume à la Vierge Marie, le 10 février 1638.
Mais cette consécration s’inscrit dans le mouvement déjà bien engagé de cette Ecole de Spiritualité. Certes, la décision du roi est le fait de sa foi, mais on ne peut nier qu’elle ne soit en parfaite résonnance avec ce renouveau.
Les apparitions de Paray le Monial peuvent s’entendre comme le couronnement de cette Ecole de Spiritualité qui inclut le travail splendide du renouveau marial. La conjonction des efforts des saints de Montfort et Eudes portera des fruits d’excellence.
Une fois de plus, nous constatons que la théophanie du Sacré-Cœur est précédée d’un travail sur la Vierge Marie, la Mère du Rédempteur. Le travail de saint Jean Eudes sur le Cœur Immaculé de Marie est en vue du Sacré-Cœur, et Jésus lui répond : « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes. »
Dieu a une pédagogie du réel qui s’exprime par une surprenante simplicité. Le Sacré-Cœur résume le renouveau spirituel et missionnaire par un rappel si limpide qu’il est un tonnerre : « Je suis l’Amour. »
Après tant de souffrances dues aux guerres de religion, et comme en prévision de ce qui va arriver, Jésus s’adresse aux âmes fidèles : « Ne craignez pas, j’ai vaincu le monde ; je suis l’amour. »
L’Ecole Française de Spiritualité s’inscrit dans la grande tradition des Pères de l’Eglise, de l’Ecole Franciscaine, elle tend à rétablir la proximité de l’humanité du Christ avec le peuple, à cette différence qu’elle invite à une expérience de l’intériorité : se rapprocher de l’humanité du Christ Jésus pour mieux s’unir à la divinité du Verbe, la divinité du Fils Unique.
Si la spéculation n’est plus dominante parce que l’Ecole Française de Spiritualité est missionnaire et pragmatique, elle n’est pas abandonnée pour autant ; bien au contraire, elle est associée à l’œuvre de la mission, de la prédication, de l’éducation.
Saint François de Sales en fera sa priorité, rendre la vie mystique accessible à tous les membres du Corps Mystique du Christ sans distinction de condition ni de vocation.
Dans ce sens, on peut dire que les saints François de Sales et de Montfort sont prophètes. Ils annoncent, chacun avec son originalité, ce que vers quoi doit tendre l’Eglise des Temps de la Fin, l’Eglise d’aujourd’hui et de demain. Les philosophes dits, improprement, des Lumières, briseront pour longtemps cet élan. C’est le Saint Concile Vatican II qui reprendra pour son compte cette intuition et elle sera présente dans l’Église jusqu’à la consommation de toute chose. Elle sera la marque de l’authentique Eglise et de l’authentique foi en Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Homme.
L’Ecole Française de Spiritualité est en filigrane dans toutes les grandes orientations du Saint Concile Vatican II ; elle est le résumé le plus fin, le plus abouti des siècles de spiritualité qui l’ont précédée. Elle sous-tend tout le renouveau de la Doctrine Sociale de l’Eglise. Elle prophétise sur les grandes questions sociales et économiques. Les apparitions du Sacré-Cœur de Jésus sont un peu le sceau protecteur de cette merveilleuse Ecole.
Dieu veut se rapprocher de l’homme, lui être proche, non pas seulement par la foi et les sacrements, mais d’une proximité qui fait que rien de l’acte humain n’échappe à sa miséricorde. A une juive messianique, Jésus dira : « Je suis plus proche de toi que ta carotide l’est de ta tête. »
On oublie trop souvent, dans le quotidien de la vie de foi, que la raison de l’Incarnation du Fils Unique est de rapprocher l’homme de Dieu le Père, de la Sainte Trinité.
Dieu veut être l’ami de notre cœur, de notre esprit, il veut être l’Amant de notre âme, ce ne sont pas là de vains mots. N’oublions pas qu’il s’est voulu l’un des nôtres. Dieu n’a-t-il pas accueilli Jean l’Evangéliste sur son Cœur !
Voici ce qu’écrit Marguerite-Marie de ce qui se passa avant la première manifestation du Cœur du Christ : « Il me fit reposer longtemps sur sa poitrine, où il me découvrit les merveilles de son amour et les secrets inexplicables de son Sacré-Cœur, qu’il m’avait toujours tenus cachés, jusqu’alors qu’il me l’ouvrit pour la première fois. »
Toutes les âmes privilégiées décrivent leur relation avec Jésus comme une intimité amoureuse, dans le creuset d’un couple aimant.
Dans cet échange amoureux qui est aussi la fusion temporelle de deux humilités qui se sont cherchées, il y a comme une sorte de réverbération de la substance qui sous-tend le don sacramentel, j’oserai dire la pâture du sacrement.
Il est évident que l’efficience du sacrement est due entièrement et exclusivement aux mérites que Jésus s’est acquis par sa Passion, sa Crucifixion ; pourtant, il n’en demeure pas moins vrai que le sacrement ne peut être donné, communiqué, distribué que si le récipiendaire en fait la demande, ce qui introduit l’idée de démarche et qu’il y est un canal permanent pour le donner.
Le sacrement est un lieu de rencontre, Dieu vient au devant de sa créature pour autant que celle-ci fasse également le pas qui le sollicite. Il s’agit-là d’une vérité pédagogique, même si Dieu est toujours à l’heure et en avance. Son amour miséricordieux le pousse à l’impatience du pardon, à l’impatience du don qu’il fait de cet amour.
C’est ce qu’il rappelle dans son premier message :
« « Mon divin Cœur est si passionné d’amour pour les hommes, et pour toi en particulier que, ne pouvant plus contenir en lui-même les flammes de son ardente charité, il faut qu’il les répande par ton moyen, et qu’il se manifeste à eux pour les enrichir de ses précieux trésors que je te découvre, et qui contiennent les grâces sanctifiantes et salutaires nécessaires pour les retirer de l’abîme de perdition. Et je t’ai choisie comme un abîme d’indignité et d’ignorance pour l’accomplissement de ce grand dessein, afin que tout soit fait par moi. »
L’intimité dans la relation entre Jésus et Marguerite-Marie est aussi importante que les enseignements que Jésus lui donne, car elle révèle la qualité que Dieu veut de celle-ci que le baptême ouvre avec chacun des membres de son Corps Mystique.
Ce premier enseignement de Jésus sur son Cœur s’adresse moins à Marguerite-Marie qu’à l’Eglise qu’elle personnifie.
Jésus rappelle à l’Eglise sa mission première qui est d’œuvrer au salut de chaque âme par la seule puissance de l’amour.
Ce rappel étonne ! L’Eglise a retrouvé sa place, elle sort renforcée, du moins en France. Le renouveau est en pleine maturité et déjà on récolte les fruits. Alors pourquoi de telles paroles ?
Le roi a vieilli, l’élite se partage en deux groupes bien marqués : les dévots et les libertins. Les libertins regroupent les courants sourdement antichrétiens, ils se renforceront sous la Régence de Louis XV, pendant sa minorité. Régence qui verra l’éclosion des philosophes des Lumières pour aboutir à la Révolution sous Louis XVI. Notons, que les courants antichrétiens à cette époque émergent à peine, ils se dissimulent dans des courants plus ouvertement anti-romains qui eux sont issus globalement des protestants revenus à l’Eglise par opportunisme. Ils seront aidés par le gallicanisme, une sorte de prétention soixante-huitarde pour esprits chagrins et sevrés trop tôt.
L’Église de France, durant cette période, va s’effondrer dans ses mœurs, dans le respect des disciplines. La cour de Versailles aura été la machine à corruption la plus extraordinaire que l’on est jamais inventée tant pour les classes dirigeantes civiles que pour la hiérarchie de l’Eglise de France.
Ce premier message de Jésus a une portée prophétique et reste d’une actualité étonnante.
Jésus, après ce premier message, accorde à Marguerite-Marie la grâce des épousailles mystiques. Elle lui offre son cœur qu’il prend et plonge dans le sien. L’amour de Dieu est exclusif, et qui s’approche du Cœur de Jésus tend naturellement à la mission.
La dévotion du Cœur de Jésus renvoie radicalement au Saint Sacrement, à la communion le plus souvent possible. Pourquoi cette demande qui, à cette époque-là, n’est pas habituelle ? Mais pour signifier la nécessité pour une âme de rechercher l’amitié de Dieu, d’entrer dans l’intimité avec Jésus par tous les moyens que l’Eglise propose.
Nous sommes là au cœur de la théologie de l’Alliance, la théologie de l’amitié avec la divinité en passant par l’humanité du Christ.
La dévotion au Sacré-Cœur est école de l’humilité, Marguerite-Marie écrit dans son journal :
« Et une fois m’étant laissée aller à quelque mouvement de vanité en parlant de moi-même, ô mon Dieu, combien de larmes et de gémissements me causa cette faute ! car lorsque nous fûmes seul à seule, il me reprit en cette manière et d’un visage sévère :
« Qu’as-tu, ô poudre et cendre, de quoi te pouvoir glorifier, puisque tu n’as rien de toi que le néant et la misère, que tu ne dois jamais perdre de vue, non plus que sortir de l’abîme de ton néant ?
Et afin que la grandeur de mes dons ne te fasse méconnaître et oublier de ce que tu es, je t’en veux mettre le tableau devant les yeux. »
Jésus va, sous la forme d’un tableau, lui montrer sa misère.
Nous ne pouvons véritablement aimer qu’avec le bâton de l’humilité.
La dévotion au Sacré-Cœur est d’une certaine manière un renouvellement du sacrement de la pénitence et de la réconciliation. Marguerite-Marie écrit :
« Et comme je me préparais à faire ma confession annuelle avec une grande anxiété pour trouver mes péchés, mon divin Maître me dit :
-Pourquoi te tourmentes-tu ? Fais ce qui est en ton pouvoir ; je suppléerai à ce qui manquera au reste. Car je ne demande rien tant dans ce sacrement qu’un cœur contrit et humilié qui, s’accuse sans déguisement. Et pour lors je pardonne sans retardement, et delà il s’ensuit un parfait amendement. »
Le sacrement est bien un lieu de rencontre, c’est la Tente de la Rencontre que Dieu ordonne à Moïse de construire. La rencontre est singulièrement signifiée dans le sacrement de la pénitence et de la réconciliation et dans celui de l’Eucharistie. Ce sacrement de la confession des péchés est comme celui de l’Eucharistie étroitement lié au divin Cœur de Jésus, c’est de là que viennent les expressions : « Cœur de miséricorde et miséricordieux. »
Il y a comme une trinité singulière constituée par les liens établis entre le Cœur de Jésus et ces deux sacrements.
La vie de sainte Marguerite-Marie Alacoque semble être prophétique de ce que sera celle de l’Église dans les Temps Modernes. A l’évidence, le rayonnement de l’Église dont la mission est de proposer le Salut à tous les hommes dépend de sa vigilance quant à l’humilité, seul critère incontournable pour le triomphe de l’Amour de Charité. De nos jours, il apparaît que son doux Maître l’y précipite sur ce chemin si peu goûté du monde.
Il y a bien entendu d’autres textes majeurs dans les messages du Sacré-Cœur ; ils feront l’objet d’une étude dissociée dans un quatrième volume.
Les racines scripturaires fondements de la spiritualité du Sacré-coeur :
C’est par le récit du transpercement du Cœur de Jésus que s’ouvre la spiritualité du Sacré-Cœur.
Selon la plus haute tradition, l’Esprit-Saint demeura dans le cœur de Jésus durant toute sa vie terrestre. Et, c’est grâce au coup de lance de Longin, qu’il en sort pour se répandre dans tous les membres du Corps Mystique du Christ qui est l’Eglise. Les litanies du Sacré-Cœur le confirment : « Cœur de Jésus, formé par le Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie ; Cœur de Jésus, en qui sont tous les trésors de la Sagesse et de la science. » Par « Sagesse, il faut entendre celle de Dieu, le Saint Esprit et par science, c’est non seulement celle de Dieu, mais aussi celle des hommes « la connaissance et la compréhension de la création. »
La même tradition, celle des Pères de l’Eglise, voit dans le transpercement de ce cœur, la confirmation de la double nature de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai Homme.
Les Noces de Cana :